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La contagion
Siti Walter ; Antoine Françoise
VERDIER
24,00 €
Épuisé
EAN :9782864327882
Dans un immeuble populaire, au coeur des borgate de Rome, vivent Chiara et son mari Marcello, ancien bodybuilder entre deux sexes, Francesca, handicapée militante, Bruno supporter de la Roma aux arrêts domiciliaires. Et puis il y a aussi Gianfranco, dealer qui veut s'élever, Eugenio, dit la Toupie, qui travaille dans un atelier et se découvre amoureux de sa colocataire, prostituée. Dans ce paysage romain fait de bouts de campagne, de villages et de lambeaux de métropole, dans le bric-à-brac d'un présent bouillonnant, il y a tant d'autres figures encore toutes défoncées par la vie, toutes défoncées comme la vie... Les borgate sont le laboratoire des transformations les plus profondes de la société italienne, et, plus largement, européenne : on y assiste à la contagion des modes de vie qui rend toute division de la société en classes à la fois simpliste et aveugle. Roman baroque, excessif, destructeur, provocateur, La Contagion est une arche de Noé, une nef des fous, un volcan d'énergies qui fait ruisseler sur ses pentes, les styles et les genres, les vies et les langues, les corps et les rêves. C'est trop peu de dire qu'on n'en sort pas indemne. On n'en sort pas.
Dans le monde des entreprises - représentatif du monde réel -, de nombreux dirigeants se sont figés dans le temps et ont arrêté leur chronomètre, tels des robots primitifs non dotés de l'IA. Ils continuent à reproduire les mêmes erreurs du passé, de la même manière que leurs prédécesseurs, et ce sans essayer de s'améliorer. Ces managers moyenâgeux cherchent par tous les moyens à améliorer leur situation pécuniaire, sans se soucier de celles de leurs collaborateurs et de l'entreprise à laquelle ils doivent assurance et fidélité. Ceux-là, l'auteur les considère comme de véritables Dracula, qui n'attendent que la tombée de la nuit sans lune pour sortir de leurs tanières et tenter de vampiriser leurs acolytes. Ils espèrent ainsi reproduire des clones qui assureraient la continuité et la généralisation de la fraude et de la malversation. Selon l'auteur, toute personne probe et franche constitue pour eux un danger à écarter par tous les moyens, tandis que d'un point de vue de bonne gouvernance, la probité et la franchise sont inestimables au sein de l'entreprise et excusent toutes les imperfections. Pour Abderrahim Siti, le Groupe OCP doit à présent se débarrasser des modèles de management d'un autre âge.
Quelque chose dans la vie de Walter, un banal professeur d'université, se casse. Le voici conduit plus loin qu'il ne le craignait dans le théâtre des séductions pornographiques, des crimes familiers, et dans les replis sans fin de sa conscience et de son coeur mis à nu. Ainsi commence, entre dîners académiques et compétitions de culturistes, entre amitiés et trahisons, infamies et jalousies, entre scènes de drague rocambolesques ou médiocres et relations sexuelles souvent scabreuses ou parfois lyriques, la biographie d'un homosexuel métaphysique. Une vie sans relief peut se révéler monstrueuse. Mais les Leçons de nu ne portent pas sur le seul destin d'un individu singulier. C'est aussi le roman de l'Italie des années quatre-vingt. La question, alors, n'est pas seulement: que reste-t-il de nos amours? mais bien: que reste-t-il de nos rêves d'émancipation et de libération? La pornographie homosexuelle est un filtre pour raconter ce qui se joue dans les affaires des hommes et des femmes confrontés à un monde entraîné dans sa lente dérive, et il faut à Siti tout le courage et l'art de la mise à nu pour se mesurer à cette disparition. Mais il faut aussi évoquer la joie de ce roman, la joie d'aimer et d'être aimé, la jubilation de l'écriture qui joue sur tous les niveaux, qui mêle les langues et les mondes, les cultures et les bibliothèques dans une cavalcade à perdre le souffle sous le grand ciel d'incendie de l'Emilie.
Siti Walter ; Segonds-Bauer Martine ; Rueff Martin
Walter Siti est né à Modène (au nord de la Toscane) en 1947. Il s'est formé à l'École normale supérieure de Pise où il a enseigné la littérature. Critique raffiné et pugnace, on lui doit plusieurs essais importants consacrés à la poésie italienne. Il a dirigé l'édition des oeuvres complètes de Pasolini.C'est à partir des années quatre-vingt-dix que commence sa « seconde carrière »: celle du romancier. La publication de Leçons de nu chez Einaudi en 1994 marque en effet un véritable tournant. C'est le premier volume d'une oeuvre féconde: huit romans et de nombreux récits ont paru à ce jour. Parmi les écrivains de sa génération, il est aujourd'hui reconnu comme « celui qui possède le plus profondément l'art du roman ».Les éditions Verdier ont publié en 2012 Leçons de nu.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".