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Ecrits de combat précédé de Shelley, un exilé parmi nous
Shelley Percy Bysshe ; Rabbe Félix ; Savine Albert
INSOMNIAQUE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782915694468
Le poète anglais Percy Bysshe Shelley (1792-1822), né riche, choisit le camp des pauvres et préféra renoncer à la fortune paternelle plutôt que d'abdiquer sa liberté, en amour comme en littérature. Indissociables, sa courte vie et son oeuvre fulgurante furent à la fois une excursion dans les hautes terres de la révolte et une quête passionnée de la vérité. Shelley fut exclu d'Oxford à 18 ans pour avoir publié coup sur coup un éloge du régicide et une apologie de l'athéisme. Il prit publiquement la défense des tisserands briseurs de machines et des ouvriers radicaux pourchassés par le pouvoir. Son poème philosophique La Reine Mab fut le livre de prédilection du mouvement ouvrier anglais aux premiers temps de la résistance au capitalisme. On le faisait circuler sous le manteau, on en récitait des passages entiers lors des réunions séditieuses. Inédites à ce jour en français, les longues notes de La Reine Mab se lisent comme une succession de pamphlets : réfutation du christianisme et de tous les despotismes, louange de l'amour libre, plaidoyer pour une vie naturelle... Outre ce classique de la subversion, on trouvera dans ce recueil L'Adresse au peuple sur la mort de la princesse Charlotte, publiée après l'exécution d'agitateurs en 1817 ; Julien et Maddalo, poème autobiographique relatant ses échanges avec son ami intime le flamboyant lord Byron ; La Mascarade de l'Anarchie et cinq autres poèmes écrits à la suite du massacre de "Peterloo" en 1819, lorsque le gouvernement fit sabrer la foule ouvrière à Manchester. S'y ajoutent une pièce de théâtre satirique, raillant les gouvernants ubuesques de son époque, Oedipus Tyrannus, et divers petits poèmes et fragments, qui ont en commun d'être écrits avec une plume acérée au service d'un esprit libre et élevé, voué à la haine des bien-pensants et à l'exil.
Ode au vent d'Ouest fait partie des pièces les plus célèbres de Percy Bysshe Shelley, grand poète classique d'Angleterre, figure mythique et controversée du romantisme britannique. Anarchiste et partisan de l'amour libre, il était perçu par ses contemporains comme le diable incarné, avant de devenir une idole pour les générations de poètes à venir. Ce poème est notamment suivi d'Adonaïs, une élégie d'une rare sensibilité sur la mort de John Keats.
Victime d'un père débauché, brutal et incestueux, personnage sadien avant la lettre, Béatrice Cenci le fait assassiner avec la complicité de la seconde épouse de celui-ci et de son frère, Giacomo, lors d'un séjour au château de Petrella. Ce meurtre une fois découvert, ils sont condamnés à mort et, malgré l'émotion populaire, le pape Clément VIII leur refuse sa grâce. En 1819, Shelley, en exil en Italie, ému par le portrait de Béatrice Cenci peint par le Guide, s'empare de ce fait divers devenu historique pour écrire une tragédie. C'est en même temps, pour le poète, l'occasion de s'attaquer à un genre qu'il n'a pas encore pratiqué et de changer sa manière d'écrire : " j'ai pris grand soin d'éviter d'introduire ce que l'on appelle communément de la poésie pure " (écrit-il dans la préface de sa pièce, également traduite par Robert Davreu et qui montre combien le poète anglais a eu le souci de la précision jusqu'à l'observation minutieuse des détails du Palais des Cenci). Mais, derrière la forme, il s'agit surtout pour lui d'explorer plus avant, à travers son identification à la figure féminine à la fois énergique et douce de Béatrice, l'inconscient de sa propre rébellion tenace face à toutes les figures du pouvoir et de l'autorité.
Le narrateur est interpellé dans son jardin par une cucurbitacée, qui se présente sous le nom de professeure Coloquinte. Elle lui confie la tâche de recenser les multiples dangers qui menacent la vie sur terre en raison de ce "putain de facteur humain", comme dirait Hubert Reeves. Au fil d'une enquête sur les méfaits mortels des pesticides, l'enfouissement irresponsable des déchets nucléaires, les tonnes de gaz à effet de serre expédiées dans l'atmosphère, le narrateur prend conscience de l'emballement des nuisances écologiques provoquées par l'espèce humaine. Il comprend aussi qu'elles sont inéluctables, en raison de la nature même du mode de domination actuel, et seront bientôt irréversibles si la dictature du fric n'est pas renversée au plus vite.
Machiavel Nicolas ; Guiraudet Toussaint ; Della Bo
Florence, été 1378 : les ouvriers de la laine s'insurgent contre l'oligarchie qui gouverne la république toscane. Ils réclament une répartition plus équitable des revenus de l'industrie textile et une démocratisation du système corporatif qui régit la cité. Ils s'emparent de la ville et imposent de nouvelles institutions plus égalitaires. Trahis par leurs alliés au sein de la bourgeoisie ascendante, ils perdront, après une répression féroce, tout ce qu'ils ont conquis. Puis les anciens maîtres reviendront, chassant les démagogues qui ont manipulé et dupé le petit peuple. "Qu'on se garde d'exciter une sédition dans une ville en se flattant de pouvoir l'arrêter ou la diriger à sa volonté". Telle est la célèbre maxime qu'illustre Machiavel dans le récit de cette première révolte ouvrière majeure de l'histoire. Ce récit prenant et magistral vient comme une évidence côtoyer les autres titres de la collection Petites Insomnies, vouée aux petits classiques de la subversion à travers les âges. Il contient notamment la célèbre harangue aux Ciompi, diatribe très incendiaire dans laquelle Machiavel se drape dans les haillons d'un tribun du peuple pour mettre en garde les puissants contre les nouveaux dangers qui menacent leur domination et tout l'ordre social. C'est un toute autre Machiavel que celui du Prince qui se révèle dans ces lignes, tirées des Histoires florentines : ici la plèbe des villes n'est plus seulement une masse que l'on trompe et manipule, c'est l'acteur majeur de l'histoire, comme aux temps des Gracques ou des révolutions populaires de siècles plus récents.
Bertrand André ; Schneider André ; Dumontier Pasca
En 1966, un groupe d'étudiants contestataires fut élu à la tête de l'AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), alors branche locale de l'UNEF. Leurs sympathies allaient aux anarchistes, à Max Stirner, à Makhno et à Durruti, mais aussi aux surréalistes et aux dadaïstes. Les contacts pris par certains d'entre eux avec l'Internationale situationniste se concrétisèrent par la rédaction de l'emblématique pamphlet De la misère en milieu étudiant. Les prises de position publiques et les actions concrètes qui entourèrent la diffusion de ce brûlot ne laissaient aucun doute : ces étranges et dangereux élus syndicaux oeuvraient à la dissolution de leur syndicat après avoir dilapidé ses fonds en fêtes et en propagande subversive. Ils ne visaient rien d'autre qu'au renversement révolutionnaire de la société - dans le but de libérer la vie quotidienne de l'aliénation du travail salarié, pour "vivre sans temps mort et jouir sans entraves". Ces exigences élémentaires et leur début d'application causèrent un immense scandale, relayé largement par la presse de l'époque, tant en France qu'à l'étranger. On s'accorde à dire que ce scandale fut à la fois le prélude et le ferment des événements de Mai 68. Il est raconté ici pour la première fois en détail par deux de ses principaux acteurs. Les documents et les témoignages qui étayent leur récit dévoilent les dessous de cette aventure, qui propulsa les situationnistes - leur style et leur critique radicale - sur le devant de la scène médiatique.