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La Fatigue du matériau
Sindelka Marek ; Laferrière Christine
DES SYRTES
17,00 €
Épuisé
EAN :9782940628698
La Fatigue du matériau est LE roman de la migration, une géographie de la peur qui exhorte ses lecteurs à se mettre dans la peau d'un migrant. Ici pas de réflexion politique, économique ou jugement moral, car "c'est un livre volontairement physique, chaque phrase interpelle le lecteur, et l'oblige à vivre avec le héros". La force du roman tient dans le fait que le lecteur ne consomme pas l'histoire mais la vit profondément, emporté dans le froid, la faim et le désespoir de ce que l'auteur appelle "la conscience noire de l'Europe". Sans nom, sans pays, sans destination, les héros deviennent les archétypes du migrant. Ayant perdu leurs parents dans un bombardement, deux frères ont gagne? se?pare?ment l'Europe dans des conditions inhumaines, et tentent de se retrouver dans une quête désespérée.
L'étrange cas Barbora S. Dans les années 2000, l'affaire de Kurim ébranle la société tchèque. Dans cette histoire de maltraitance infantile, une des victimes, Anna, 13 ans, s'avère être en réalité Barbora, 30 ans, et s'enfuit en Norvège, où elle devient Adam, un garçon de 13 ans! Les auteurs ont d'abord eu la volonté de raconter les dessous de cette affaire et d'exposer leurs propres théories, où se mêlent manipulation mentale, trafics en tout genre et secte millénariste. Mais à travers le personnage (fictif) d'une journaliste d'investigation, ils critiquent aussi l'emballement médiatique qui a confiné au voyeurisme. Si, sur le fond, le récit est passionnant, il est également brillant sur la forme, les auteurs se permettant des changements de style, jouant avec les cases et le découpage de l'action (la couverture annonce déjà la couleur). On est fasciné à la lecture de ce thriller psychologique. On est troublé quand on se souvient que tout cela s'est réellement passé.
Ce qui est terrible chez un enfant, ce n'est pas tellement de savoir qu'il n'est pas aimé, et pourtant c'est important, mais c'est de ne pas pouvoir aimer parce que ce noble sentiment est rejeté des autres." Ces mots bouleversants sont ceux de Daniel, un de ces "fils de Boches", de ces "enfants de la honte", ou de la "collaboration horizontale", comme les qualifiaient les patriotes zélés de 1945, les premiers à prendre la tondeuse pour stigmatiser le comportement des mères qui, aujourd'hui encore, se terrent dans la souffrance. Ces enfants maudits, niés avant même leur naissance, mis au ban la société, seraient aujourd'hui 200 000, estime-t-on à l'Institut d'histoire du temps présent. Nés de liaisons clandestines entre des jeunes appelés de la Wehrmacht, l'ennemi, et des femmes d'un pays qui les accueillait malgré lui, ces petits êtres indésirables ont grandi dans la honte, portant au plus profond de leur âme une double filiation qui a laissé chez nombre d'entre eux une plaie jamais refermée. Mis au rancard de l'Histoire, les enfants oubliés du pacte d'amitié et de réconciliation franco-allemand veulent rompre le silence. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils témoignent ici pour la première fois. Beaucoup se sont lancés sur les traces du père disparu. Certains ont retrouvé leur famille allemande en recourant aux services d'information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, la WASt, qui submergée de demandes, a décidé d'apporter son aide en éditant un petit formulaire que nous avons encarté dans cet ouvrage. D'autres "enfants" poursuivent inlassablement leur quête. Ce livre est pour eux un espoir. Puisse-t-il trouver un écho... et leur permettre de vivre leur singularité avec plus de sérénité.
Par une nuit d'hiver, sur une côte sauvage du Lac Baïkal, Michka tente d'échapper à ses poursuivants. Son peuple est celui des Evenks, de l'antique famille sibérienne des Toungouses. Le jeune fugitif a été élevé à L'école de la taïga par la chamane Rata, sa grand-mère, qui incarne La sagesse de la communion avec la nature, sait parler aux animaux et lire la forêt comme un livre... Bientôt, Michka est rattrapé. Et pourtant sa cavale ne s'arrête pas là. Le Toungouse entame en effet une quête de ses origines qui, d'une spirale à l'autre, dans un mélange poétique de souvenirs, de songes et d'action, le ramène invariablement à l'univers baïkalien. Véritable déclaration d'amour au lac Baïkal et à sa nature envoûtante, Le Cantique du Toungouse est aussi une fable écologique et poétique qui nourrit La pensée en plongeant le lecteur dans une ambiance magique.
La famille Stauffenberg sera détruite jusqu'au dernier membre", a déclaré Hitler après l'attentat manqué du 20 juillet 1944, initié par Claus von Stauffenberg. Nina, son épouse, est arrêtée deux jours plus tard, et commence alors pour elle près d'une année d'isolement : les prisons, puis le camp de concentration de Ravensbrück et, enfin, les hôpitaux. C'est sa grossesse qui l'a sans doute sauvée de l'exécution ; elle a donné naissance à Konstanze, l'auteure de ce livre, en prison. Ses quatre autres enfants sont placés par les nazis dans un orphelinat sous un faux nom, dans le but d'être adoptés. Basée sur des entretiens, de nombreux documents, lettres et archives, mais aussi des histoires orales transmises de génération en génération, cette chronique familiale se confond avec la grande Histoire dans ses moments les plus tragiques. C'est aussi une lettre d'amour de Konstanze von Schulthess à sa mère et un hommage aux héroïnes inconnues et silencieuses de la Seconde Guerre mondiale.
Zamiatine Evguéni ; Cauvet-Duhamel B ; Semprun Jor
«...On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.» Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation , au rééquilibrage psychique. C'est en 1920 que le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futures, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor. Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avait pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié. L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.» Yvon Hecht.Notes Biographiques : Eugène Zamiatine est né en 1884 à Lebedyan dans la province de Tambov. En sa qualité d'architecte naval il se rend en Angleterre pour la première fois en 1916 et y séjourne jusqu'en 1917. La même année il quitte le Parti bien qu'il fût dans sa jeunesse un bolchevik convaincu. Entre 1908 et 1913 il publie deux nouvelles, mais son prochain livre est interdit par la censure en 1914. Nous autres, écrit en 1920, ne sera jamais publié en U.R.S.S. et à la suite d'incessantes persécutions il écrit en 1931, désespéré, une lettre ouverte à Staline. Ce dernier, après l'intervention de Gorki, lui permet de quitter le pays. Zamiatine, accompagné de sa femme, se rend à Paris où il vit jusqu'à sa mort en 1937.
Résumé : Ce sont les récits des dix dernières années. Parmi eux, des oeuvres très développées, telles que La Salle n° 6, Trois années, etc., que gouverne toujours l'irrésistible simplicité tchékhovienne. Même lorsque se sent l'influence du théâtre - La Maison à Mezzanine aurait pu faire une excellente pièce, et le cinéma a "visualisé" sans peine La Dame au petit chien -, subsiste la règle d'or de la discrétion et de la vérité.
Résumé : Pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre de Tchékhov est offerte au public français sous la forme ramassée de trois volumes de la Pléiade. Le premier tome comporte le Théâtre, traduit par Elsa Triolet, y compris le Platonov, ouvre de jeunesse étrange et touffue, récemment mise à jour, qui profile en un raccourci baroque tout l'univers théâtral du Tchékhov de la maturité. Le théâtre est suivi des Récits pour la période 1882-1886. C'est l'époque des débuts de Tchékhov ; elle est dominée par sa participation aux petites revues satiriques du temps et par la veine humoristique, mais, derrière la fantaisie pittoresque, pointent déjà l'émotion et l'acuité de l'oeuvre ultérieure.