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Voyages à travers la France et l'Italie
Smollett Tobias ; Fayot André
CORTI
23,20 €
Épuisé
EAN :9782714305053
Avec ces Voyages à travers la France et l'Italie (1766), le lecteur français va découvrir à la fois un classique de la littérature de voyage et l'oeuvre d'un auteur important du XVIII. siècle anglais que la France n'a jamais vraiment reconnu. En tant que romancier, Smollett (1721-1771) souffre de l'ombre que lui fait Fielding, son aîné de quatorze ans, à qui ses premiers éditeurs français attribuèrent d'ailleurs expressément Roderick Random, pour profiter sans doute de la notoriété de l'auteur de Tom Jones. Comme auteur de récit de voyage, c'est Sterne qui lui porte tort, et de façon bien plus délibérée puisque le Voyage sentimental fut écrit en réaction aux Voyages d travers la France et l'Italie, pour moquer les récriminations de leur auteur et que leur succès ne résista pas à l'attaque. Pourtant le livre de Smollett n'est pas inférieur à celui de Sterne, il n'a simplement rien de commun avec lui. Son intérêt ne tient pas à l'écriture, mais i sa formidable valeur documentaire, à la somme de renseignements récoltés sur le vif qu'il contient, sur les transports terrestres avant le chemin de fer, la mode dans le Paris de Louis XV ou les ancêtres du prince de Monaco, sur les moeurs des Niçois, la médecine à Montpellier aussi bien que sur les aménagements du port de Boulogne. Quant à la légendaire mauvaise humeur de Smollett, si elle n'était l'effet de sa sincérité et de son obstination à dire en toute occasion son opinion sans ambages, on pourrait y voir un superbe procédé littéraire, car elle donne à tout le récit un ton subjectif extraordinairement vivant ; c'est elle qui fait le style du livre. Partout on y sent la présence de la forte personnalité de l'auteur, et peu à peu se dessine avec une étonnante netteté, un caractère qui rend la lecture des Voyages à travers la France et l'Italie singulièrement attachante.
Généreuse et bonne fille comme le sont les mythologies, la légende du cinéma prête à différents réalisateurs la conviction que plus fouillé et plus parfait sera le personnage du " méchant ", meilleur sera le film tout entier au bout du compte. Si l'on admet en outre qu'on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, l'idée peut se transposer tout naturellement au roman, et on conviendra alors qu'avec Ferdinand, comte Fathom, Smollett a réussi à peindre un scélérat plus noir, plus révoltant et plus détestable que dans aucune de ses autres ?uvres, qui pourtant n'en manquent pas, et comme il en est peu dans toute la littérature. Car aucune bassesse ne l'arrête : mensonge, escroquerie, vol des plus faibles de la société ou de ceux qui se sont montrés généreux avec lui, tentative de viol ou séduction de filles et de femmes qu'il abandonne sitôt déshonorées, pour les raisons les plus sordides. Ce n'est pourtant pas l'ambition sociale proprement dite qui le fait avancer, mais à la fois la vanité, la sensualité, l'amour de l'argent et un fond de perversité. Rien à voir avec son presque contemporain de fiction Barry Lyndon, dont les manières gardent au moins l'apparence de la correction. Si les aventures où Fathom entraîne le lecteur de ses prétendus mémoires n'ont pas la belle ordonnance du classicisme, elles sont chaotiques comme la vie, prenantes et divertissantes comme elle pour qui ose s'y abandonner, et le ton souvent ironique ou sarcastique de l'auteur leur donne une vivacité, un entrain réjouissants et communicatifs. Si le souci moral n'est pas absent, en particulier dans le dénouement, c'est d'évidence le plaisir de lecture qui prime.
Sir Launcelot Greaves, à l'instar de son modèle Don Quichotte, quitte le domaine de ses ancêtres, muni d'un heaume et d'une armure. Il part sur les routes de l'Angleterre du XVIII ? siècle. Comme son héros, il a un écuyer (plus couard que Sancho), et il poursuit le souvenir d'une belle jeune fille, sa fiancée, qui a disparu. En marge du chef-d'oeuvre de Cervantès (qu'il traduisit en anglais), Tobias Smollett écrivit à son tour un roman d'aventures savoureuses, parodiques, abondant en scènes de genres qui promènent le lecteur des salles d'auberges enfumées aux grands chemins semés de dangers, à la rencontre d'une Angleterre rurale croquée avec mordant et un brio réjouissant.
Résumé : Qui est Random ? Un jeune Ecossais, de naissance avantageuse mais orphelin. Doté d'une solide éducation, intelligent à proportion, il partira pour Londres et apprendra la vie, en plein XVIIIe siècle, sous la forge des voyages. Successivement gueux, aide-chirurgien sur un vaisseau, poignardeur, domestique, poète et soldat, Random sera finalement rattrapé par l'amour et la fortune dans un dénouement magnifiquement comploté par Smollett. Son style, comme ses personnages, ne s'embarrasse pas toujours de "précautions, d'éducation et de politesse". Smollett est un moraliste brutal, "contre la misérable et vicieuse économie du monde".
Heinrich Bernd ; Homassel Anne-Sylvie ; Indoukaeva
Dans En été - Une saison d'abondance Bernd Heinrich parvient à nous communiquer son sens inépuisable de l'émerveillement en nous faisant partager la vénération qu'il éprouve pour le foisonnement du vivant, à partir de ses observations sur le terrain comme de ses recherches scientifiques. Qu'il s'agisse de réflexions sur les guerres entre les fourmis, des particularités prédatrices des guêpes, des rituels de séduction des pics verts ou de sa description de la découverte d'une route encombrée de grenouilles des bois, En été nous offre un panorama d'une beauté évidente sur les interactions complexes entre le règne animal et le règne végétal, entre le réchauffement estival et la luxuriance de la nature. Comment des cigales parviennent-elles à survivre - et à prospérer - à des températures allant jusqu'à plus de 46° C ? Les oiseaux mouches savent-ils à quoi ils seront confrontés avant d'entreprendre leur migration vers le Golfe du Mexique ? Pourquoi certains arbres cessent-ils de grandir alors qu'ils disposent encore d'une période de trois mois de temps chaud ? Avec un sens de l'émerveillement et une compétence incomparable, Heinrich étudie une centaine de questions de ce type. On comprend aisément que Heinrich soit considéré aux Etats-Unis comme le digne successeur de Thoreau, parmi les écrivains américains contemporains de la nature.
Le Sauvagerie est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque : la crise écologique, la destruction massive des écosystèmes. A partir de dizains d'abord commandés à cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones et anglophones, Pierre Vinclair a composé cet ensemble monumental : douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants, les catastrophes passées et présentes comme les moyens dont nous disposons pour envisager un avenir commun? sur la Terre qui pour nous doit être, comme la DELIE pour Scève, "l'objet de plus haute vertu". Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux de la sauvagerie perdue et refuges pour les espèces à protéger, description des catastrophes et chansons à la gloire des héros de l'écologie, méditation face à un arbre, souvenirs de paysages disparus, descente aux enfers, prophéties.
Résumé : Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence. Ce livre, d'abord publié au Mercure de France, en 1968, était épuisé, nous le rééditons enrichi d'une postface de Francis Tabouret, dans la traduction d'Elisabeth Gaspar, revue.