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Une tache au front. La bâtardise aux XVIe et XVIIe siècles
Steinberg Sylvie
ALBIN MICHEL
26,95 €
Épuisé
EAN :9782226315151
De nos jours, le vieux mot "bâtard" reste une insulte cuisante, comme pour rappeler ce qu'il y a d'essentiel dans l'appartenance familiale et la filiation. Sujet anthropologique ou sociologique, la bâtardise est aussi objet d'histoire. Confrontant études de cas, réflexions juridiques et représentations littéraires, Sylvie Steinberg montre de façon saisissante qu'elle fut paradoxalement un pivot de l'ordre absolutiste. Mais comment une société fondée sur le mariage chrétien, monogame et indissoluble, fit-elle une place, au sein de l'institution familiale, à des individus dont l'identité témoignait de l'inconduite de leurs géniteurs ? Les bâtards, qu'ils soient issus de la paysannerie ou de l'aristocratie, furent au centre de débats juridiques et moraux, portant sur les comportements des individus et des groupes, et se trouvèrent à partir de la fin du XVIe siècle au coeur du dispositif de mise en discipline de la société. La loi de 1600, qui exigeait une naissance légitime ou légitimée de tout membre de la noblesse, faisait entrer en conflit règles de filiations et conditions sociales. Elle donna à l'Etat un droit de regard sur des questions qui relevaient auparavant de l'ordre privé. Par-delà droit et théologie, cette histoire de la filiation aborde enfin la dimension vécue des liens entre enfants et parents, qui ne se réduisaient pas aux problèmes de nom et de patrimoine. Entre les "sans-familles" et leurs parents, l'amour, l'attachement, les sentiments de possession ou d'exclusion composaient un tableau changeant des normes et des comportements. Sommes-nous étrangers à cette histoire ?
Pourquoi des femmes s'engagent-elles dans les armées sous la Révolution et l'Empire ? Quelles sont les spécificités de leur expérience féminine du monde militaire et qu'en disent-elles lors de leur retour à la vie civile ? Confrontant les sources militaires, l'iconographie révolutionnaire, les écrits personnels, les articles parus dans la presse, Maria Goupil-Travert examine une cinquantaine d'itinéraires biographiques de femmes aux armées. Elle questionne la nature de leur engagement, leur rapport au monde militaire et à la violence, ainsi que leur capacité d'action individuelle pour contourner les contraintes liées au genre.
L'histoire des animaux et l'histoire des relations avec les animaux sont en plein développement. Ce numéro de Clio est centré sur la notion d'animalité et présente quelques croisements possibles entre les " Animal Studies " et l'histoire du genre. Des mythes antiques à l'exégèse biblique et à l'hagiographie médiévale, nombreuses sont les productions culturelles du passé qui proposent des représentations du genre à travers le récit de relations symboliques entre animaux et humains. A l'époque des Lumières et au xixe siècle, ce sont surtout les naturalistes (Buffon, Darwin, Lombroso) qui ont tenté de percer les mystères de la reproduction ou des comportements sociaux des humains, à partir de l'observation des animaux. Mais les expériences de vie avec les animaux, qu'ils soient de compagnie ou d'élevage, modèlent également les relations de genre dans beaucoup de sociétés humaines où les animaux occupent une place centrale. Le numéro 55 se penche aussi sur les nouvelles formes de militantisme féministe, queer et antispéciste qui entendent transformer les hiérarchies entre humain et animal, femme et homme, féminin et masculin.
Résumé : "Du XIVe au XVIe siècle, la Renaissance européenne affirme de plus en plus nettement la dimension sexuelle reconnue au Christ dans les représentations (peinture et sculpture) qui lui sont alors consacrées. Quel sens donner à ce phénomène que les siècles postérieurs se sont employés à oublier, refouler systématiquement - alors que ces représentations comptent parmi les chefs-d'oeuvre de l'art européen ? La force de la démonstration de Leo Steinberg tient particulièrement à sa capacité à intégrer la multiplicité des thématiques religieuses et artistiques dans une interprétation d'ensemble qui fait apparaître leur profonde cohérence. S'inscrivant en faux contre la tendance typique de notre époque, qui consiste à privilégier outrancièrement dans l'art de la Renaissance le retour aux modèles de l'Antiquité et à faire des oeuvres religieuses autant de "scènes de genre" soumises au code d'un naturalisme triomphant, l'auteur montre au contraire combien ces images "impudiques" puisent aux sources les plus sublimes du christianisme, à sa symbolicité la plus audacieuse. Il montre en particulier comment toutes ces oeuvres peuvent se rattacher à la prévalence, dans le christianisme de la Renaissance, du thème de l'Incarnation et, par là même, à la célébration de l'"humanation" de Dieu. La mise en évidence de la "sexualité" dans ces représentations christiques devient alors la révélation, la preuve visuelle que Dieu s'est bien fait homme, que le Verbe s'est fait intégralement chair : totalement Dieu, totalement homme. Il s'agit là d'un ouvrage qui contribue à proposer de la Renaissance une vision nouvelle, en même temps qu'il donne à voir (ou revoir) et à mieux comprendre une production artistique d'une exceptionnelle beauté. L'immense érudition de l'auteur n'a d'égale que l'intelligence et la subtilité de son interprétation, exposée dans un style brillant, dont l'humour et l'intention polémique ne sont nullement absents". Jean-Louis Houdebine.
Steinberg Sylvie ; Bard Christine ; Boerhinger San
Résumé : Accessible et riche, inventive sur le plan de la recherche documentaire comme dans la réflexion, cette histoire des sexualités propose de retracer les grandes étapes et les évolutions des normes et des mentalités. "Fait social total", la sexualité est à l'intersection de plusieurs types d'approches historiques : sociales, anthropologiques, culturelles, linguistiques. Sous les projecteurs croisés de la démographie historique, de l'anthropologie culturelle et de l'histoire sociale, son histoire pose l'hypothèse que les comportements humains qui lui sont liés -fantasmes et représentations, pratiques érotiques et procréatives - sont eux aussi des objets qu'il s'agit d'étudier sans les détacher des autres pans de l'histoire humaine. Mais on ne saurait aujourd'hui s'intéresser à la sexualité sans y faire également entrer des outils forgés dans le champ de l'histoire du genre. Plus que jamais, la sexualité est devenue un domaine incontournable en histoire.
Résumé : En dehors d'approches ethnologiques, l'intérêt pour l'étude de la divination et des arts divinatoires en général a été pendant longtemps réduit, en occident, au débat qui oppose les sciences et les " parasciences ". D'un côté, le mépris et la négation systématique ; de l'autre, une confiance aveugle qui n'est pas sans rapport avec ce qu'il est convenu d'appeler la " pensée magique ". N'est-ce pas là, d'une part et d'autre, la meilleure façon de passer à côté du sujet, en le constituant comme croyance et non comme objet d'étude ? S'il est vrai que les procédés divinatoires, de la géomancie à l'astrologie, ne relèvent pas de la science, il n'en reste pas moins qu'ils ont une réalité propre dont il faut rendre raison. C'est à ce travail profondément novateur que s'est attachée Marie-Louise von Franz. Explorant les fondements inconscients qui ont donné le jour à "c es pratiques", la disciple de Jung affirme que les arts divinatoires dont d'abord symboliques. Ils obéissent à des lois spécifiques qui peuvent nous renseigner sur ce " lieu " de l'âme où se rejoigne potentiellement l'esprit et la matière.
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.