Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Comment écrivent les philosophes ? (de Kant à Wittgenstein) ou le style Wittgenstein
Soulez Antonia
KIME
29,50 €
Épuisé
EAN :9782841742943
Comment écrivent les philosophes ? répond à une question que tout le monde se pose : la langue du philosophe est-elle spéciale ? Sa technicité est-elle de caractère scientifique ? Le philosophe fait-il connaître quelque chose ? Est-il créateur ? L'enquête est menée depuis Kant qui a assigné à la philosophie la tâche de " présenter conceptuellement " les problèmes de connaissance. Si, d'après cette tâche, méthode et écriture font un, le philosophe est aussi un écrivain, mais de quelle sorte ? L'activité compositrice à l'aide de concepts éventuellement forgés oriente ici la réflexion. Il en va donc de ce que l'on entend par " concept " avec Frege père d'une conception analytique du concept, puis, second tournant, Wittgenstein. Tel le parricide de Platon contre Parménide, le geste de Wittgenstein est celui d'une redescente de la métaphysique au langage naturel. Il s'ensuit une stratégie d'écriture, le " style-Wittgenstein " (sous-titre), visant à l'autoeffacement de la langue spéciale du philosophe dont Antonia Soulez sonde les conséquences à la lumière du paradigme esthétique de la résonance.
Résumé : La grammaire philosophique est inséparable de la thérapie du langage consistant à dissoudre les " nodosités de notre entendement ". En s'attaquant aux sources de ces nodosités, ce qui se révèle, ce sont les préjugés grammaticaux eux-mêmes. La grammaire est double : activité thérapeutique de description des relations de structure du langage et ce qui, dans le langage, se laisse altérer par la maladie qui vicie ces relations. Il en est comme de la psychanalyse avec laquelle la grammaire est comparée dans les années 1930. Cette double dimension aliénante et correctrice de la grammaire la place à la fois comme objet du traitement et comme traitement de l'objet. Ainsi, notre propension à mésuser du langage qui révèle ce qu'il en est du langage comme symptôme dirait Nietzsche, et pas seulement comme symbole, conduit encore le grammairien critique à se demander à quelles sources puisent nos égarements ? La grammaire se tourne alors vers différentes manières dont résonnent étrangement nos expressions, par exemple... La grammaire se tourne ainsi vers les différentes manières dont résonnent étrangement nos expressions, par exemple dans la métaphysique. Le problème soulevé dans cet ouvrage tient à la visée de la grammaire : voir la totalité des règles d'un langage ou synopsis, c'est-à-dire voir un " système ", Wittgenstein déclare cependant qu'il n'a pas la définition de ce qu'est un système. Peut-on dire, par cette visée sans doute problématique, que lia grammaire constitue chez Wittgenstein, d'après le mot de Kant, l'équivalent de la " science désirée " ?
Depuis ses origines, le Cercle de Vienne a voulu s'élargir en un vaste mouvement international. Le nazisme et la guerre ont cassé son élan, mais certains représentants éminents de l'empirisme logique ont su, sur le lieu de leur exil forcé, prolonger en le transformant le programme original du Cercle. Si revenir sur les sources européennes de la philosophie dite " analytique " dont le courant domine dans les pays surtout anglophones, est une tâche qui doit intéresser la réflexion sémantique, il est des théories dont l'importance et l'actualité dans les débats d'aujourd'hui ne sont plus à démontrer, celle de Willard V.O. Quine notamment qui, comme on peut le lire dans cet ouvrage, dialogue encore avec Rudolf Carnap. Le lecteur français ne peut plus désormais ignorer les doctrines et controverses auxquelles a donné lieu cet héritage comme en témoignent ici Rudolf Altmüller, Jan Sebestik, Antonia Soulez, Christiane Chauviré, Sir Alfred Ayer, Alberto Coffa, Rudolf Haller, Brian McGuiness, Joëlle Proust, Willard Quine, Francesco Barone, Pierre Jacob, John Vickers, Rainer Hegselman, Alain Boyer, Robin Kinross, Paul Neurath, Henk Mulder.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?