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TINTIN SCHIZO
STERCKX PIERRE
IMPRESSIONS NOU
15,00 €
Épuisé
EAN :9782874490354
Tintin n'est pas le personnage conventionnel et froid, humaniste et chrétien, misogyne et réactionnaire que l'on décrit souvent. On manque le génie de Tintin si on le réduit à un sage porte-parole des codes moraux et politiques de son temps, mais on se trompe aussi si on ne voit en lui qu'un prodigieux lecteur des codes des autres. Malgré les apparences, Tintin ne décode pas la Chine, les Incas, le Tibet, l'Amérique... Les codes quels qu'ils soient, vénérables et anciens, excitants et modernes, ne lui suffisent pas. Il passe à travers. C'est cela qui explique ses délires, son attirance pour la folie, ses moments oniriques considérés comme réels. Quand Tintin hallucine, comme sur l'île de L'Étoile Mystérieuse, c'est pour brouiller tous les codes symboliques : l'Eden, Robinson, Noé, le champignon phallique, le spectre de la bombe H, l'araignée-mère, etc. Et cela n'est pas sans risque... Il manque d'y rester, d'y perdre la raison et la vie. Et voilà pourquoi, dans le sens très précis que Deleuze et Guattari donnaient à ce mot, l'on peut qualifier Tintin de " schizo ".
Pierre Sterckx est historien de l'art, consultant et critique d'art. ancien directeur de l'Ecole de recherche graphique de Bruxelles, spécialiste d'Hergé et scénariste du CD-Rom Le mystère de Magritte (Grand prix du CNRS), il est l'un des meilleur connaisseur de l'art contemporain.
Qu'est-ce qui relie des cochons tatoués et la machine à excréter Cloaca, une bonbonne de butane décorée en Delft et une photo de montagne où s'inscrit un message privé, un vitrail et une excavatrice? La base de l'invariant de Wim Delvoye est à coup sûr son devenir-animal, un concept que Gilles Deleuze et Félix Guattari ont élaboré dans Mille plateaux. La zone d'indiscernabilité du devenir-cochon (est-ce humain, est-ce animal?) introduit d'emblée à une double lecture des ?uvres de Delvoye selon la désignation de la profondeur (la chair du cochon) et la surface de la signification (le tatouage du cochon). II s'agit essentiellement. chez Delvoye, d'un travail de code à code, et cette double lecture peut aider à comprendre son amour des arts décoratifs, lesquels sont à la fois des écritures et des images.
Résumé : Entrez dans les méandres de la Machine Jacobs ! L'écrivain et critique d'art belge Pierre Sterckx, auteur de L'Art d'Hergé, s'est également intéressé à l'art de Jacobs. La Machine Jacobs propose une analyse approfondie de l'ensemble de l'oeuvre de Jacobs, notamment de Blake et Mortimer, éclairée par un choix d'illustrations et de cases agrandies. Des planches originales et des documents très peu connus du public complètent ce beau livre à s'offrir ou à offrir !
Un béret peut changer une vie. Devenu conscrit (à l'époque du roman, il y en avait encore), notre jeune héros se retrouve plongé de but en blanc dans un ennui kaki, qui lui laisse quand même la possibilité de vaquer à ses pensées les plus noirâtres. Car celles-ci s'entortillent autour des idées de la mort (laquelle fera bientôt irruption dans sa jeune vie), de la guerre (en revêtant un béret, il songe inévitablement à la guerre de son père), de l'amour (l'inaccessible Hanska), de l'immigration (son mineur de père arrivé en Belgique juste après la guerre), des eaux troubles du passé (l'Italie fasciste)... Mais le héros emporte avec soi aussi de quoi lire : un Jules Verne et un vieux carnet ayant appartenu à son père. L'un et l'autre vont l'aider à voir plus clair dans ces eaux où il risque de se perdre. Pour percer la houle, ces deux véhicules donc : les Vingt mille lieues, mais aussi ce vieux carnet aux pages toutes noircies d'une écriture gribouillée, serrée, presque illisible : celle de son père ?
Gotlib nous a quittés le 4 décembre 2016. Sa disparition a suscité une cascade d'articles dans la presse, montrant bien l'impact que son oeuvre a eu sur au moins deux générations de lecteurs. Le fait que tous ses livres soient disponibles et constamment réédités en est un autre témoignage sûr. Cependant la littérature secondaire disponible sur Gotlib n'est pas à la hauteur de l'immense humoriste et rénovateur de la bande dessinée qu'il a été. On trouve surtout des recueils d'hommages, des écrits de circonstance et des approches biographiques, mais finalement peu de travail critique. La forme de l'Abécédaire est particulièrement appropriée pour tenter d'embrasser la totalité d'une oeuvre très dispersée, qui a connu des périodes très différentes, des supports de publication multiples, et qui comprend plusieurs collaborations importantes - sans oublier que Gotlib n'a pas été seulement un auteur, mais aussi un directeur de magazine, mentor de toute une génération de dessinateurs. Richement illustré, cet Abécédaire composé de soixante-neuf articles décrit l'oeuvre de Gotlib en étendue, en retraçant la généalogie et le caractère propre de tous ses personnages importants, et l'interroge dans ses dimensions narrative, comique, graphique, sociologique, transgressive, autobiographique, psychanalytique, voire politique.
Peeters Benoît ; Schuiten François ; Rosset Franço
La Maison d'Ailleurs, musée de la science-fiction, de l'utopie et des voyages extraordinaires d'Yverdon-les-Bains (Suisse), présente une grande exposition : "MONDES imPARFAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters", du 17 novembre 2019 au 25 octobre 2020. Ce livre en est le prolongement et l'approfondissement, autour des notions d'utopie et de dystopie. L'acte de naissance officiel de l'utopie est la publication en 1516 du récit Utopia de l'humaniste anglais Thomas More. Il y met en scène un monde autre dans lequel les êtres humains sont postulés comme heureux, en raison d'une organisation socio-politigue novatrice. Mais la dernière phrase d'Utopia laisse entendre que cette cité devrait rester au rang de "souhait", c'est-à-dire de modèle à ne surtout pas réaliser. En effet, dès que l'on se met a raconter, de l'intérieur, ce qui se passe en utopie, la cité supposée parfaite exprime sa dimension aliénante et se transforme en dystopie. Du Meilleur des mondes et 1984 à Blade Runner, La Servante écarlate et Black Minor, les dernières décennies ont vu se multiplier de tels récits, en littérature, au cinéma et ailleurs. "MONDES imPARFAITS" propose une synthèse solide sur le sujet, agrémentée de nombreux documents et de dessins rares ou inédits des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters.
Résumé : Ridley Scott interroge la nature humaine par tous les moyens du cinéma, se livrant aux images choquantes autant que monstrueuses. Il renoue avec des questions philosophiques relatives à l'animal, l'automate, la machine.Tous ses films insistent sur cette faculté héroïque d'aller au-delà de son essence. Au point de se laisser porter par un désir d'éternité qui trouve sans doute dans l'intelligence artificielle des ressources capables de nous transformer. Ce "transformisme", dans Blade Runner comme dans Alien Covenant, confronte l'homme au "Créateur" qu'il est devenu, concurrencé par d'étranges robots, des Cyborgs capables de remplacer, de le relever en direction d'un posthumanisme ou d'un transhumanisme dont l'oeuvre de Ridley Scott montre les risques.