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La beauté du monde
Starobinski Jean ; Rueff Martin
GALLIMARD
30,00 €
Épuisé
EAN :9782070145607
La Beauté du monde, la littérature et les arts propose au lecteur cet autre visage de Jean Starobinski qui correspond à un pan considérable de ses publications : son attention constante aux oeuvres d'art classiques ou modernes. Depuis 1943, il n'a cessé de les accompagner pour y scruter un rapport au monde et à ses beautés, qui met en avant une éthique de l'écriture. Poètes, peintres et musiciens sont invités à nous adresser leurs questions. Jean Starobinski les fait entendre, pour les éclaircir ou les laisser à leur beauté d'énigme. Pour lui, c'est cela la critique. Exalter la beauté du monde et les prérogatives de l'oeuvre, c'est lutter contre les furies de l'histoire, c'est se défendre contre la folie des hommes : les accueillir et tenter de leur donner cet ordre que seules la plus grande intelligence et les merveilleuses qualités de compassion du critique pouvaient découvrir. A l'heure où les vagues de l'obscurité, de la confusion, de l'oubli et de la mort submergent les hommes, cet exercice de la compréhension impose sa rigueur. Le corpus est constitué essentiellement d'essais publiés en revues et jamais réunis, de préfaces à des livres souvent introuvables - donc des textes pour la plupart inconnus ou inaccessibles. Leur point commun est que tous élargissent notre champ de lecture, de vision et d'écoute. Nous connaissons Baudelaire ou Kafka, mais après la lecture de quelques essais de Jean Starobinski, nous avons envie de les lire autrement, guidés par celui qui ouvre de nouveaux horizons et nous met en contact avec des richesses insoupçonnées. Avec environ 50 documents et 30 reproductions de tableaux Volume dirigé par Martin Rueff, professeur à l'Université de Genève
Au départ, il y a cette question posée à Montaigne - cette question que Montaigne pose lui-même : une fois que l'individu, dans un accès d'humeur mélancolique, a récusé l'illusion du paraître, quelles exériences lui sont-elles réservées ? Que va découvrir celui qui a dénoncé autour de lui l'artifice et le déguisement ? Lui est-il permis de faire retour à soi, d'accéder à l'être, à la vérité, à l'identité intérieure, au nom desquels il jugeait insatisfaisant le monde dont il s'est écarté ? Montaigne met à l'épreuve cet espoir en composant les Essais. Mais "la prise et la serre" seont-elles possibles ? Si les mots et le langage sont, au dire de Montaigne, "une marchandise si vulgaire et si vile", quel paradoxe que de composer un livre et de s'essayer soi-même au fil des pages écrites ! L'on ne sort de l'apparence que pour s'engager dans une nouvelle apparence.Montaigne voit le doute s'étendre jusqu'au point où nulle opinion n'offre une garantie supérieure à celle de la vie sensible. Par le détour de la réflexion sceptique, il réhabilite le paraître, rétablit la "relation à autruy", reconnaît les droits de la coutume et de la finitude. Ce mouvement réconcilie la pensée avec ce qu'elle avait d'abord rejeté ; la condition humaine, malgré toute sa faiblesse, peut être le lieu de la plénitude.
Pourquoi inventa Poppaea de masquer les beautés de son visage, que pour les renchérir à ses amants ?" demande Montaigne. Le caché fascine. Voir, regarder, c'est désirer saisir, pénétrer, posséder. Devenir "oeil vivant" : tel est le voeu formulé par Rousseau. Interrogeant quelques grandes oeuvres - Corneille, Racine, La Bruyère, Rousseau, Stendhal -, Jean Starobinski montre comment, dans la création littéraire, l'exigence du regard, dépassant et détruisant la réalité visible, entraîne dans le monde de l'imaginaire ; comment aussi, aiguisée par l'obstacle et la déception, elle incite à toutes les perversions : exhibitionnisme, voyeurisme, sadisme, refus de la réflexion.
Interrogeant quelques grandes oeuvres littéraires - Corneille, Racine, Rousseau, Stendhal - ces essais reconnaissent et décrivent le champ de force du "désir de voir et d'être vu", que sa violence même entraîne, au-delà du spectacle convoité, dans le labyrinthe de l'imaginaire. La création littéraire est analysée ici comme l'acte par lequel l'exigence du regard dépasse et détruit le monde visible pour susciter, en esprit, la "vision du monde". Devenir un oeil vivant: le voeu est clairement formulé par Rousseau.L'auteur a étudié dans l'ordre des conduites affectives, une impatience visuelle que l'obstacle et l'insatisfaction incitent à toutes les perversions: exhibitionnisme, voyeurisme, sadisme, attrait des miroirs, refus de la réflexion. Ces singularités, présentes dans les oeuvres elles-mêmes, rendent manifestes les liens réciproques du réel et de l'imaginaire, de la volonté de puissance et du besoin de communication.
Jean Starobinski interroge trois figures exemplaires de la folie. Remontant à des documents capitaux, il met en évidence ce qui nous fascine et nous terrorise dans l'aliénation. L'enjeu n'est pas esthétique : il y va de notre principal pouvoir, celui que nous exerçons sur nos actes, et que dissout la fureur. Trois textes sont lus au plus près : l'Ajax de Sophocle ; le récit de l'Evangile de Marc qui relate l'exorcisme du démoniaque de Gerasa par le Christ ; une oeuvre picturale enfin, le Cauchemar de J. H. Füssli, où l'apparition de l'incube provoque l'effet d'étrangeté inquiétante. Jean Starobinski met en oeuvre son savoir d'historien, de médecin, de critique et se donne tout entier à l'écoute des textes et de leurs relations internes.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.