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Tous les jours sont des nuits
Stamm Peter ; Deshusses Pierre
BOURGOIS
17,00 €
Épuisé
EAN :9782267026856
Extrait Se réveiller à moitié, plusieurs fois, et plonger à nouveau dans la nuit, remonter des profondeurs du sommeil et s'engloutir à nouveau dans l'apesanteur. Gillian est allongée dans l'eau, celle-ci a un éclat bleuté. Son corps paraît être jaune, mais dès qu'il revient à la surface, il disparaît dans l'obscurité. Toute la lumière vient de cette eau chaude qui clapote sur son ventre, sur ses seins. Huileuse, elle glisse et perle sur sa peau. Gillian a l'impression de se trouver dans un espace fermé, tout est calme, mais en même temps elle sent qu'elle n'est pas seule. Elle est aimée, l'amour la remplit. Le temps fait des bonds. Elle entend un bruit, elle ouvre les yeux. Maintenant elle est seule. Sur le mur il y a des rangées de points lumineux qui n'étaient pas là auparavant. Elle ferme les yeux, le bruit s'éloigne et disparaît. Plus tard, une silhouette blanche bouge à côté d'elle, mains tendues dans un geste d'apaisement, puis s'efface. Gillian éprouve une légère nausée qui fait presque du bien, délicieuse faiblesse qui la tire vers le bas, la ramène vers le sommeil. Puis il fait grand jour, tout est d'un blanc éclatant. Sur la table de nuit est posé un plateau avec le petit déjeuner. Ça sent le café et les fleurs. Son corps se réveille très lentement, elle sent ses jambes et le bras qui repousse la couverture, le froid sur sa peau nue. Elle n'a presque pas mal, juste l'impression de se rassembler avant de se dissoudre à nouveau, lente pulsation. Près d'elle il y a une main qui appuie sur un bouton et devient sa main. Quelque chose soulève son corps, elle entend un léger ronron. Elle respire avec une facilité inhabituelle, comme si l'air affluait dans son corps sans être ralenti par quoi que ce soit mais s'échappait aussi en même temps. Un doigt appuie sur le bouton vert où est dessinée une petite cloche. Du temps passe. La femme en blanc entre dans la pièce, s'approche du lit et, sans rien dire, prend le bassin. Et de nouveau cette impression de se dissoudre, cette chaleur qui s'échappe du corps. Vous avez terminé ? Gillian dit quelque chose qui ressemble à un bref gémissement. Elle a l'impression de n'habiter que la plus petite partie de ce corps qui lui paraît très grand, bâtisse vide remplie de bruits étranges, d'une agitation incontrôlée. Quand on entre dans une pièce, c'est comme si quelqu'un venait juste d'en sortir. On entend des bruits de conversations venues d'on ne sait où, des rires. Gillian descend un escalier en courant, mais une fois encore elle arrive trop tard. Sur la table il reste la vaisselle sale, des plats vides. Les serviettes défaites sont posées en boule sur la nappe blanche, entre des taches de vin et des miettes.
L'année scolaire touche à sa fin. Une autre année de la vie d'Andreas vient de s'écouler, monotone, entre ses cours d'allemand dans un collège en banlieue parisienne et ses aventures amoureuses convenues, quand le spectre de la maladie fait irruption. Si la mort venait le faucher là, demain, serait-il sûr d'être allé au bout de ses rêves ? Ne s'est-il pas fourvoyé en chemin, n'est-il pas temps de tout recommencer? Andreas quitte alors Paris, abandonnant travail et maîtresses et, tournant le dos à vingt années de sa vie, part pour une quête de l'essentiel, à la recherche de lui-même et de son grand amour d'adolescent.Un Jour comme les autres est l'histoire d'une cavale entre la vie et la mort où Stamm aborde avec brio ses thèmes familiers : la peur de s'engager, l'angoisse de vivre, l'étrangeté au monde et la solitude.
Alexander et Sonia forment un couple parfait. Tous deux sont jeunes, beaux et partagent une passion commune pour l'architecture. Guidés par l'ambition de Sonia, ils s'installent à Munich et ouvrent un cabinet qui connaît un succès rapide. Cette union, idyllique en apparence, se trouve bouleversée par la rencontre d'Alex avec Iwona, une Polonaise sans papiers, peu cultivée, peu attirante. Rien ne devrait les réunir mais Alex est irrésistiblement attiré par cette femme dont la seule qualité est d'être l'exact opposé de Sonia. Une fascination inexplicable, incontrôlable, qui bouleverse le cours de sa vie et celui de son couple de manière inattendue lorsqu'il doit effectuer un choix paradoxal. Revisitant avec originalité le schéma classique du trio amoureux, Peter Stamm restitue comme nul autre les tiraillements liés aux contradictions sentimentales et aux aspirations divergentes de la vie.
Dans la salle de lecture surchauffée de la bibliothèque municipale ils échangèrent leurs premiers regards. Puis autour d'un café, leurs premiers mots. Il est suisse et fait des recherches sur les wagons de luxe américains. Elle est américaine, étudiante en physique, et rédige sa thèse de doctorat. Ils dînent ensemble, partent en excursion dans les forêts environnantes, visitent les musées et tombent en arrêt devant une toile de Seurat. Un jour Agnès lui demande d'écrire son portrait. Soir après soir, il confie leur histoire à son ordinateur. Au début c'est un jeu, puis, peu à peu, leur vie se conforme aux aléas du récit qui finalement prend le pas sur la réalité. Agnès est le premier roman de l'écrivain et journaliste Peter Stamm, né en Suisse en 1963. Ce livre a reçu un accueil enthousiaste en Allemagne, les critiques n'hésitant pas à saluer en Peter Stamm un des meilleurs écrivains de langue allemande de sa génération.
Alors que l'année touche à sa fin, Peter est convié à une résidence d'artistes dans le Vermont, au nord-est des Etats-Unis. Dès son arrivée, d'étranges événements font ressurgir les fantômes de son passé : tout semble évoquer Marcia, la femme qu'il a rencontrée trente ans plus tôt à New York, où il essayait de se faire un nom en tant qu'artiste. Le Noël qu'ils ont passé ensemble, découvre-t-il maintenant, aurait pu changer sa vie à jamais. Dans la solitude obsédante du paysage enneigé et fantomatique qui l'entoure, Peter prend conscience que ces jours de liberté et d'abandon étaient bien moins anodins qu'il ne le croyait.
« En ces heures où le paysage est une auréole de vie, j'ai élevé, mon amour, dans le silence demon intranquillité, ce livre étrange... » qui alterne chronique du quotidien et méditationtranscendante. Le livre de l'intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l'attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soares. Sans ambitionterrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée,attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de « l'infinimentpetit de l'espace du dedans », Bernardo Soares, assume son "intranquillité" pour mieux la dépasseret, grâce à l'art, aller à l'extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou lesmystiques atteignent la plénitude « parce qu'ils sont vidés de tout le vide du monde ». Il seconstruit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que lemonde réel. Le livre de l?intranquillité est considéré comme le chef-d?oeuvre de Fernando Pessoa.
Un jour j?ai sorti un livre, je l?ai ouvert et c?était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l?or à la décharge publique. J?ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d?une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n?avait pas peur de l?émotion. L?humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J?avais une carte de la bibliothèque. Je sortis le livre et l?emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu?il y avait là un homme qui avait changé l?écriture. Le livre était Demande à la poussière et l?auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m?influencer dans mon travail" (Charles Bukowski, 1979).
Résumé : Suite à la mort des ses parents, Mélanie, une jeune adolescente, quitte sa belle maison de campagne avec son frère et sa soeur pour aller vivre dans le petit appartement londonien de son oncle Philip. Très vite, ce dernier, monteur de marionnettes, va se muer en personnage immense et effrayant, Barbe-Bleue en son château aux portes closes. Récit d'initiation, fable sur la confrontation du mal et de l'innocence, le roman d'Angela Carter est tout cela. Il joue des références littéraires et picturales : Lear, Carroll, mais aussi Coleridge, Melville et Poe sont convoqués dans cette histoire profondément mystérieuse et touchante.
Résumé : "Toute ma vie son influence a illuminé mon travail... Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. [...] Fante était mon dieu." Charles Bukowski. "En tant qu'écrivain, je suis très heureux de recevoir une bonne leçon. Comme simple lecteur, j'ai poussé les portes du paradis." Philippe Djian. "A l'image de Fante, Bandini et Molise, ses héros de papier, débordent de rancoeur, de tendresse, de générosité ou d'une méchanceté noire inouïe. Ils sont infects, drôles, adorables, émouvants." La Vie. "Les histoires de Fante ressemblent toujours à la sienne. Son héros, Arturo Bandini, est aussi fils d'immigrés italiens, il a aussi envie de prendre sa revanche sur les années de dèche, de se faire une place sur les rayons des bibliothèques, d'aimer les femmes. Tout cela, Fante le fait passer dans une écriture dégraissée, déblayée de toute littérature." Télérama.
Par envie de se divertir, Irene Wagner, épouse d'un riche avocat, entretient une liaison avec un musicien, jusqu'au jour où, en sortant de chez son amant, elle est bousculée par une femme qui la reconnaît. Dès lors, Irene vit dans la peur. Victime d'un odieux chantage, elle paie des sommes de plus en plus folles, sans savoir comment expliquer ces dépenses inconsidérées à son mari, et perd tout ce qui fait son existence. Par souci à la fois de modernisation et de fidélité à la version originale, la collection " Pavillons Poche " publie ce chef-d'oeuvre de Stefan Zweig dans une traduction inédite en poche.
Bernhard Schlink, né en 1944 près de Bielefeld, est juriste. Il est l'auteur de nouvelles et de romans traduits dans le monde entier, et du succès international Le liseur (1996), adapté au cinéma par Stephen Daldry.4e de couverture : L'est de l'empire allemand à la fin du XIXE siècle. Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans un village coupé de toute modernité. Herbert est le fils d'un riche industriel et habite la maison de maître. Tandis qu'elle se bat pour devenir enseignante, lui rêve d'aventures et d'exploits pour la patrie. Amis d'enfance, puis amants, ils vivent leur idylle malgré l'opposition de la famille de Herbert et ses voyages lointains. Quand il entreprend une expédition en Arctique, Olga reste toutefois sans nouvelles. La Première Guerre mondiale éclate, puis la Deuxième. À la fin de sa vie, Olga raconte son histoire à un jeune homme qui lui est proche comme un fils. Mais ce n'est que bien plus tard que celui-ci, lui-même âgé, va découvrir la vérité sur cette femme d'apparence si modeste. Bernhard Schlink nous livre le récit tout en sensibilité d'un destin féminin marqué par son temps. À travers les décennies et les continents, il nous entraîne dans les péripéties d'un amour confronté aux rêves de grandeur d'une nation.
En trois tableaux et trois voyages, ce roman dessine des itinéraires italiens, loin des sentiers battus. Le premier trajet qu?emprunte la narratrice, seule, avait été planifié à deux. Mais M., l?être aimé, est décédé deux mois plus tôt. Nous sommes en janvier, et les brumes enveloppent les collines autour d?Olevano, près de Rome, où une maison avait été louée par le couple. La narratrice a emporté quelques vêtements du défunt, mais on lui dérobe la valise juste avant son arrivée. Elle essaie de prendre ses marques malgré tout, se promène dans les oliveraies, va jusqu?au cimetière de la petite commune, se renseigne sur les gens enterrés sur place. Un autre souvenir d?Italie lui revient. Elle est adolescente, son père est amoureux de la langue italienne et du pays. Une effrayante dispute entre ses parents précède alors un incident sur la plage, quand le père nage si longtemps et si loin de la côte que tout le monde le croit noyé. La petite fille pense qu?elle devra rester en Italie et se débrouiller avec les quelques mots que le père lui a appris? Puis la narratrice adulte entreprend un autre voyage en explorant la région du delta du Pô. Elle cherche le jardin des Finzi-Contini à Ferrare, longe des canaux déserts et découvre des stations balnéaires abandonnées. Elle visite une nécropole étrusque, et devant les mosaïques de Ravenne, repense à son père et à ses explications.Les choses rapportées, les anecdotes et péripéties se déploient sous nos yeux dans des nuances infinies pour dire les couleurs, les odeurs d?un bosquet, d?une colline, d?une plage, d?un canal, d?un olivier, du ciel. En creux, ce texte d?une infinie richesse, sublimant les paysages et les lieux traversés par une langue inouïe de précision, raconte le deuil, l?absence et l?amour.Traduit de l'allemand par Olivier Le LayNotes Biographiques : Esther Kinsky est née en 1956. Traductrice renommée en Allemagne, notamment de poésie anglo-saxonne, elle a longtemps vécu à Londres, puis séjourné en Europe Centrale et en Italie. Parmi les nombreuses distinctions qu?elle a reçues, citons le Prix Paul Celan et le Prix Franz Hessel, et, pour Bosquet, le prestigieux Prix de la Foire de Leipzig. La traduction de son roman La Rivière chez Gallimard en septembre 2017 lui a valu un accueil enthousiaste.
Résumé : Gerard élève seul ses trois garçons depuis que leur mère les a quittés sans laisser d'adresse, se contentant d'envoyerdes cartes postales envoyées depuis l'Italie pour les anniversaires et Noël. Klaas et Kees, les jumeaux de seize ans et leur petit frère Gerson - sans oublier le chien, Daan - vivent néanmoins dans une maisonnée plutôt joyeuse où Gerard s'efforce de faire bonne figure. Un dimanche matin ordinaire où ils sont invités chez les grands-parents, leur vie bascule. Sur une route de campagne traversant des vergers où fleurissent des arbres fruitiers, une voiture s'encastre dans celle de Gerard, le choc est violent. Si les jumeaux et le père s'en tirent avec des blessures légères, il en sera tout autrement pour Gerson. Il est plongé dans le coma et au réveil, il comprend qu'il a perdu la vue. Aidé par Harald, infirmier dévoué, l'adolescent tente d'apprivoiser sa nouvelle vie, alors que les jumeaux et leur père essaient également de faire face, mais le retour à la maison est douloureux malgré le soutien de Jan et Anna, les grands-parents des enfants. Gerson s'enferme dans sa douleur et sa colère, refuse d'accepter toute aide et de se projeter dans un quelconque avenir. Plus personne ne sait comment le soutenir. Gerard presse son fils de prendre des décisions quant à son futur, sans résultat. Lorsque l'été arrive, tous savent que les choses ne pourront pas continuer ainsi. à la rentrée, Le séjour prévu dans la paisible maison des grands-parents au bord d'un lac apparaît alors à tous comme la possibilité d'un nouveau départ... Gerbrand Bakker est un maître incontesté dans l'art de saisir l'essentiel avec peu de mots. Son écriture impressionne par sa concision, sa justesse et surtout, par l'absence absolue de tout pathos. Racontée pour l'essentiel par ses frères, l'histoire de ce jeune garçon qui ne parvient pas à accepter de vivre dans le noir n'en devient que plus déchirante. Traduit du néerlandais par Françoise Antoine