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Ni droite ni gauche . L'idéologie fasciste en France, 4e édition revue et augmentée
Sternhell Zeev
FOLIO
16,30 €
Épuisé
EAN :9782070443826
Rarement livre aura à ce point été au coeur de tous les grands débats politiques et intellectuels depuis sa parution en 1983. Le Journal of Modern History constatait que « peu nombreux sont les livres consacrés à l?histoire de l?Europe qui ait provoqué un choc et une controverse comparable ». Depuis lors, malgré la virulence du front du refus opposé dès sa parution par des historiens de Sciences Po, il a fait l?objet de nombreuses rééditions, chaque fois enrichies de nouveaux matériaux, et il s?est imposé comme une des références majeures pour l?histoire du fascisme et de la catastrophe européenne du XXe siècle. De quoi s?agit-il? René Rémond, avec son schéma des trois droites en France (légitimiste, orléaniste,bonapartiste) a convaincu des générations entières que la France avait été, par sa culturerépublicaine, rationaliste, universaliste et humaniste, immunisée contre le fascisme, en sorte que le régime de Pétain, appuyé sur l?Action française, était un ultime sursaut de la droitelégitimiste.Zeev Sternhell fait exploser littéralement ce mur de l?oubli. D?abord, en révélant, dès le XIXe siècle, l?existence en France d?une droite révolutionnaire, organiciste, particulariste,irrationalisme, antidémocratique et antihumaniste (La Droite révolutionnaire 1885-1914. Les origines françaises du fascisme, Folio histoire n°100). Ensuite, en révélant combien ces racines françaises du fascisme se développent particulièrement dans les années trente, au cours desquelles la révolte intellectuelle contre la République et la démocratie contamine nombre des plus grands esprits, qui, pour la plupart, après des mois, voire des années d?hésitation, rejoindront la Résistance. On ne voudra retenir de leur parcours que ce dernier engagement, afin d?accréditer l?idée que Vichy aurait été un accident de parcours, un accès de fièvre passager. Or, montre Zeev Sternhell, Vichy, régime à beaucoup d?égards plus brutal et sanguinaire que le fascisme italien, est un pur produit de l?histoire nationale, dont l?essence se trouve dans cette droite révolutionnaire qui réussit à légitimer chez les meilleurs esprits l?idée qu?il fallait rejeter la démocratie et inventer une autre forme de communauté nationale. Avec le temps, l?ouverture des archives ou la lecture de textes qui étaient pourtant sous les yeux des historiens français, les thèses de Sternhell l?ont emporté. Mais il n?y eut jusqu?à la justice qui ne s?en mêlât, d?aucuns n?appréciant pas que leurs écrits resurgissent(célèbre entretien avec Hitler présenté comme une force de paix en 1938 par Bertrand de Jouvenel), eux qui, profitant de la Guerre froide, s?étaient reclassés en penseurs de la droite modérée et libérale, pilier idéologique de l?Institut des sciences politiques.
Les trois volumes La France entre nationalisme et fascisme ont résonné tels un coup de tonnerre dans le monde des historiens. Leur idée maîtresse : non seulement la France a été, des années 1880 à l'entre-deux-guerres, profondément imprégnée d'idéologie fasciste, mais la pensée fasciste trouve sa source au coeur même de la patrie des droits de l'homme. Le tome premier Maurice Barrès et le nationalisme français montre le rôle essentiel de ce brillant homme de lettres, d'abord socialiste, puis nationaliste, dans la naissance d'une véritable doctrine préfasciste à l'occasion de l'affaire Dreyfus. La démonstration est poursuivie et élargie dans le second volet, La Droite révolutionnaire : les origines françaises du fascisme qui montre l'extension progressive, dès avant 1914, de ces conceptions dans le monde politique et intellectuel. Enfin, le dernier tome Ni droite, ni gauche : l'idéologie fasciste en France s'attache au phénomène fasciste lui-même, que la crise économique a permis de faire parvenir à maturité, et ce, contrairement aux idées reçues, en France plus tôt qu'ailleurs. Ces analyses iconoclastes, mais rigoureuses et novatrices, éclairent d'un jour nouveau les origines du régime de Vichy, dont elles révèlent les racines profondes. --Thomas Ferrier
Le premier livre de Zeev Sternhell est devenu dès sa parution un ouvrage de référence. Maurice Barrès et le nationalisme français constitue à la fois une étude du cheminement intellectuel d'une des figures majeures de la vie culturelle et politique du tournant du siècle, et une réflexion sur les années formatrices de la France contemporaine.Cet ouvrage campe Barrès dans son contexte intellectuel et politique. Figure éminemment moderne, admirablement adaptée à la politique des masses, il fut l'un des premiers intellectuels et hommes politiques français à avoir compris la puissance mobilisatrice d'un " socialisme nationaliste ", concept qu'il lance en 1898. Il est aussi l'un des pionniers de l'antisémitisme politique, dont il a fait une arme de combat d'une extraordinaire efficacité. L'?uvre de Barrès est d'autant plus significative qu'elle représente à la fois les forces profondes qui façonnent l'évolution intellectuelle de la France et celles qui travaillent l'ensemble de l'Europe.Ouvrage paru dans sa nouvelle édition chez Fayard en 2000.
Nouvelle édition en 20034e de couverture : "Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les Diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse dire le mot de "Mon ange" sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, - si elles sont des anges, c'est comme lui, - la tête en bas, le... reste en haut !"
Jamais pharaon n'aura autant intrigué. L'inventeur du monothéisme, qui défia au péril de sa vie la colère des dieux et de leurs gardiens, était-il un fou ou un visionnaire ? A-t-il été assassiné? La Grande Epouse royale Néfertiti a-t-elle influé sur les décisions du maître de l'Egypte. Tant de siècles écoulés ont éparpillé les pièces de ce puzzle... Au fil des pages, deux égyptologues, Judith Faber et Philippe Lucas, vont tenter de décrypter l'énigme du dieu roi. S'appuyant sur les thèses les plus récentes, Gilbert Sinoué plonge, à la manière d'une enquête policière, au c?ur du mystère de l'une des figures les plus fascinantes de l'Egypte ancienne.
«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»
« Cultiver les plaisirs de mes sens fut, dans toute ma vie, ma principale affaire; je n?en ai jamais eu de plus importante ». Il n?a pas fallu longtemps, un siècle tout au plus, pour que GiacomoCasanova (1725-1798) prenne sa place au Panthéon des mythes. Fils d?une modeste famille de comédiens, il est devenu, à la faveur de ses Mémoires, Histoire de ma vie, une figure de référence dans l?art de la séduction. Mais qu?était-il vraiment? Un agent secret, un aventurier cosmopolite, escroc à ses heures? Pour aborder Casanova, il faut se garder d?appliquer à son histoire les catégories issues des deux siècles qui nous séparent de lui. Le dépouillant de ses attributs de surmâle, Maxime Rovere en fait un éternel amoureux joueur de cartes invétéré, mais aussi un voyageur insatiable, un homme de lettres éperdu de projets, un grand amateur de vins et un incomparable gastronome, en somme le chantre d?une liberté nouvelle, praticien volontaire d?unephilosophie joyeuse et hédoniste.
En 1989, la chute du communisme est saluée comme une victoire de la démocratie sur l'autoritarisme. Trente ans plus tard, c'est dans cette partie du continent qu'agissent les plus virulents mouvements du populisme européen. Comment comprendre un tel paradoxe ? Une manière d'y répondre est de replonger dans l'histoire. Cette perspective de longue durée est d'autant plus nécessaire que le populisme n'est pas un phénomène nouveau dans cette partie de l'Europe. Au XIXe siècle, les narodniki russes promettent de sortir la paysannerie de son " arriération " et de la doter d'un droit de cité. Par la suite, les mouvements agraires semblent apporter des réponses au sous-développement et à la difficile construction, dans cet espace, de communautés politiques fortes, et les régimes communistes mobilisent certaines stratégies populistes. Aujourd'hui, les démocraties illibérales remettent en question le mode d'organisation de nos sociétés, issu des Lumières. En redonnant leur épaisseur historique aux dérives populistes à l'oeuvre en Europe centrale et orientale en ce début de XXIe siècle, Roman Krakovsky rappelle combien leur récente poussée peut servir d'avertissement pour le reste du continent.
Résumé : " Populisme ", " néolibéralisme ", " nationalisme " : les mots se bousculent et pourtant l'insatisfaction demeure. Pour décrire ce qui nous arrive, nous ne manquons pas de savoirs. La crise de la démocratie fait l'objet de diagnostics récurrents. Mais c'est la stupeur qui domine, comme si la nouveauté du présent contribuait encore à accroître l'inquiétude. Et si cette nouveauté tant de fois mise en avant était un obstacle à la compréhension ? Ce livre décrit la rencontre entre un philosophe inquiet du présent politique et l'année 1938. Tombé presque par hasard sur la presse française de 1938, l'auteur est allé de surprise en surprise. Au-delà de ce qui est bien connu (les accords de Munich et la supposée " faiblesse des démocraties "), il a découvert des faits, mais aussi une langue, une logique et des obsessions étrangement parallèles à ce que nous vivons. L'abandon de la politique de Front populaire, une demande insatiable d'autorité, les appels de plus en plus incantatoires à la démocratie contre la montée des nationalismes, une immense fatigue à l'égard du droit et de la justice : l'auteur a vu dans ce passé une image de notre présent. Ce livre ne raconte pas l'histoire de l'avant-guerre, il n'entonne pas non plus le couplet attendu du " retour des années 30 ". Il fait le récit d'un trouble : pourquoi 1938 nous éclaire-t-il tant sur 2018 ? Non sur les événements, bien sûr, mais sur une manière de les interpréter systématiquement dans le sens du pire. " Récidive ", c'est le nom d'une errance dans un passé que l'auteur croyait clôt. C'est aussi le risque d'une nouvelle défaite.
Résumé : Faut-il ranger le Manifeste du parti communiste parmi les documents qui jettent un regard éclairant sur le passé, et rien de plus ? Dans un paradoxe proprement dialectique, même les impasses et les échecs du communisme du XXe siècle, clairement fondés sur les limites du Manifeste, témoignent de l'actualité de ce texte : la solution marxiste classique a échoué, mais le problème demeure. Le communisme, aujourd'hui, n'est pas le nom d'une solution mais celui d'un problème, celui des communs dans toutes leurs dimensions : les communs de la nature, menacés par la pollution et l'exploitation ; les communs biogénétiques - le transhumanisme devient une perspective réaliste ; nos communs culturels, au premier rang desquels le langage, nos outils de communication et d'éducation, mais aussi les infrastructures et, last but not least, les communs comme espace universel de l'humanité, un espace dont personne ne devrait être exclu.
Résumé : Le problème, c'est l'obéissance. Ce monde va de travers, à tel point que lui désobéir devrait être une urgence partagée et brillante : d'où vient donc notre docilité ? Conformisme social, soumission économique, respect des autorités, consentement républicain ? Pour Frédéric Gros, c'est en repérant les styles d'obéissance qu'on se donne les moyens d'inventer de nouvelles formes de désobéissance. Sous sa plume, la pensée philosophique, en même temps qu'elle nous enjoint de ne jamais céder aux évidences, nous fait retrouver le sens de la responsabilité politique. A l'heure où les décisions des experts se présentent comme le résultat de statistiques glacées et de calculs anonymes, désobéir devient une affirmation d'humanité.