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Aux origines de la théorie politique libérale : droit de propriété et droit de nécessité chez Hugo G
Spitz Jean-Fabien
VRIN
27,00 €
Épuisé
EAN :9782711631414
On définit trop volontiers la pensée politique libérale, censée caractériser la modernité, par l'idée qu'elle aurait affranchi les actions humaines du réseau de normes morales qui les entravaient dans la philosophie ancienne et médiévale pour ne plus les assujettir qu'à des motifs de prudence et de calcul de l'intérêt bien compris. Ce serait en particulier le cas du droit de propriété qui, dans son acception moderne, serait un droit inconditionnel d'acquérir issu d'un désir de satisfaction lui-même illimité, un droit censé ne permettre la maximisation de la richesse - son objet essentiel - qu'à la condition d'être absolu, libéré de toute obligation de prendre en compte les besoins de subsistance ou d'indépendance des tiers. Cet ouvrage tente au contraire de montrer, sur l'exemple de la théorie grotienne du droit d'appropriation, que la matrice libérale est profondément ancrée dans l'idée que les individus sont doués d'une égale valeur morale et que, en conséquence, aucune de leurs actions ne peut être légitime si elle n'est pas compatible avec cette égalité de valeur, si elle ne ménage pas les droits qu'ils ont en tant que personnes morales égales. Dans cette approche alternative, la propriété exclusive est légitime parce qu'elle répond non au désir, mais au besoin de subsistance de l'espèce humaine. Elle perd en revanche sa légitimité lorsqu'elle fait obstacle à la satisfaction de cette exigence.
La pensée politique de Philip Pettit incarne aujourd'hui une école "républicaine", qui tente de trouver une troisième voie entre le libéralisme de John Rawls et ses critiques communautariens comme Charles Taylor. Mais le républicanisme de Pettit ne peut se comprendre sans prendre en compte l'autre versant de ses travaux, qui portent sur les fondements de l'économie et des sciences sociales.Sans paradoxe, il se qualifie lui-même d"individualiste holiste. Le c ur de sa pensée tient dans cette articulation originale, dont les conséquences politiques forment une théorie républicaine de la liberté et de la démocratie.Les hommes ne peuvent penser que les uns avec les autres, en commun. Il faut donc briser le tabou moderne selon lequel toutes les valeurs politiques doivent pouvoir être traduites en termes individualistes. Si l'homme n'est homme que parce qu'il pense et échange avec ses semblables, les valeurs politiques doivent être représentées comme des valeurs sociales.À l'opposé de tout atomisme, Pettit développe ainsi une métaphysique sociale"holiste".Mais ces valeurs ne peuvent pour autant s'imposer aux individus. Quoique nous fassions ensemble, il faut que chacun puisse y donner son consentement, car chaque personne doit être considéré comme un être moral indépendant et d'égale valeur."
Polygraphe insaisissable, Jean-Jacques Rousseau a été tout ensemble romancier, polémiste, philosophe politique, auteur de confessions sulfureuses, pédagogue, métaphysicien. Diverse, complexe, logée dans une prose dont l'éclat fascine et dissimule parfois la délicate architecture conceptuelle, sa pensée - essentielle pour notre temps - est cependant souvent caricaturée ; les idées les plus étranges lui ont été parfois attribuées - revenir à l'état de nature, bâtir un Etat de forme totalitaire, tenir les enfants à l'écart de tous les livres - et il a dû endosser, au fil du temps, les paternités les plus lourdes, du romantisme au socialisme et de la révolution française au stalinisme. Le présent ouvrage cherche à écarter les interprétations fondées sur les préjugés pour revenir aux textes et tenter de saisir les principes de ce que Rousseau concevait comme un «système» conceptuel destiné à penser l'époque moderne avec ses contradictions, ses progrès matériels et ses connaissances inédites, mais aussi ses effets moraux sur une nature humaine dont le caractère plastique permet la déformation par les institutions sociales et les formes politiques dans lesquelles elle est insérée. Il tente en particulier de prendre pour fil conducteur l'intuition majeure du philosophe de Genève : sans la justice et l'égalité, la liberté et le bonheur sont de véritables chimères.
Résumé : La loi de 2004 interdisant le port d'insignes religieux à l'école concerne désormais les habits traditionnels, interprétés par les autorités comme des "signes religieux par destination" . Ce dévoiement flagrant du principe de laïcité n'est pas seulement liberticide : il tord le droit, confine au délire collectif, relance un débat dont les termes sont imposés par l'extrême droite, discrimine les musulmans. C'est aussi une fuite en avant suicidaire.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.