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Simplicius et l'infini
Soulier Philippe
BELLES LETTRES
83,00 €
Épuisé
EAN :9782251420165
Selon son récit traditionnel, la pensée moderne de l'infini aurait emprunté deux voies nettement divergentes : la critique empiriste dénia à celui-ci toute existence positive, là où la tradition métaphysique célébra au contraire en lui une réalité substantielle. Par-delà les antinomies cosmologiques kantiennes, encore nourries par cette opposition, il aurait fallu attendre la grande réconciliation hégélienne pour que fussent enfin articulées la critique du mauvais infini de l'entendement et la promotion d'une infinité expressive de l'absolu. Le présent ouvrage suit toutefois une autre direction et enjambe ce récit, sans le perdre tout à fait de vue. Il montre qu'en amont de la philosophie moderne, avant même l'affirmation de l'infinité divine au treizième siècle européen, un tel travail d'articulation a été opéré de manière originale par la tradition néoplatonicienne à partir de Plotin. Il soutient que ce travail s'est exprimé de manière particulièrement rigoureuse, à la clôture de la philosophie antique, dans le monumental Commentaire à la Physique d'Aristote que rédigea au sixième siècle de notre ère le philosophe néoplatonicien Simplicius. De fait, le contraste entre une analyse qui démystifie l'infini et un système qui le promeut a été dénoncé, tant par des auteurs anciens que par des contemporains, comme l'expression d'une véritable faiblesse dans la pensée même d'Aristote : comme s'il existait un décalage entre la démystification salutaire que le Stagirite opère lorsqu'il étudie pour elle-même la notion de l'infini, et la manière par trop naïve dont il emploierait celle-ci lorsqu'il traite de l'éternité du monde, du temps et de la génération. On devine le point de mire où de telles objections convergent : faute d'avoir pu élaborer une doctrine de la création, Aristote aurait succombé à la contradiction entre sa théorie de l'infini, purement critique, et l'idée d'un monde corporel sans commencement. L'enquête réalisée ici expose en quoi le Commentaire de Simplicius, précisément, entend parer ce type d'objection et rendre explicite la cohérence entre les deux aspects de la philosophie aristotélicienne de l'infini, en dehors de toute théologie créationniste : par un dispositif exégétique "platonicien", le Commentaire vise à résoudre la tension apparente dans le texte de la Physique entre la déconstruction spéculative du mauvais infini et la promotion théologique de la puissance infinie du premier moteur. A travers la singularité de son objet d'étude, cette recherche propose donc une mise en perspective de portée plus générale, celle de l'histoire du problème de l'infini dans la philosophie grecque antique, de sa transformation, depuis la négativité de l'absence de limite jusqu'à la positivité d'une puissance transcendante. Cette transformation n'est pas simplement abordée comme une étape de l'histoire culturelle, mais comme la réalisation d'une exigence philosophique et spirituelle. Appuyée sur des traductions inédites de textes de Simplicius, mais aussi de Jamblique, de Syrianus et de Proclus, l'enquête couvre un large spectre doctrinal : outre le néoplatonisme depuis Plotin, elle interroge aussi des pensées présocratiques (Anaxagore et les Pythagoriciens), la litigieuse question de la "doctrine orale" de Platon (abordée dans une perspective critique), le moyen platonisme et le pythagorisme hellénistique, et bien évidemment la philosophie aristotélicienne. Ce livre contribue à la compréhension d'une inflexion majeure de la pensée occidentale et par là, à la perception que nous avons de la modernité. Agrégé de philosophie, docteur, Philippe Soulier enseigne actuellement dans les classes préparatoires aux grandes écoles et à la faculté de philosophie de l'université de Nantes. Il prépare en collaboration avec Pantelis Golitsis une traduction annotée de l'In Physicam de Simplicius (III, 4-8), fondée sur une nouvelle édition critique du texte grec.
Des vertus, on ne parle plus guère. Cela ne signifie pas que nous n'en ayons plus besoin, ni ne nous autorise à y renoncer. Il ne s'agit pas de donner des leçons de morale, mais d'aider chacun à devenir son propre maître, comme il convient, et son unique juge. Dans quel but ? Pour être plus humain, plus fort, plus doux. Vertu c'est puissance, c'est excellence, c'est exigence. Les vertus sont nos valeurs morales, mais incarnées, autant que nous le pouvons, mais vécues, mais en acte : toujours singulières, comme chacun d'entre nous, toujours plurielles, comme les faiblesses qu'elles combattent ou redressent. Il n'y a pas de Bien en soi : le bien n'existe pas, il est à faire et c'est ce qu'on appelle les vertus. Ce sont elles que je me suis données ici pour objet : ces vertus qui nous manquent (mais point totalement : comment pourrions-nous autrement les penser ? ), et qui nous éclairent" . A. C. -S. De la Politesse à l'Amour, en passant par le Courage et la Tolérance, dix-huit chapitres sur les vertus, celles qui nous manquent et celles qui nous enrichissent.
Résumé : Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape... L'ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.
Harari Yuval Noah ; Sollier Philippe ; Dauzat Pier
Après Sapiens qui explorait le passé de notre humanité et Homo deus la piste d'un avenir gouverné par l'intelligence artificielle, 21 leçons pour le XXIe siècle nous confronte aux grands défis contemporains. Pourquoi la démocratie libérale est-elle en crise ? Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle guerre mondiale ? Que faire devant l'épidémie de "fake news" ? Quelle civilisation domine le monde : l'Occident, la Chine ou l'Islam ? Que devons-nous enseigner à nos enfants ? Avec l'intelligence, la perspicacité et la clarté qui ont fait le succès mondial de ses deux précédents livres, Yuval Noah Harari décrypte le XXIe siècle sous tous ses aspects - politique, social, technologique, environnemental, religieux, existentiel... Un siècle de mutations dont nous sommes les acteurs et auquel nous pouvons encore redonner sens par notre engagement. Car si le futur de l'humanité se décide sans nous, nos enfants n'échapperont pas à ses conséquences.
Théoricien et homme de terrain, savant encyclopédiste autant qu'animateur d'équipe, André Leroi-Gourhan (1911-1986) a renouvelé en profondeur les sciences de l'homme au XXe siècle. Par sa capacité à faire bouger les lignes, à combiner les évolutions paléontologiques de l'homme à celles de l'humanité en société, il a laissé un héritage intellectuel qui se révèle aujourd'hui particulièrement d'actualité. Cette première biographie de ce grand érudit, disciple de Marcel Mauss et de Paul Rivet, est celle du refondateur de l'ethnologie préhistorique. Boursier du CNRS dès 1941, professeur à Lyon, puis à la Sorbonne et enfin au Collège de France, il est l'auteur d'une oeuvre foisonnante, de La Civilisation du renne (1936) et Evolution et techniques (1943-1945) au Geste et la Parole (1964), de la Préhistoire de l'art occidental (1965) à son Initiation à l'art pariétal (1984). Marquée par son engagement dans les renouvellements institutionnels et méthodologiques de la recherche de son époque, de la fondation du Musée de l'Homme (1937) aux fouilles de Pincevent (1964-1984), cette vie menée tambour battant nous a laissé en héritage une oeuvre riche. C'est elle qui reste aujourd'hui source d'inspiration pour approcher les manières dont les hommes vivent en société, de la préhistoire la plus ancienne aux développements futurs de l'espèce.
Résumé : Faire l'histoire de peuples et de pays qui jusqu'au XVIIIe siècle ont tout ignoré de l'Inde et des Indes, et dont beaucoup ont ignoré l'idée même de l'histoire, tel est le pari de ce livre. En 1888, John Strachey écrivait dans son India : "Il n'y a pas, et il n'y a jamais eu d'Inde, ou même un pays, l'Inde, qui, selon les idées européennes, aurait possédé quelque unité, physique, politique, sociale ou religieuse." L'inde était un artefact crée par l'impérialisme européen. Cela était vrai à la fin du XIXe siècle et pour le passé, mais aujourd'hui l'inde, partie des Indes, existe : être indien est à la fois une réalité et une prétention ; c'est aussi une exclusion, dont témoignent les violents débats historiques qui passionnent l'Asie du Sud. Pour retracer la longue histoire de ce pays promis à devenir une des grandes puissances du monde, Michel Angot réussit un véritable tour de force : embrasser plusieurs milliers d'années et un espace aux dimensions de l'Europe, avoir recours aux sources les plus étendues et tenir ensemble les traces du temps, de l'Antiquité à nos jours, qui font de cette histoire une fabrique de l'Histoire.
Résumé : Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats de son temps. De 1912 à sa mort, il a consigné presque chaque soir les événements, petits et grands, dont il était le témoin ou l'acteur. Ce premier volume de son journal inédit couvre, parfois heure par heure, la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. A cinquante ans, l'avocat est alors au sommet de son art. Dans ces chroniques, il révèle aussi des qualités d'observation et un talent d'écriture enviables. Il y a du Albert Londres chez Maurice Garçon. Curieux de tout, il sillonne Paris et la province, furète, recoupe, rédige, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture : c'est un premier jet qu'on lit sur le vif. Maréchaliste de la première heure, il fait volte-face à l'armistice et, après le vote des pleins pouvoirs à Pétain, ne cessera plus de fustiger "le Vieux". Fureur patriote, chagrin sans pitié, colère, espoir, désespoir. Honte de la collaboration. Virulence contre les nouvelles lois de Vichy. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Croisées au Palais de justice, les figures du barreau, souvent têtes d'affiche de la politique, deviennent familières. Maurice Garçon connaît tout le monde, est de tous les grands procès, des dossiers criminels aux affaires politiques. Ses plaidoiries érudites ont fait de lui, dès avant guerre, un avocat littéraire, voire mondain, futur académicien. Toute une galerie de personnalités en vue défile dans ses pages, écrivains, peintres, comédiens, éditeurs. Nous voici conviés à une ahurissante traversée des années noires, histoire immédiate haletante.
Pourquoi le monde semble-t-il se détraquer ?Pourquoi, sans raison apparente, un sentiment de désespoir et de frustration se répand-il partout ?Pourquoi, dans les pires moments, entend-on ce nom, sans visage et sans origine ?QUI EST JOHN GALT ?Atlas Shrugged a été traduit en dix-sept langues et est le livre le plus influent aux États-Unis après la Bible.Le voici enfin disponible en version poche.Table des matières : Première partie. ? Non contradictionChapitre premier. ? Le thèmeChapitre II. ? La chaîneChapitre III. ? Le haut et le basChapitre IV. ? Les moteurs immobilesChapitre V. ? L?apothéose des d?AnconiaChapitre VI. ? À but non lucratifChapitre VII. ? Exploitants et exploitésChapitre VIII. ? La John Galt LineChapitre IX. ? Le sacré et le profaneChapitre X. ? La Torche de WyattDeuxième partie. ? Ou bien-ou bienChapitre XI. ? L?homme qui était chez lui sur la terreChapitre XII. ? La foire d?empoigneChapitre XIII. ? Chantage virtuelChapitre XIV. ? Victime consentanteChapitre XV. ? Compte à découvertChapitre XVI. ? Le métal miracleChapitre XVII. ? Le moratoire sur les cerveauxChapitre XVIII. ? Au nom de notre amourChapitre XIX. ? Un visage sans souffrance, sans peur et sans culpabilitéChapitre XX. ? Le signe du dollarTroisième partie. ? A est AChapitre XXI. ? AtlantisChapitre XXII. ? L?utopie de la cupiditéChapitre XXIII. ? Contre la cupiditéChapitre XXIV. ? Contre la vieChapitre XXV. ? Les gardiens de leurs frèresChapitre XXVI. ? Le Concerto de la délivranceChapitre XXVII. ? « C?est John Galt qui vous parle »Chapitre XXVIII. ? L?égoïsteChapitre XXIX. ? Le générateurChapitre XXX. ? Au nom de ce qu?il y a de meilleur en nousNotes Biographiques : La vie d'AynRand, philosophe et romancière, fut aussi iconoclaste et tumultueuse que l'?uvre. Née en Russie, elle fuit celle-ci après la révolution bolchévique et émigre aux États-Unis où elle commence une carrière de scénariste à Hollywood avant d'écrire deux best-sellers, The Fountainhead (La source vive, Plon, 1999) et Atlas Shrugged. Sophie Bastide-Foltz a notamment traduit aux éditions Florent Massot The Gentleman, Martin Booth, (Angleterre) 2010 ; chez Actes Sud Thé au Trèfle, Ciaran Carson, (Irlande) 2004, Il faut marier Anita, Anita Jain, (Inde) 2010 ainsi que, aux éditions Joëlle Losfeld/ Gallimard L'Ange de Pierre (réédition), Margaret Laurence (Canada) 2007 et Les Devins, Margaret Laurence, 2010. Extrait : « Il se revit un soir assis, ou plutôt effondré sur son bureau. Il était tard, ses employés étaient partis ; il pouvait donc s?abandonner au repos en paix, sans témoin. Il était épuisé. Comme s?il avait mené une course d?endurance contre lui-même, comme si la fatigue négligée durant toutes ces années s?était abattue sur lui d?un coup, le terrassant sur son bureau. Il n?avait plus qu?un désir : ne plus bouger. Il n?avait plus la force d?éprouver quoi que ce soit ? pas même la douleur. Il avait brûlé la chandelle par les deux bouts, allumé tant de feux, mis tant de choses en chantier. Qui lui fournirait l?étincelle dont il avait besoin, maintenant qu?il se sentait incapable de se relever ? Il s?interrogea : Qui lui avait donné l?impulsion au départ, qui lui avait donné envie de continuer ? Puis il releva la tête. Lentement, au prix du plus grand effort de sa vie, il se redressa et finit pas s?asseoir bien droit, soutenu seulement par sa main sur le bureau et son bras qui tremblait. Jamais plus il ne se reposa ces questions. »
Ouaknin Marc-Alain ; Werndorfer Gilbert ; Cahen Sa
Biographie de l'auteur Rabbin et docteur en philosophie ; Directeur du Centre de recherches et d'études juives Aleph, à Paris (en 1989) ; Professeur de philosophie et de littérature comparée, associé à l'Université de Bar-Ilan, Israël (en 2003)EditeurTraduisit de l'hébreu et de l'allemand en français