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Symptômes. Lectures transversales de l'art contemporain
Suchère Eric
ATELIER CONT
20,00 €
Épuisé
EAN :9791092444681
Eric Suchère est critique d'art et poète, non pas dans le sens d'une double activité menée de concert, mais dans celui d'une création duale avec tout ce que ce mot contient de porosité, de perméabilité, d'ambivalence. Ses textes dits de critique d'art sont soit véritablement de la poésie en prose, soit ces textes s'apparentent pleinement à des dispositifs littéraires. Et ces dispositifs d'écriture oeuvrent toujours en cohérence avec l'artiste qui est le motif du texte et dont le texte est le motif. Il écrit pour l'art tout autant que sur l'art. La position de Suchère est unique. Et comme tout poète il interroge ses outils et la place de la création dans le monde actuel, ses enjeux sociétaux, les modes - non sans ironie et critique, seules voies pour avancer. L'art, la politique, l'art, la politique, l'art, la politique... Quelle est la question ou pourquoi poser la question ou pourquoi relier les deux comme s'il était évident qu'il y avait un art politique, que l'art avait été lié au politique, que l'art serait lié au politique, que l'art devrait être lié au politique ? Ou, en quoi ce qui est relatif à l'exercice du pouvoir ou à la réflexion sur cet exercice concerne l'art et plus spécifiquement les arts plastiques contemporains ? Une fois la question posée, rien ne va plus de soi. On pourrait simplement se replonger dans l'histoire et dans quelques liens déjà bien établis entre les deux domaines mais l'on manquerait la cible. La cible serait : en ces temps troublés où les populismes et le capitalisme triomphent et où les utopies politiques ont presque disparu remplacées par le pragmatisme économique et la célébration de la démocratie comme seul mode de gouvernance acceptable, en quoi l'art peut-il quelque chose ? Que peut-il faire ? Que faire ?
Il reste le souvenir d'un jour, la marche le long des berges, le jaune d'un vêtement peint, la suite naturelle des éléments, la répétition des jours en identique, le longitudinal des pins, l'expulsion d'une albertine, l'arrêt optique sur une lectrice et Le Bernin en invisible. Les pins résument et condensent : que la lumière soit par-dessus les pins, voilée : résume antérieur.
Le temps ? au sens du rythme des jours de la semaine mais surtout du temps météorologique qui donne le titre original au livre ? donne à voir une poésie au présent, traversée par la présence des éléments. Une poésie de la "description étincelante", du "maintenant scintille". Mon but ici est de progresser dans le sentiment du temps la leçon du temps.
Suchère Eric ; Saint-Jacques Camille ; Kosmicki Gu
Qu'en est-il aujourd'hui de la distinction entre arts majeurs et arts mineurs ? Une telle hiérarchisation des pratiques artistiques entre high and low a-t-elle encore un sens ou bien doit-on désormais considérer que le temps d'une création libre, sans bornes ni entraves est venu, que l'art est un tout au sein duquel chacun est libre d'aller et de venir comme bon lui semble ? Derrière cette question qui agite l'art contemporain depuis quelques décades se cachent de nombreux enjeux économiques, sociaux et bien sûr esthétiques qui apparaissent à la fin XIXe siècle et se développent tout au long du XXe. L'étude de ces enjeux montre que l'esprit libertaire qui prétend faire tomber les barrières est autant porteur d'émancipation que d'une idéologie libérale.
Je suis né le 25 octobre 1967 : depuis le mois d'octobre 1997, j'envoie, chaque mois, une carte postale à un nombre fixe de correspondants. Ce projet, commencé le jour de mes trente ans, devrait s'achever en 2028 après mes soixante ans ; il sera, alors, constitué de 365 textes. 365 textes pour : une correspondance, une éphéméride, un autoportrait en continu, un journal, un résumé, un condensé, un précipité, une commémoration... Après Lent, Brusque Variable, et Fumées qui regroupaient les textes depuis 1997, Fumées collecte les textes de 2012 à 2017.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Résumé : Le récit biblique de la mésaventure de la chaste Suzanne calomniée par un quarteron de vieillards lubriques a donné lieu à maintes illustrations picturales ou littéraires. Il est devenu un véritable topos dans la culture occidentale. Le texte, ici offert au lecteur, s'inspire bien de la légende, mais sur le mode de la dérision, de la fabulation grotesque, érotique et fantasmatique. Suzanne se fait complice des regards qui assaillent sa pudeur, et les vieillards, tout entier réduits à leur impuissance de croûtons, basculent dans un délire de luxure collective. Le manuscrit original de ce récit est reproduit in extenso.
Résumé : De 1908 à 1943, Käthe Kollwitz commente dans son journal la vie de son entourage, le progrès de ses travaux et les vicissitudes, lointaines ou infiniment proches, d'une Europe qui s'enfonce rapidement dans le cataclysme. Autant de lignes croisées, chez cette artiste à qui la guerre enleva un fils, et qui ne cessa jamais de croire aux vertus politiques de l'art. Ce Journal est non seulement le portrait d'une artiste, un recueil de réflexions sur sa création, un témoignage formidable de ce que peut être en art l'engagement, mais aussi un tableau terrible et dramatique de l'histoire de l'Allemagne du début de la première à la fin de la seconde guerre mondiale.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.