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EXPERTS ET EXPERTISES AU MOYEN AGE
SHMESP
PUB SORBONNE
30,00 €
Épuisé
EAN :9782859447151
L'historiographie récente a ouvert la question de l'expertise, sujet d'actualité, et le congrès des médiévistes, dans son déploiement international, permet de faire le point sur la pertinence de cette notion dans les sociétés européennes (voire d'Asie) pendant toute la période médiévale. Les trois quarts des communications sur les experts et l'expertise portent sur les deux derniers siècles du Moyen Age ce qui n'étonnera pas compte tenu des sources produites et conservées mais aussi en raison du développement de la procédure inquisitoire. Mais, et c'est là un apport considérable de ce volume, la notion d'expertise a été traquée dans les textes (et l'iconographie) aux époques les plus hautes et le souci de comprendre les origines de cette pratique a considérablement élargi le champ sémantique retenu par les auteurs : recherche de vérité, essai, expérimentation, consultation, conseil. Si la terminologie apparaît incertaine, la pratique l'est aussi car l'expertise est avant tout un processus évolutif qui reflète la construction sociale et politique d'une société avec ses outils intellectuels et techniques toujours en devenir. Loin de s'opposer ou simplement de se succéder dans le temps, les cultures savantes et pratiques ont permis le recours à l'expertise et en se fécondant mutuellement, elles l'ont rendu nécessaire et possible dès le haut Moyen Age. L'exigence intellectuelle d'une conduite rigoureuse se retrouve dans la disputatio des universitaires, vivier d'experts, tout comme dans l'inspection des médecins. Que ce soit la théologie, le droit, la médecine ou le savoir-faire pratique des constructeurs, toutes ces disciplines procurent des instruments intellectuels, une méthode, des références qui structurent et nourrissent l'expertise. L'expertise savante, toutefois, recherche plus à enrichir en amont les arguments nourrissant l'enquête, l'avis final étant de moindre intérêt, alors que l'expertise pratique, surtout judiciaire, relève du témoignage d'un fait, s'attache au temps de l'action et le verbe "voir" est au c?ur du processus.
Ubi papa, ibi Roma: Rome peut bien n'être pas dans Rome puisque Rome est là où réside le pape. Cet adage du XIIIe siècle exprime avec force le rapport d'identification entre la ville et le souverain, définissant la capitale par sa fonction de commandement politique. Mais elle s'applique à une capitale étrange au Moyen Age, qui se rêvait caput mundi mais peinait à s'affirmer comme capitale régionale. Qu'est-ce donc qu'une ville capitale au Moyen Age? Au-delà des fausses évidences de la continuité millénaire de la centralisation parisienne et, dans une moindre mesure, londonienne, la question est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Certes, le modèle romain de la capitale d'empire a pu se prolonger sous des formes diverses, avec Constantinople, Bagdad ou Le Caire. Mais lorsque les Carolingiens rétablissent l'empire en 800, ils ne retrouvent pas pour autant ce modèle de la capitale d'empire. Si l'on considère l'ensemble des expériences institutionnelles et territoriales de l'Occident médiéval, c'est bien la dispersion des fonctions capitales qui constitue la règle et leur concentration l'exception. En se tenant à Istanbul, à l'invitation de l'Institut français d'études anatoliennes, le XXXVIe Congrès de la Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur public trouvait un cadre monumental et historique parfaitement adéquat à son objet d'étude, à mi-chemin entre plusieurs expériences politiques que les différentes contributions ici rassemblées entendent confronter, en longue durée. Car faire l'histoire des villes capitales revient à poser la question de la diversité des modèles d'émergence de l'Etat: les rapports entre le palais et la ville, mais aussi les phénomènes de déplacement du centre de gravité des constructions territoriales, d'abandon ou de reprise de capitales, dessinent plusieurs configurations de pouvoir. Essentielle est, de ce point de vue, la question des marqueurs symboliques: une ville réussit à convaincre qu'elle capitalise différentes fonctions de commandement par des images et des rituels, des mots et des murs, la mobilisation d'une mémoire et la monumentalisation de leurs lieux. Elle peut continuer à jouer longtemps du prestige d'une capitalité évanouie. En saisissant l'impact à la fois matériel et idéel de la centralisation administrative dans la société urbaine, les différentes contributions de ce volume tentent donc de donner tout son sens à cette expression faussement anodine de "ville capitale" au Moyen Age.
Vingt médiévistes proposent dans le volume une réflexion d'ensemble sur les interactions de l'homme et du milieu montagnard au Moyen Age. Bien que l'imaginaire des hommes de ce temps l'ait décrite comme un espace inhospitalier et dangereux, la montagne ne fut en rien une barrière ou un désert. Regroupées en quatre thèmes - la montagne traversée, la montagne gouvernée, la montagne vécue, la montagne imaginée - les contributions s'interrogent sur les spécificités des communautés montagnardes, sur leur contrôle du milieu, sur la recherche de leur identité et de leur autonomie. Mais si l'image de Guillaume Tell, champion d'une communauté résistant à tout contrôle politique, hante encore notre mémoire contemporaine, les sociétés montagnardes médiévales ont toujours été partie prenante dans le jeu complexe des pouvoirs, qui les mettait aux prises avec les seigneurs locaux, les villes et le prince territorial.
Le Moyen Age apparaît, à bien des égards, comme un âge d'or des ports. Et d'abord parce qu'il fut une grande époque de navigation. La mer et le fleuve génèrent en effet des déplacements, des passages, des échanges en des sites soigneusement choisis et construits par l'homme. Ce sont ces sites maritimes et fluviaux, désignés par des termes issus du vieux nordique hofn ou du latin portos, qui font l'objet des études rassemblées ici. Répondant à l'invitation de la jeune université de La Rochelle, la Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur public y a tenu son XXXV"congrès en juin 2004. Comme il se devait dans un port atlantique et un lieu hautement symbolique, le thème retenu, Ports maritimes et ports fluviaux au Moyen Age, touchait aux déplacements par voie d'eau. Les actes de la rencontre traitent donc de la navigation, mais aussi de toutes les activités qui lui étaient liées et des hommes qui s'y consacraient ou qui en dépendaient. Des rives de l'Atlantique à celles de la mer Noire et de la Baltique, en passant par la Méditerranée, et sans oublier les grands fleuves, ces études tirent partie des progrès de l'archéologie et d'une attention critique aux sources écrites pour reconstituer la topographie des sites portuaires, la variété des activités et des métiers liés aux fonctions des ports, les configurations des réseaux d'échanges, construits ou non, ainsi que les mécanismes de prélèvement fiscaux et de contrôle des activités de ces lieux singuliers. Elles mettent ainsi en lumière les systèmes portuaires reliant les fleuves aux bassins maritimes, ainsi que les changements intervenus au cours des dix siècles médiévaux, en particulier de part et d'autre de la césure du XIIIe siècle."
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
La musique a-t-elle un genre ? " : dans les milieux autorisés, la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant ! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes. Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations. Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente. Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.