Le Pavillon des cancéreux, c'est le quotidien du bâtiment numéro treize de l'hôpital de Tachkent, celui où quelques hommes alités souffrent d'un mal que l'on dit incurable. En s'y installant, Roussanov, haut fonctionnaire du Parti, ne voit pas d'un bon ?il d'être contraint de partager sa chambre avec des patients de moindre valeur comme Kostoglotov, un ancien prisonnier du goulag. Mais très vite, il va se rendre compte que tous les titres et les passe-droits dont il usait dans la vie réelle ne lui serviront à rien. Il est mis dans la salle commune et doit se soumettre aux traitements. Comme les autres, il va vivre le combat de l'homme face à la vision de sa mort et son dénuement devant la vanité de sa vie passée. Dans cette salle d'hôpital, on vit désormais de l'intérieur l'angoisse de chacun des sept personnages qui y sont enfermés, qu'on pourrait voir comme un échantillonnage de la société russe au moment dit du "dégel", juste après la mort de Staline. Le lieu vit presque en autarcie, pourtant, il est plein des bruits du monde et hanté par la guerre et le communisme. Au-delà des malades, on découvre peu à peu le personnel médical: Zoé, une jeune infirmière, Véra, le médecin, Lioudmila, la chirurgienne et la difficulté de leurs décisions, leur impuissance et leurs interrogations face à des traitements encore incertains. Imaginé en 1955, rédigé dix ans plus tard, Le Pavillon des cancéreux est l'?uvre la plus accessible de Soljenitsyne et sans conteste celle où il est le plus fidèle à la grande tradition du réalisme russe du XIXe siècle.
Roman commencé en relégation, à Kok-Térek (Kazakhstan du Sud) en 1955. La première version (96 chapitres) fut achevée dans le village de Miltsevo (région de Vladimir) en 1957, la deuxième et la troisième à Riazan en 1958 (toutes versions détruites par la suite pour raisons de sécurité). En 1962, quatrième version, que l'auteur jugeait définitive. En 1963, toutefois, après la publication d'Une journée d'Ivan Denissovith dans Novy Mir, on pensa à l'éventualité d'une publication fragmentaire, quelques chapitres furent extraits du livre et proposés à A. Tvardovski. Ce projet aboutit à débiter le roman en chapitres, à exclure ceux qui demeuraient impubliables et à désamorcer politiquement tous les autres, ce qui revenait à élaborer une nouvelle version (la cinquième, 87 chapitres) où l'essentiel du sujet était altéré : au lieu d'être, comme ç'avait été le cas, " atomique ", il mettait en scène un thème soviétique fort courant à l'époque : la " trahison " d'un médecin qui faisait passer un médicament à l'Ouest. C'est sous cette forme qu'il fut examiné et accepté par Novy Mir en juin 1964, mais les tentatives de publication tournèrent court. Durant l'été 1964 fut esquissé un nouveau projet, de sens contraire, tendant à creuser et à rendre plus percutante la version de 87 chapitres (ce fut la sixième version). En automne, une photographie de cette version fut expédiée à l'Ouest. En septembre 1965, les exemplaires de la version " avouable " (la cinquième) furent saisis par le KGB, ce qui bloqua définitivement la publication du roman en U. R. S. S. En 1967, cette version fut largement diffusée par le Samizdat. Dans sa sixième version, le roman fut publié en 1968 par la maison américaine Harper and Row (et c'est d'après ce texte que furent faites toutes les traductions). En été 1968 apparut une septième version : texte complet et définitif du roman (96 chapitres). Ce texte n'a jamais circulé en Samizdat ni jamais été édité séparément. Il paraît pour la première fois dans l'édition de ces OEuvres. La " charachka " de Marfino et presque tous ses habitants ont été peints d'après nature.
Résumé : Les journées de 1917 qui " ébranlèrent le monde " ne furent pas, comme on l'a longtemps répété à la suite de John Reed, celles d'Octobre, c'est-à-dire celles du coup d'Etat bolchevique. Ce furent celles dites de Février - insurrection spontanée, émeute populaire, révolution totale. Le lundi 12 mars au matin (le décalage des dates est dû à l'emploi, dans la Russie tsariste, du calendrier Julien), une compagnie se mutine, à l'instigation d'un adjudant-chef, dans l'une des casernes de Petrograd. Dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16, Nicolas II signe son abdication. Soljénitsyne, qui a déjà montré le pays entrant dans la guerre (Août 14, " Premier n?ud "), puis attendant dans une immobilité trompeuse l'arrivée de la tempête (Novembre 16, " Deuxième n?ud "), suit maintenant pas à pas le déroulement de la révolution. Le présent volume ouvre le " Troisième n?ud ", intitulé Mars 17, et couvre cinq journées : les quatre premières, du jeudi 8 au dimanche 11 mars, voient la montée de l'agitation ; au cours de la cinquième, celle du lundi 12 mars, l'émeute éclate et se propage, irrésistible, comme du feu dans la paille. Au fur et à mesure que l'avalanche grossit, que les événements se précipitent, le récit se fait plus rapide et plus haché. Des chapitres brefs, tourbillonnants, nous mènent partout : chez le tsar à la Stavka, auprès de l'impératrice dans les neiges de Tsarskoïe Sélo, dans les palais endormis ou bouillonnants de Petrograd, dans ses ministères, dans ses casernes et surtout dans ses rues. Dense, scrupuleusement documenté, riche de points de vue contradictoires, le livre est avant tout mouvement : celui de la roue de l'Histoire dans sa course accélérée.
Résumé : Chef de batterie durant le dernier conflit mondial, le prix Nobel de littérature narre deux épisodes guerriers auxquels il participa, l'un en Prusse orientale, l'autre en Russie centrale, et qui sont pour lui l'occasion d'exalter le pur patriotisme des officiers de terrain, la bravoure des soldats russes, mais aussi de stigmatiser la veulerie du personnel politique, l'ignorance des états-majors et la détresse des populations civiles. Des pages d'anthologie dignes des grandes scènes d'Août 14.
Avec le tome 4 de Mars 17 s?achève la troisième partie, ou ?noeud?, de la grande oeuvre romanesque consacrée par Soljénitsyne à la révolution russe. Ce troisième ?noeud? suit pas à pas le déroulement de la révolution dite ?de février? et constitue le coeur de "La Roue rouge". Précédé par Août 14 (premier ?noeud?) et Novembre 16 (deuxième ?noeud?), il sera suivi d?un quatrième et dernier ?noeud? de dimension réduite, Avril 17 (2 tomes, dont un très court). Le présent volume couvre les neuf derniers jours du mois de mars (du 8e au 16e après l?abdication de Nicolas II). Il offre, comme les précédents, une mosaïque de chapitres variés qui nous introduisent dans la vie de personnages de tous âges et de toutes conditions, dans les deux capitales, sur le front, à la campagne. Le naïf et le cocasse côtoient le sérieux et le tragique. Le pays va-t-il pouvoir poursuivre la guerre? Le gouvernement provisoire va-t-il s?effondrer ou se consolider? La famille impériale sera-t-elle autorisée à gagner l?Angleterre? Le fléau de la balance oscille. Nous suivons ses mouvements, ballottés entre les illusions et la clairvoyance, l?espoir et la résignation. Dans ce livre où tout est suspendu, hésitant, le voile du quotidien se déchire par moments pour laisser affleurer une angoisse mortelle. Par éclairs ou dans une calme lumière froide, la mort de la Russie s?annonce, proche et inéluctable. Et c?est ce tragique profond qui forme la trame du récit. ?Peut-être... peut-être n?y arriverons-nous pas... à transmettre à nos descendants la Russie héritée de nos pères...?. Une vague d?émotion amère soulève le livre de place en place, parfois au moment où on l?attend le moins: ainsi le conventionnel et vaniteux Rodzianko se transforme-t-il soudain en un Russe authentique et sincère, anéanti à l?idée que va se rompre un lien immémorial entre le propriétaire et sa terre, nourricière des corps et des âmes. On se pose alors des questions: la Russie a-t-elle vraiment perdu en 1917 l?identité que sa littérature a fait connaître et aimer au monde entier? Et, si elle l?a perdue, pourrait-elle maintenant la recouvrer? Prix Nobel de Littérature, réinstallé en Russie après un exil de vingt ans, l?auteur du "Premier cercle" et du "Pavillon des cancéreux", après avoir bouclé ses deux entreprises littéraires géantes, "L?Archipel du goulag" et "La Roue rouge" (cinq tomes sur huit déjà publiés en France) et tout en poursuivant la rédaction de ses mémoires (deux volets publiés, sans doute encore deux à venir), a renoué depuis peu avec le genre court, notamment avec "Deux récits de guerre".
Follett Ken ; Brèque Jean-Daniel ; Demange Odile ;
Biographie de l'auteur Ken Follett est né au pays de Galles en 1949. Il est l'un des plus grands auteurs de best-sellers et de thrillers d'espionnage ( L'Arme à l'œil, Les Lions du Panshir, Le Troisième Jumeau, Le Réseau Corneille...), mais c'est avec ses romans historiques Les Piliers de la terre et Un monde sans fin qu'il a connu ses plus grands succès : vingt millions d'exemplaires vendus à travers le monde. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma et à la télévision. Il vit à Stevenage, en Angleterre.
Fruttero Carlo ; Lucentini Franco ; Rosso François
Le premier personnage, ici, c'est Venise - une Venise d'hiver, plus souvent brumeuse qu'ensoleillée, la Venise labyrinthique des rues éloignées, quasi désertes. Le deuxième personnage - elle - est une princesse romaine résidant dans un hôtel de luxe, fréquentant les milieux snobs et cosmopolites, et venue là pour une salle des ventes, à la recherche d'oeuvres d'art. Le troisième personnage - lui - est le guide d'un groupe de touristes minables traîné à l'économie de monument en monument. Guide dont l'érudition et la distinction contrastent étrangement avec une valise râpée et un imperméable constellé de taches. Ce qui résultera de leur imprévisible rencontre, et pourquoi celle-ci prendra sans cesse des allures d'énigme, c'est l'objet de ce roman. Où l'ironie et le sens du détail vrai, qui sont propres à Fruttero et Lucentini, se doublent de tendresse, de nostalgie - de profondeur.Rarement écriture à quatre mains aura été aussi réussie que celle à laquelle Carlo Fruttero (né à Turin en septembre 1920) et Franco Lucentini (Rome, 1922-2002) ont attaché leur nom et leur travail. Traducteurs (plus de vingt langues à eux deux), directeurs de collection - on leur doit deux des meilleurs anthologies de science-fiction parues en Italie -, journalistes et chroniqueurs - ils ont signé des milliers d'articles et tribunes dans les plus prestigieux journaux de la Péninsule, dont certains ont été réunis et traduits sous le titre La Prédominance du crétin (1988) -, romanciers enfin et surtout, Fruttero et Lucentini ont connu un succès mondial avec une série de romans policiers où les préoccupations métaphysiques laissent toujours une large place à l'humour. Ils publieront notamment : La Femme du dimanche (1973), adaptée au cinéma par Luigi Comencini avec Marcello Mastroianni, La Nuit du grand boss (1980), premier polar mêlant démons et merveilles de l'informatique, L'Amant sans domicile fixe (1988), unanimement considéré comme leur plus grande réussite, ou encore Place de Sienne, côté ombre (1985), La Couleur du destin (1989), L'Affaire D ou le Crime du faux vagabond (1991), enquête-roman sur Le Mystère d'Edwin Drood, de Charles Dickens, et Ce qu'a vu le vent d'ouest (1993). Pendant près de quarante ans, le duo littéraire aura ainsi brossé un magistral tableau de l'Italie du dernier quart du XXe siècle.
Que penser d'une femme qui choisit le placard de votre salle de bains pour y passer ses journées ? Qui s'étonne que vous puissiez la voir ? Qui disparaît et reparaît à sa guise et qui prétend être plongée dans un profond coma à l'autre bout de la ville ? Faut-il lui faire consulter un psychiatre ? en consulter un soi-même ? Ou, tout au contraire, se laisser emporter par cette extravagante aventure ? Et si c'était vrai ?... S'il était vrai qu'Arthur soit le seul homme qui puisse partager le secret de Lauren, contempler celle que personne ne voit, parler à celle que personne n'entend... Une histoire tendre, une aventure pleine d'humour et de rebondissements.
Vous vous sentez démotivé dans votre travail? Stressé? Vous doutez de vos compétences? Vous avez le sentiment d'être traité injustement et de perdre tout contrôle sur votre environnement au travail? Peut-être, sans le savoir, êtes-vous au bord de l'épuisement professionnel, syndrome psychologique mieux connu outre-Atlantique sous le nom de burn out. Tous les métiers sont concernés: managers, infirmiers, médecins, enseignants, travailleurs sociaux, policiers... avec pour conséquences des arrêts de travail récurrents, de l'absentéisme, et même des maladies psychosomatiques et des dépressions. Comment reconnaître et enrayer le burn out quand il survient? Peut-on le prévenir? Pour Suzanne Peters et le docteur Patrick Mesters, il n'a rien d'irréversible. Individuellement - grâce aux spécialistes de la souffrance au travail, médecins, psychiatres ou coachs -, il est possible d'en guérir et de retrouver un sens à sa vie professionnelle. Quant aux entreprises, si elles veulent éviter de voir sombrer leurs salariés dans cette spirale infernale, il leur faut reconsidérer d'urgence leur organisation et passer d'une intelligence individuelle à une intelligence collective du travail. Sur un sujet qu'il est devenu impossible d'ignorer, voici le livre essentiel.