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LES BOUTEILLES SE COUCHENT
STRARAM PATRICK
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844852144
Depuis la publication du témoignage de Jean-Michel Mension, La Tribu (Allia, 1998), on connaît mieux la préhistoire de l'aventure situationniste, en particulier la période 1952-1953 au cours de laquelle Debord et ses camarades lettristes se retrouvaient dans un bistrot de la rue du Four, Chez Moineau. Mais hormis les photos désormais célèbres d'Ed van der Elsken, on dispose de peu de documents d'époque susceptibles d'évoquer l'atmosphère de ce point de ralliement de la bohème artistique et de la jeunesse délinquante de Saint-Germain-des-Prés. Dans sa correspondance, Debord cite parfois le roman où l'un des membres du groupe, Patrick Straram, avait mis en scène toute la petite tribu des "Moineaux" ; mais il n'en subsistait que le titre : Les Bouteilles se couchent. On croyait le texte perdu. Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné en ont retrouvé les manuscrits épars à la Bibliothèque nationale du Québec et proposent ici une reconstruction de ce récit où apparaissent G. Debord, M. Bernstein, J -M. Mension, I. Chtcheglov, J -C. Guilbert et bien d'autres. L'écriture de Straram, très influencée par le jazz, se cherche encore : mais ce petit récit vaut par ses portraits, par la vivacité de ses dialogues, et par la fantaisie d'une intrigue inspirée de Jarry où le bistrot Moineau devient un navire à la dérive dans le Quartier Latin !
Straram Patrick ; Apostolidès Jean-Marie ; Donné B
La Veuve blanche et noire un peu détournée est un roman d'apprentissage racontant l'éducation sentimentale du jeune Straram âgé de 18 ans par une femme de 20 ans son aînée. Il fait de cet épisode mineur, longtemps ressassé, la clé de son indépendance intellectuelle et affective. Cette oeuvre autobiographique peut également être comprise dans le sillage des pratiques lettristes puisqu'elle fait un usage constant de "détournements".
Guy, Merci pour documents de l'I.S.et ouvrages de Henri Lefebvre, d'une importance vitale pour moi ici. Est également important pour moi de correspondre avec toi, parce que "les interlocuteurs valables sont tout de même encore rares". Mais j'énumère tout de suite les difficultés : Trop sommaire une correspondance facilite les malentendus les plus nuisibles ; [...] Une différence radicale entre circonstances, ambiances, situations et problèmes risque de nous faire, toi à Paris et moi à Montréal, écrire pour nous entendre des lettres "non-averties", un non-sens que seules une certaine bonne volonté et une objectivité en "en soi" peuvent éviter. Il vaut cependant la peine d'essayer de correspondre. Décidément. " [...] Début de la lettre (inédite) de Patrick Straram à Guy Debord (1960). Suivi d'une lettre (inédite) de Patrick Straram à Yvan Chtcheglov (1959).
A toi de jouer" . C'est par ces mots que Guy Debord, en 1958, invite Patrick Straram à participer à l'aventure de l'Internationale situationniste qu'il vient de fonder à Paris. Il se souvient des années mémorables de 1953-1954, où ils dérivaient ensemble dans Paris et réalisaient des métagraphies, principales activités de l'Internationale lettriste. Straram répond à l'invitation de son ancien ami pour briser son isolement à Montréal, où il vient de s'installer. Leur relation épistolaire dure à peine deux ans : leurs désaccords se révèlent trop importants pour qu'elle se poursuive. C'est pourtant au cours de ces années que Straram sort la seule publication situationniste publiée à Montréal, Cahier pour un paysage à inventer, qui marque le début de sa contribution originale à la culture québécoise. Cet apport est enfin mis en lumière par Sylvano Santini, qui rassemble en ces pages le Cahier, de même que la correspondance des deux hommes et quelques autres documents inédits relatifs à leurs échanges. Une annotation généreuse et une riche mise en contexte permettent d'en montrer toute l'importance.
Résumé : Nous avons perdu notre foyer, c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre travail, c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en ce monde. Nous avons perdu notre langue, c'est-à-dire le naturel de nos réactions, la simplicité de nos gestes, l'expression spontanée de nos sentiments. Hannah Arendt.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
La Chine est de plus en plus présente dans le monde, mais elle en est en même temps comme absente. Nous n'entendons pas sa voix. Jean François Billeter