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Georges Simenon
Tacou Laurence
L'HERNE
39,00 €
Épuisé
EAN :9782851971715
Extrait de la présentation de Laurent DemoulinSi la mort avait voulu faire une exception pour cet écrivain auquel la vie a réservé, à plus d'un égard, un destin exceptionnel, Georges Simenon aurait fêté ses 110 ans en ce mois de février 2013.Pareille assertion frappe sans qu'il soit possible de l'approfondir - un peu à la façon des coïncidences que le hasard ménage parfois à l'attention des humains. Toutefois, il ne fait aucun doute que le temps a passé et que l'auteur de cette oeuvre romanesque, qui semble pourtant si proche à tant d'entre nous, fait désormais partie d'une époque à jamais révolue. Qu'en est-il de Simenon aujourd'hui? Telle est la question qui se pose à l'orée de ce numéro que les Editions de L'Herne lui consacrent. Et cette question générale en appelle beaucoup d'autres, par exemple: y a-t-il un Simenon d'hier auquel s'opposerait le Simenon d'aujourd'hui? Le père du commissaire Maigret est-il en danger ou au contraire peut-on penser que sa postérité est assurée? Sa réception a-t-elle évolué? Quelle place occupe-t-il auprès des lecteurs? Et auprès de ses successeurs, les romanciers actuels? La littérature romanesque contemporaine se ressent-elle de son influence?Ce sont ces questions qui justifient l'existence de ce Cahier de L'Herne. Il va de soi que la présente publication s'inscrit dans une longue série d'études, de biographies, d'ouvrages, de préfaces, d'articles, de numéros de revue qu'a inspirés l'oeuvre romanesque de Georges Simenon. Son ambition, par rapport à cette masse critique d'une grande richesse, est de procéder à un état des lieux tout en ouvrant de nouvelles portes, d'intéresser à la fois le spécialiste - qui découvrira ici des inédits de l'écrivain, des approfondissements critiques et de nouveaux points de vue universitaires ou littéraires - et le profane - qui peut pénétrer de façon originale dans l'univers profond et surprenant d'un écrivain de premier ordre.Bon nombre de commentateurs réunis ici ont, peu ou prou, déjà publié des études savantes sur le père de Maigret. Il leur a été demandé non d'explorer un recoin encore vierge de l'espace simenonien, mais de trouver une perspective leur permettant de synthétiser leur indéniable apport, de prendre du recul et d'évaluer le travail accompli, d'en souligner les temps forts ou d'en dégager un enseignement. Et les résultats obtenus sont à la hauteur de nos espérances.A leurs côtés prennent place de nouveaux chercheurs. Ceux-ci sont encore jeunes, à moins qu'ils n'aient fourbi leurs armes ailleurs. Dans tous les cas, leur parcours intellectuel croise ici pour la première fois Simenon, dont les romans sont dès lors envisagés sous un jour neuf.Un autre pan de ce Cahier s'ouvre à des romanciers contemporains qui ont rédigé un texte à notre intention ou répondu à un questionnaire oralement ou par écrit. Tous occupent des positions très diverses dans le champ littéraire et écrivent des romans de natures contrastées. L'admiration que certains d'entre eux vouent à Simenon est de notoriété publique et elle trouve ici l'occasion de se déployer en force et en nuances. Celle que d'autres confessent en ces pages est plus surprenante, tant dans sa forme que par son existence même. Si cette diversité de ton, de pensée et de position nous a paru intéressante, l'on constatera qu'il n'y a qu'une seule femme dans ce panel, car la plupart des romancières contactées ont avoué n'avoir pas lu Simenon. Faut-il tirer de cet état de faits un enseignement? Mieux vaut se garder des «généralisations, inexactes, comme toutes les généralisations», ainsi que le déclarait fermement Simenon dès 1923 et se rapporter à Pierre Assouline qui, avec sa sagacité habituelle, réalise un examen synthétique remarquable de ces contributions d'écrivains, situées dans l'histoire des rapports entre Simenon et ses pairs.Le lecteur lira avec gourmandise les inédits de l'auteur découverts parmi les trésors du Fonds Simenon de l'Université de Liège. Pour la plupart, les titres de ces textes parlent d'eux-mêmes: «Autour du roman policier», «Atmosphère de Paris», «Je suis a-politique» ou «Sur les marchés parisiens». Mais l'un d'eux, intitulée «La mariée», s'avère plus énigmatique: ce court texte de 1957, frappant et original, est en fait l'argument d'un ballet qui n'a jamais été monté.A côté des inédits, on trouvera encore des textes peu connus ou devenus extrêmement rares, comme une lettre adressée par Simenon à Maigret ou un récit de l'arrivée du jeune Simenon à Paris en 1922. Soulignons l'importance de deux d'entre eux: les Contes des Mille et un matins, d'abord, dont on trouvera un choix en ce volume. Celui qui signait alors «Georges Sim» les a publiés au cours des années 1920 dans une rubrique du journal Le Matin tenue à l'origine par Colette. Un prologue étonnant ensuite: celui de l'adaptation théâtrale de l'un des plus beaux romans de Simenon, La neige était sale. Il a une histoire que retrace très rapidement une courte notice. On en connaît deux versions: l'une d'elles a été publiée en 1951 dans une revue théâtrale, l'autre, reprise dans ce Cahier, est tout à fait inédite.Autre temps fort de ce volume: deux grands entretiens accordés par l'écrivain à la fin de sa vie. Le premier est mené de main de maître par un Bernard Pivot au sommet de son art au cours d'un numéro d'Apostrophes devenu légendaire - l'émission atteignant une intensité que la télévision, si souvent aseptisée, n'a pas connue souvent. A propos de cet entretien, Pivot, dans un article - reproduit également dans ici - regrettera d'ailleurs de s'être montré cruel. Mais cette interview télévisuelle trouve ici un juste contrepoint avec l'entretien détendu mené chez Simenon par le professeur liégeois Maurice Piron, devenu son ami.Pour mieux cerner l'écrivain, d'autres regards sont encore convoqués: des regards situés dans l'histoire. Ce Cahier contient une sélection des grands articles de presse, rédigés entre 1932 et 1989, contemporains de la parution régulière des romans et des livres de Simenon.Enfin, les lecteurs retrouveront aussi quelques correspondants célèbres qui se sont adressés à Simenon dans des lettres parfois devenues introuvables: Max Jacob, François Mauriac, André Gide et d'autres lui font part, chacun avec leur voix particulière, de leur lecture d'un ou de plusieurs de ses romans ou d'une Dictée.
Nous sommes le 21 avril 2021. C'est la dernière seconde du monde. Celle que l'on redoutait en l'an mil et depuis toujours. La fin de nous et de tout. Notre planète disparaît dans un petit trou noir ébène de la taille d'un chas d'aiguille. Il vola vigoureusement à un coin de son carreau, puis, après s'être posé là une seconde, s'envola de l'autre côté. Où étiez-vous quand le monde a brûlé ? Que lui restait-il sinon de voleter vers un troisième coin, puis un quatrième ?
Résumé : Une fille est une chose à demi est un véritable phénomène éditorial et littéraire. Vendu à près de 120 000 exemplaires au Royaume-Uni et en Irlande, ce premier roman au style proche des modernistes irlandais et à l'intrigue bouleversante ne cesse de gagner en puissance. La narratrice, que torture la figure écrasante d'un grand frère handicapé mental retrace dans une langue frénétique, bégayante et cruellement poétique, les sensations et les sentiments qui jalonnent sa vie d'enfant puis de femme en devenir. La violence, l'amour filial et fraternel, l'émotion amoureuse, la découverte de soi, la honte, la sexualité, rien n'échappe à McBride qui saisit ces mouvements de l'âme comme peu d'autres écrivains avant elle. Campé dans une Irlande des années 1980 broyée par le poids de la religion, Une fille est une chose à demi se lit comme une version contemporaine des Country Girls d'Edna O'Brien, dont il rejoint les obsessions pour la condition féminine. Le style, chaotique jusqu'au vertige, suit le flux de conscience de la narratrice et sert admirablement cette odyssée sauvage qui plonge droit au coeur de cette expérience humaine singulière : être une fille. Une lecture éblouissante et dérangeante qui ne saurait laisser personne indifférent.
Après un premier roman "La Mort n'en Saura Rien" (éditions Leo Sheer 2009) Voici un recueil de nouvelles entre classicisme et anticipation revisitant monstres et masques . Une contrebandière de tulipes, un loup perdu parmi les hommes, un navire en détre
La franchise est une vertu, le mensonge est un vice qui se cache partout : il peut être vil, pieux, officieux, généreux, cynique, mystificateur, paradoxal, habile, innocent, légitime... ou par omission. Ce Dictionnaire sans fin n'a d'autre souhait que d'ouvrir un éventail bigarré où les signatures les plus diverses, classiques ou contemporaines, se croisent au gré de fables, romans, dissertations, exégèses et autres gloses savantes ou fantaisistes ; certains s'y sont longuement attardés ; d'autres ont réglé la question d'un mot d'esprit ; comédie ou tragédie, qu'on en pleure ou qu'on en rie, le mensonge en littérature, en philosophie ou dans la vie reste un thème universel, s'il en est.
Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour de Camus, et vise à proposer des éclairages originaux sur la vie de Camus, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements.Dirigé par Raymond Gay-Crosier et Agnès Spiquel-Courtille.
Le train ralentit et s'arrêta dans un grincement de douleur. Pendant un moment, on n'entendit plus rien que le crachotement de la mitraillette. C'est alors que, d'une voix forte el pleine d'angoisse, je m'exclamai : "Des bandits !" "Bandidos !" hurla la fille. "Bandidos !" répéta sa mère, et ce mot terrible se répercuta de wagon en wagon. S'ensuivit un mouvement de panique bouffonne. Tous les passagers de notre compartiment se jetèrent au sol, dans un méli-mélo de bras et de jambes. Seule la mère garda son sang-froid. Elle se leva et, méticuleusement, entreprit de placer ses trésors en lieu sûr. Elle enfouit une bague dans son chignon et, faisant fi de la pudeur, releva ses jupes pour dissimuler dans ses culottes un peigne perlé. Les charmantes demoiselles du compartiment voisin faisaient entendre des pépiements de détresse. Dans le couloir, les officiers s'affairaient, aboyant des ordres et se bousculant les uns les autres...
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.