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Le Livre des vices
Sofsky Wolfgang ; Charbonneau Patrick
CIRCE
21,80 €
Épuisé
EAN :9782842423032
Les notions de vice, de péché ou d'immoralité, déjà, apparaissent obsolètes. Essayer de comprendre les vices, c'est risquer de passer pour un misanthrope réactionnaire ou un moralisateur à l'esprit étroit. Celui qui tend un miroir à ses contemporains a toujours attiré les rires embarrassés, la colère ou la calomnie. L'antique admiration pour la perfection semble tout aussi perdue que le sens de la dépravation morale. Rien ne semble plus anachronique que de douter du bonheur terrestre, que de faire référence au devoir et à la mesure. En des temps de divertissements à courte vue, ce qui compte, c'est la satisfaction immédiate des envies, non le jugement critique que l'on porte sur elles. Depuis que l'indifférence a été érigée en tolérance universelle, tout est permis ou presque. Nombre de contemporains sont extrêmement indulgents envers eux-mêmes. Ils concèdent en haussant les épaules avoir été menteurs, hypocrites, vaniteux, avares ou cupides." Le projet des Lumières, d'amélioration morale du genre humain, a complètement échoué. Qui veut parler du bien ne peut pas garder le silence sur le mal. Mais qui veut parler du mal doit avant toute chose étudier les mauvaises habitudes, les errements et les défauts, tous les vices, qui participent du mal véritable. Avec un regard infaillible, Wolfgang Sofsky sonde les lois de l'immoral et explore tout le spectre des vices: "Le tribunal de leur conscience est enfoui si profondément en eux qu'ils n'en perçoivent quasiment plus la voix."
Etat, arme, passion, douleur, torture, exécution, combat, chasse, massacre, destruction des choses : en quelque douze courts chapitres, Wolfgang Sofsky traite des formes diverses de la violence contemporaine. Pour ce faire, il recourt à l'un des procédés classiques de la philosophie politique, de Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau jusqu'à John Rawls : la petite fiction qui dit, en un bref récit imaginaire, l'instauration originaire d'un ordre et de la violence nouvelle dont il est inéluctablement porteur. Car on trouve dans ce Traité la même interrogation - déplacée, élargie - qui anime la réflexion de Wolfgang Sofsky depuis ses précédents travaux consacrés aux camps de concentration nazis, à l'ordre de la terreur : pourquoi, comment la violence, sous les formes les plus variées, accompagne-t-elle le développement de la culture puisque force est de constater que celle-ci nourrit celle-là ?
Wolfgang Sofsky discerne dans les pratiques de surveillance de notre époque, et plus encore dans les motivations de ceux qui les mettent en place, une menace réelle et immédiate pour la liberté des citoyens, y compris dans les démocraties qui semblent les plus solides. Il apporte ici une pierre importante à la réflexion sur l'organisation et la préservation des libertés individuelles dans les démocraties occidentales.
Résumé : Etat, arme, passion, douleur, torture, exécution, combat, chasse, massacre, destruction des choses : en quelque douze courts chapitres, Wolfgang Sofsky traite des formes diverses de la violence contemporaine. Pour ce faire, il recourt à l'un des procédés classiques de la philosophie politique, de Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau à John Rawls : la petite fiction qui dit, en un bref récit imaginaire, l'instauration originaire d'un ordre et de la violence nouvelle dont il est inéluctablement porteur. Car on trouve dans ce Traité la même interrogation - déplacée, élargie - qui anime la réflexion de Wolfgang Sofsky : pourquoi, comment la violence, sous les formes les plus variées, accompagne-t-elle le développement de la culture puisque force est de constater que celle-ci nourrit celle-là ? Ici, nulle thérapeutique lénifiante n'est proposée. Il y est simplement, uniquement, question d'une clinique : celle, sombre mais décapante, des violences de la culture aujourd'hui.
Résumé : Un homme pénètre dans un lieu public, ouvre son sac, vide son chargeur sur quiconque, sans distinction. Des miliciens, au petit jour, surgissent en camion, encerclent un village, trient la population, séparent femmes et enfants d'un côté, adultes et adolescents de l'autre, puis ils les tuent, avec la délectation d'assassiner ceux qui hier encore étaient leurs voisins, leurs amis, leurs compagnons de jeu. Des gens se pressent, s'activent, tout à la routine du cours de la vie ordinaire ; soudain, un éclair, une explosion, l'immeuble s'effondre, engloutissant ses occupants. Trois situations qui sont, désormais, pour qui se tient à l'écoute du monde, son quotidien, ou presque. Bientôt, cependant, chacun s'empresse d'apporter des explications, trop générales pour éclairer chaque cas particulier, trop particulières pour rendre compte de leurs similitudes. Car folie meurtrière, terrorisme ou actes de sauvagerie guerrière mettent au défi l'entendement : situations de déstructuration absolue des normes et des valeurs sociales, elles semblent pourtant, les unes et les autres, reproduire des schémas identiques, quelle que soit l'histoire, individuelle ou collective, de leurs agents. Comment dès lors rendre compte du paradoxe de ces formes de violence ?
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.
Résumé : " Aimer quelqu'un ou quelque chose signifie ou consiste dans le fait, entre autres choses, de prendre ses intérêts comme des raisons d'agir pour servir ces intérêts. L'amour est lui-même, pour celui qui aime, une source de raisons. Il crée les raisons par lesquelles ses actes d'intérêt et d'attachement amoureux sont inspirés... "