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Prendre soin. Tome 1, De la jeunesse et des générations
Stiegler Bernard
FLAMMARION
22,40 €
Épuisé
EAN :9782081207363
Le biopouvoir que Michel Foucault s'est si puissamment attaché à décrire n'est plus ce qui trame notre époque: l'enjeu est désormais le psychopouvoir, où il s'agit moins d'"utiliser la population" pour la production que de la constituer en marchés pour la consommation. Foucault décrit la genèse de l'État s'acheminant vers la révolution industrielle avec la conquête du pouvoir par la bourgeoisie et les conditions de formation du capitalisme typique du me siècle, tel que l'aura analysé Marx, où la première préoccupation est la production. Or, la seconde moitié du XXe siècle rencontre de tout autres questions: il s'agit d'organiser la révolution des modes d'existence humains, voire leur liquidation, comme modes de consommation éliminant les savoir-vivre dans ce qui devient une économie industrielle de services dont les industries de programmes sont la base. La science de cette nouvelle mobilisation totale est moins la cybernétique, comme le croyait Heidegger, que le marketing. Le psychopouvoir apparaît de nos jours pour ce qu'il est: ce qui fait des enfants les prescripteurs de leurs parents, et de ces parents, de grands enfants - le marketing détruisant ainsi tout système de soin et, en particulier, les circuits intergénérationnels. Il en résulte une destruction systématique de l'appareil psychique juvénile. Les psychotechnologies monopolisées par le psychopouvoir sont des cas de ce que Platon, critiquant l'usage de l'écriture par les sophistes, appelait un pharmakon: un poison qui peut aussi être un remède. Au début du XXIe siècle, la reconstitution d'un système de soin exige de renverser la logique du psycho-pouvoir pour mettre en ?uvre une politique de l'esprit. Cela requiert l'élaboration d'une pharmacologie qui analyse les caractéristiques des psychotechnologies contemporaines et d'une thérapeutique qui les mette au service d'un nouveau système de soin.
La télécratie qui règne désormais en France comme dans la plupart des pays industriels ruine la démocratie: elle remplace l'opinion publique par les audiences, court-circuite les appareils politiques et détruit la citoyenneté. La télévision et l'appareil technologique qui la prolonge à travers les réseaux numériques de télécommunication sont en cela devenus le premier enjeu politique. A travers ce que l'on appelle les industries de programmes, c'est la relation politique elle-même qui est devenue un nouveau marché, et ce marketing confine aujourd'hui à la misère politique: au cours de la dernière décennie, l'appareil télécratique a développé un populisme industriel qui engendre à droite comme à gauche une politique pulsionnelle, et qui semble conduire inéluctablement au pire. Ce devenir infernal n'est pourtant pas une fatalité. La philosophie se constitua à son origine même contre la sophistique: celle-ci, par une appropriation abusive de l'écriture, développait une gangrène qui menaçait de guerre civile la cité athénienne. De cette lutte contre les tendances démagogiques de la démocratie grecque résultèrent les formes de savoirs qui caractérisent l'Occident. Prônant un nouveau modèle de civilisation industrielle, cet ouvrage affirme qu'un sursaut démocratique contre les abus de la télécratie est possible, et appelle l'opinion publique française et européenne à se mobiliser contre la dictature des audiences. Biographie de l'auteur Bernard Stiegler, philosophe, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont, avec l'association Ars Industrialis, Réenchanter le monde. La valeur esprit contre le populisme industriel (Champs, 2008).
La violence et l'insécurité dans lesquelles nous vivons - aussi exploitées qu'elles puissent être fantasmatiquement, voire manipulées de manière délibérée - relèvent avant tout d'une question de narcissisme, et sont le fait d'un processus de perte d'individuation. Il s'agit de narcissisme au sens où un homme comme Richard Durn, assassin d'un nous - assassiner un conseil municipal, représentation officielle d'un nous, c'est assassiner un nous - souffrait terriblement de ne pas exister, de ne pas avoir, disait-il, le "sentiment d'exister": lorsqu'il tentait de se voir dans une glace, il n rencontrait qu'un immense néant. C'est ce qu'a révélé la publication d son journal intime par Le Monde. Durn y affirme qu'il a besoin de "faire du mal pour, au moins une fois dans [sa] vie, avoir le sentiment d'exister"Richard Durn souffre d'une privation structurelle de ses capacités narcissiques primordiales. J'appelle "narcissisme primordial" cette structure de la psychè qui est indispensable à son fonctionnement, cette part d'amour de soi qui peut devenir parfois pathologique, mais sans laquelle aucune capacité d'amour quelle qu'elle soit ne serait possible. Freud parle de narcissisme primaire, mais cette expression ne correspond pas tout à fait à ce dont je parle: elle désigne l'amour de soi infantile, une époque précoce de la sexualité. Freud parle aussi de narcissisme secondaire, ce qui survient à l'âge adulte, mais il ne s'agit encore pas de ce que je nomme le narcissisme primordial, qui est sans doute plus proche de ce que Lacan désigne dans son analyse du "stade du miroir"Il y a un narcissisme primordial aussi bien du je que du nous: pour que le narcissisme de mon je puisse fonctionner, il faut qu'il puisse se projeter dans le narcissisme d'un nous. Richard Durn, n'arrivant pas à élaborer son narcissisme, voyait dans le conseil municipal la réalité d'une altérité qui le faisait souffrir, qui ne lui renvoyait aucune image, et il l'a massacrée
Mon devenir-philosophe en acte, si cela eut lieu, et je crois bien sûr que cela eut lieu, fut l'effet d'une anamnèse produite par une situation objective dans le cours accidentel de mon existence. L'accident consista en cinq années d'incarcération que je passai à la prison Saint-Michel de Toulouse puis au centre de détention de Muret, entre 19'78 et 1983 - années évidemment précédées par un passage à l'acte, c'est-à-dire par une transgression. Or, ce furent cinq années de pratique philosophique, de phénoménologie expérimentale, et de passage aux limites de la phénoménologie, après ce « passage à l'acte » qui n'avait, en soi, strictement rien de philosophique. On doit toujours être prêt à philosopher à mort, comme le fait Socrate, et philosopher dans le mourir qu'est une vie; mais « une vie », cela veut dire ici une existence et une facticité, c'est-à-dire une accidentalité. Par exemple, la condamnation à mort de Socrate est un accident qu'il faut: dont Socrate va faire en sorte qu'il le faille, dont il va faire un défaut qu'il aura fallu. La vocation philosophique, s'il y en a, se donne comme chez Proust dans le futur antérieur d'un après-coup, comme endurance de l'après-coup. L'après-coup traverse et structure ce que ces cinq années de prison furent pour moi - mais aussi les vingt qui les suivirent, et qui m'ont conduit aujourd'hui devant vous comme devant la loi.
Troisième tome de La technique et le temps, Le temps du cinéma et la question du mal-être peut cependant être lu de façon autonome : les problématiques qui, ayant été instruites dans les deux premiers ouvrages, sont indispensables à la compréhension de celui-ci, y sont réintroduites, creusées et réexaminées. A certains égards, on pourrait même dire que Le temps du cinéma et la question du mal-être constitue une bonne introduction à La Faute d'Epiméthée (T1, Galilée, 1994) et à La Désorientation (T2, Galilée, 1996). Entre la parution de La Désorientation et le moment où j'achève ce nouvel ouvrage se sont écoulées cinq années. Ce qui, il y a cinq ans, devait initialement constituer le troisième tome de La technique et le temps, était déjà écrit sous une forme presque définitive depuis 1992, et aurait pu et dû paraître aussitôt après La Désorientation. Diverses causes ont contribué non seulement à différer cette publication, mais à en modifier en profondeur à la fois le contenu et l'ordre de parution. Ce qui devait être le troisième tome, Le Défaut qu'il faut, est désormais précédé par ce Temps du cinéma, ainsi que par un ouvrage à paraître prochainement, Symboles et diaboles. Dans le dernier chapitre de La désorientation, j'avais introduit la thèse selon laquelle les objets temporels industriels constituent l'élément déterminant du siècle : Les industries de programmes, et plus particulièrement l'industrie médiatique de l'information radiotélévisée, produisent en masse des objets temporels qui ont pour caractéristique d'être écoutés ou regardés simultanément par des millions, et parfois des dizaines, des centaines, voire des milliers de millions de "consciences" : cette coïncidence temporelle massive commande la nouvelle structure de l'événement, à laquelle correspondent de nouvelles formes de conscience et d'inconscience collectives. J'avais repris sous une autre forme cette même idée sur la quatrième page de couverture : Un objet est "temporel" lorsque son écoulement coïncide avec le flux de la conscience dont il est l'objet (exemple : une mélodie). Dans la nouvelle calendarité, les "flux de conscience" de la collectivité mondiale se déroulent en coïncidence avec les écoulements temporels des produits des industries de programmes, dont il résulte un bouleversement du processus même de l'événementialisation (de "ce qui arrive", de ce qui a lieu, de ce qui conjugue l'espace au temps, comme temps). Bouleversement qui affecte aussi l'événement biologique, commande le "temps réel" numérique, etc. Analyser l'industrialisation de la mémoire, c'est ouvrir à nouveau la question philosophique de la synthèse (de l'unité du flux de la conscience, du jugement) - mais à nouveaux frais : en rupture avec ce qui, dans la philosophie, ne peut pas penser la synthèse qu'est déjà la prothèse. C'est cette question de la synthèse, pensée à partir d'une prothéticité originaire, qui constituera le coeur de la réflexion menée ici à partir d'une nouvelle lecture de la Critique de la raison pure.
Découvrez les 500 citations les plus importantes de la philosophie, dans un format très pratique à emporter partout ! 500 citations, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine. Un classement selon les notions au programme de l'épreuve de philosophie du baccalauréat : le sujet, la culture, la raison et le réel, la politique, la morale. Un index des philosophes cités.
O'Donoghue Brendan ; McGlain Paula ; Rojinsky Math
Une excellente introduction à la philosophie pour tous ceux que cette discipline attire mais qui n'osent pas s'y plonger. Un ouvrage accessible, illustré et poétique qui initie en douceur aux grands questionnements et aux grandes doctrines philosophiques. Aventurez-vous dans l'étrange contrée qu'est la philosophie, en lisant d'étonnants contes et récits folkloriques et en découvrant les idées pionnières des grands penseurs. Laissez-vous guider vers la sagesse et laissez-nous changer la manière dont vous voyez autrui, le monde qui nous entoure ou encore la façon dont nous vivons sur Terre. A travers d'innombrables récits, contes et questionnements, Aventurez-vous en philosophie va développer votre curiosité, votre capacité à questionner le monde, votre aptitude à vous questionner et à penser par vous-même. Une invitation à la philosophie, dans l'esprit du Monde de Sophie.
Résumé : Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).