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La société civile face au pouvoir
Sue Roger
SCIENCES PO
12,50 €
Épuisé
EAN :9782724608861
Quoi qu'on en dise, la crise du politique est moins l'effet d'une régression que d'une progression de l'exigence démocratique. La sphère politique est désertée pour la sphère civique. Les mouvements sociaux et citoyens sont en plein essor à travers le monde, et ont la faveur de l'opinion qui perçoit bien que là se joue en partie l'avenir de la démocratie. La montée en puissance du principe d'association est moins embryonnaire qu'on veut bien le dire et il n'est pas exclu que le succès des associations les plus contestataires (Attac, DAL, etc.) ne finisse par entraîner une mobilisation plus générale, constituant la société civile en acteur politique majeur. C'est ce renversement majeur de la vie démocratique que l'auteur observe, pour mieux esquisser une citoyenneté comme " un art de gouverner comme d'être gouverné " et nous convier à un nouveau Régime du politique pour conjurer les dérives autoritaires, voire totalitaires.
Résumé : Une nouvelle société émerge qui remet en cause toutes nos valeurs dîtes modernes : le travail, le productivisme, la question démocratique et sociale, etc. Roger Sue analyse ici brillamment cette contre-société qui monte dans les esprits comme dans les faits. Car comprendre ce qui s'y joue, c'est ouvrir la voie qui fera de la contre-société d'aujourd'hui, la société de demain.
Mai 2007: la gauche aurait dû gagner. La conjoncture s'y prêtait: croissance atone, chômage et sous-emploi, précarité et inégalités, insécurité sociale, morosité, immobilisme, sans compter l'usure du pouvoir à droite. Elle était donnée gagnante, elle a perdu. Au-delà des multiples raisons qui peuvent expliquer sa défaite, la gauche s'est enfin aperçue qu'elle avait cessé de penser depuis bien longtemps. A tel point que ce que signifie "être de gauche" pose de plus en plus question. Aujourd'hui, chacun en convient, il faut à nouveau labourer en profondeur et "revisiter les fondamentaux', réinterroger les paradigmes, faire retour sur le"logiciel"sans lequel il n'est pas de bon programme. Refaire de l'histoire, sans quoi l'on n'écrira pas de nouvelle histoire. Le projet de ce livre est de partir de notions et de thèmes essentiels, qui ont irrigué et porté la pensée et la culture de gauche - égalité, travail, croissance, richesse, démocratie, socialisme de les resituer dans le contexte social, économique et politique d'aujourd'hui, d'en proposer une conception renouvelée et d'esquisser des pistes de réflexion, voire d'utiles propositions pour l'avenir. En procédant à l'examen de ces différents thèmes, en interrogeant leur actualité et leur avenir possible, c'est aussi un diagnostic pluriel sur notre temps que nous livrent les auteurs ici réunis. Cet ouvrage aux multiples entrées, qui se répondent les unes aux autres, se prête aisément à une lecture vagabonde, au gré de l'envie du moment, au fil des préférences et des interrogations. Le temps de se forger sa propre opinion. A gauche?"
Avons-nous vraiment perdu le sens de l'action collective, comme on le dit trop souvent ? Notre société n'est-elle plus qu'un conglomérat d'individus préoccupés par leurs seuls intérêts égoïstes ? Certainement pas. La myriade d'associations qui fleurissent dans tous les domaines l'atteste. Elles concilient liberté, égalité et souci d'autonomie. Elles mobilisent et rassemblent les énergies les plus diverses au service de causes et de projets qui servent chacun. La démocratie réelle s'invente sous nos yeux, en somme. Au XIXe siècle, les socialistes prônaient l'association. Mais le contexte ne leur était guère favorable. Tout a changé : l'association n'est plus une utopie, c'est une réalité vécue par beaucoup. Désormais, ce sont les discours et les institutions politiques qui sont en retard sur l'avancée de la société. Un siècle après la loi de 1901, Roger Sue propose une réflexion politique profonde sur ce que peut et doit être une société vraiment démocratique aujourd'hui.
Nos sociétés ne reconnaissent que les richesses produites par le marché et le travail. Elles ignorent le gisement d'une vie associative qui concerne pourtant, dans notre pays, un Français sur deux. Non productives, ces activités fondées sur l'échange réciproque, sur la relation à l'autre ? En réalité, leur rôle économique est fondamental dans les domaines qui sont désormais au cœur de la croissance : santé, éducation, action sociale, culture et loisirs. La mutation actuelle de notre société permet l'émergence d'une véritable économie de la personne, dans laquelle l'implication humaine jouera le premier rôle : les liens créeront plus de richesse que les biens... Et si les associations d'aujourd'hui étaient en passe de devenir les entreprises de demain ?
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.
Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s'internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques... Autant de signes que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu. Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme. Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.
Deux degrés, cela semble peu, mais c'est énorme. La température terrestre a déjà augmenté d'un degré depuis l'époque préindustrielle. Les émissions de carbone liées aux activités humaines en sont les premières responsables. Des bouleversements climatiques sont en cours et leurs impacts ne vont que s'aggraver. Il est presque sûr que nous ne tiendrons pas l'objectif, solennellement acté par les gouvernements du monde, de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C. La raison de cette incapacité tient à la triple dépendance de nos sociétés (technique, économique, culturelle) aux énergies fossiles, qui en constituent un soubassement aussi diffus que puissant. La science nous annonce qu'à ce rythme le pire est à craindre. Mais cela n'induit pas une fuite individuelle. Nous devons, au contraire, faire face collectivement. Constatant l'impossibilité actuelle de changer radicalement nos modes de vie et d'organisation, ce livre nous engage néanmoins à suivre plusieurs voies réalistes d'adaptation et de réforme pour préparer un futur moins sombre.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.