Caricaturée grossièrement, la décroissance est devenue ces dernières années un épouvantail pour les défenseurs du business as usual. Brandie comme un repoussoir, la décroissance n'est pourtant pas une idée neuve. La catastrophe climatique devient chaque année plus palpable, et l'érosion de la biodiversité, plus alarmante. Alors que les illusions du "développement durable" et de la "croissance verte" se dissipent, la décroissance, longtemps cantonnée aux marges du débat public, connaît un puissant regain d'intérêt. Plutôt qu'à un avenir de privations, c'est à l'invention d'une nouvelle abondance, plus égalitaire, qu'invitent les pensées de la décroissance. A l'exemple de cette maxime, formulée en 1974 par l'écologiste André Gorz pour rompre avec la dynamique inégalitaire du consumérisme : "Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d'être produit ce qui ne privilégie ni n'abaisse personne". En 180 pages d'entretiens, réflexions, reportages et échanges, ce hors-série veut défaire le mythe de la croissance, passer de l'utopie à l'action et bâtir de nouveaux imaginaires. Avec Timothée Parrique, économiste spécialiste de l'écologie et de la décroissance, auteur de "Ralentir ou Périr" (Seuil).
La gauche et l'écologie ont-elles déserté les campagnes ? Tout le porte à croire. Les scores du RN à la sortie des urnes parlent d'eux-mêmes. Sentiment de déclassement, absence de contre-discours, fracture supposée des mondes ruraux et urbains : c'est dans ces sillons que l'extrême droite sème ses idées nauséeuses... Pourtant les ruralités ont longtemps été de fertiles terres de luttes anticapitalistes au temps des Paysans- Travailleurs. Aujourd'hui, le collectif Terres de Luttes, justement, avec d'autres, comme la Confédération paysanne nationale, entend bien réactiver l'héritage des campagnes rouges. Pour y parvenir, pas de miracle, il faut "refaire des affinités avec les classes populaires rurales" , mais aussi défaire les caricatures. Première étape : se parler. Activer "les conversations profondes" et refaire vivre des lieux de rencontre et de débat dans les bourgs ruraux. C'est seulement à ces conditions qu'une gauche écologiste et populaire pourra contrer le hold-up de l'extrême-droite sur les campagnes.
Fin du monde, fin du mois, même combat ? Comment allier écologie et justice sociale. L'écologie et le social sont souvent renvoyés dos à dos dans le débat public. Dans les classes aisées, on reproches aux catégories populaires de s'accrocher à la bagnole. Chez les moins bien lotis, on accuse les plus riches de leur faire la morale entre deux vols Paris-New-York. Une transition écologique qui ne soit pas synonyme de privations et de creusement des inégalités est-elle envisageable ? Notre mode de vie est-il négociable ? Comment rendre l'écologie populaire ? Défrichons ensemble ces questions pour remettre fin du monde et fin du mois sur la même page de notre agenda collectif.
Un grand Dossier consacré à la Nuit, "en voie d'extinction". L'idée est d'explorer notre rapport contemporain à la nuit et à la lumière à travers différents angles : écologique, en étudiant l'impact de la pollution lumineuse sur la biodiversité et les solutions à apporter ; économique et social, en mettant en lumière l'omniprésence des écrans et l'émergence de nouveaux usages perturbant notre lien au sommeil ; urbanistique et sociétal, en analysant le lien entre la lumière et la sécurité en ville, et comment cela a "rendu" la ville aux femmes ; techno et R&D, en faisant le bilan des recherches sur la bioluminescence.