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DE LA LITTERATURE. OEUVRES COMPLETES, SERIE I, T2
STAEL MADAME DE
CHAMPION
160,00 €
Épuisé
EAN :9782745325181
À qui voudrait réduire la théorie littéraire de Germaine de Staël au retentissant succès du De la littérature en 1800, ce volume oppose le panorama d'une pensée dont le mouvement et l'énergie ne dissocient jamais la réflexion esthétique du combat pour la liberté. En refusant d'assigner à la création post-révolutionnaire les contours normatifs d'une " poétique ", l'oeuvre staëlienne invente une trajectoire singulière, scandée par des valeurs et des principes incompatibles avec la fixité d'un " système ". Magistralement lancée au seuil du nouveau siècle, cette réflexion, enracinée dans les soubresauts de l'histoire et le destin personnel d'une opposante, fait l'objet d'une constante maturation qui croise la rencontre de l'étranger et les stratégies requises par l'exil. De l'Essai sur les fictions, qui l'impose dès 1795 comme l'une des premières femmes à penser le roman de l'après Révolution, à la bataille romantique suscitée en 1817 par son appel au réveil italien, la critique de Staël impose une intensité seule capable de conjuguer la vérité et la liberté. Ce volume, riche de comptes rendus, essais, préfaces et notices biographiques, réunit pour la première fois De la littérature et la fresque des essais littéraires où résonnent l'éloge de la dissidence et l'élan européen.
Résumé : Germaine de Staël a pour père Jacques Necker, ministre de Louis XVI, et pour mère Suzanne Curchod, qui tient un salon dont Diderot et Buffon sont les habitués. Elle accède dès son plus jeune âge au monde des Lettres, à celui des idées, au "monde" tout court. "Condamnée à la célébrité sans pouvoir être connue", elle entend être jugée sur ses écrits. Son premier ouvrage significatif est consacré à Rousseau. Elle est d'une certaine manière la fille des Lumières et de la Révolution. Elle deviendra, de son vivant, la femme la plus célèbre d'Europe. La destinée des femmes - en particulier la question de leur liberté - est au coeur de son oeuvre. Au tournant du siècle (1800), on lit dans De la littérature que l'ordre social est "tout entier armé contre une femme qui veut s'élever à la hauteur de la réputation des hommes". Cela se vérifiera. Le livre, ambitieux, se propose de "caractériser l'esprit général de chaque littérature dans ses rapports avec la religion, les moeurs et le gouvernement". La seconde partie est consacrée à "l'état actuel des Lumières en France". Le Premier Consul préfère entendre parler du siècle de Louis XIV. Il n'aura de cesse d'éloigner Staël et de l'empêcher de (lui) nuire. Elle met en pratique ses idées sur le roman avec Delphine (1802), que l'on citera, avec La Nouvelle Héloïse et Werther, parmi les modèles du roman moderne. La forme épistolaire rassure le public, mais le texte est un véritable terrain d'exploration psychologique. L'héroïne appartient à la même génération que l'auteur, partage ses espérances, doit comme elle faire son deuil de la société idéale à laquelle elle aspirait. L'amour est peut-être le "seul sentiment qui puisse dédommager les femmes des peines que la nature et la société leur impose" , mais que valent les sentiments face à l'opinion publique ? Comme Staël, comme bientôt Corinne, Delphine détonne dans une société qui préfère l'hypocrisie à l'enthousiasme. Le livre connaît un immense succès. La manière dont il aborde les questions politiques et sociales - émigration, religion, divorce - n'a rien pour plaire en haut lieu. Trop anticatholique, trop anglophile, trop révolutionnaire : Germaine de Staël devra désormais se tenir à plus de quarante lieues de Paris. Elle va se consoler en Allemagne, découvre l'appel de l'Italie, publie en 1807 son second roman, Corinne ou l'Italie. Corinne, une poétesse anglo-italienne, ne se conforme pas au modèle féminin en vigueur dans la société. Eperdument amoureuse d'Oswald, un Ecossais mélancolique assujetti aux lois patriarcales, elle lui sacrifie ses talents littéraires. D'aucuns verront dans cette tragédie d'une artiste géniale et insoumise, mais victime de l'amour, une autobiographie déguisée de la romancière, dont Benjamin Constant, qui savait de quoi il parlait, disait qu'elle avait un "esprit d'homme, avec le désir d'être aimée comme une femme".
Résumé : Corinne est un roman cosmopolite qui se déroule entre la France, l'Angleterre et l'Italie à l'aube du romantisme, dans la diversité des moeurs et des cultures. Il raconte l'histoire d'amour entre une poétesse italienne, Corinne (double de l'auteure), et un noble anglais, Lord Oswald Nelvil. Le roman inaugure le débat sur la condition féminine, sur le droit des femmes à vivre de manière indépendante et notamment à exister en tant qu'écrivaines . Corinne, c'est Mme de Staël elle-même, "la femme la plus extraordinaire qu'on vit jamais" selon Stendhal, "un être à part, un être supérieur tel qu'il s'en rencontre peut-être un par siècle", disait Benjamin Constant.