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Nouvelles du monde
Serres Michel
FLAMMARION
15,50 €
Épuisé
EAN :9782080355430
... sur le Pont-de-Pierre, les cochers arrêtent les carrioles, pour assister au dénouement. - Ah ! Pompon, tu mords, ah ! tu veux me mordre, vieux bandit. Le marinier crie et tire sur la bride pour abaisser le museau et l'encolure de la bête fière qui se lève sur les jambes arrière, verticale, et agite follement les sabots avant, comme pour casser la tête de cet homme qui, aussi orgueilleux que l'animal, le défie des mains, de la voix et des yeux. - Ah ! tu mords, et tu crois, pauvre couillon, que moi, je ne sais pas mordre comme toi... Que fait-il, mon Dieu... Denis tremble de la bataille, comme tous les spectateurs. - Ah ! tu mords et tu crois, imbécile, que c'est toi, le patron. Denis Montignac en sourit, maintenant ; il a vu partout le combat des chefs se jouer, parmi les bêtes sociales ; la dominance des mâles fait couler le sang. - Tu te trompes, Pompon, tu te trompes beaucoup... Ici, le patron, ce n'est pas toi, c'est moi ! Les lavandières frémissent. Dans ces nouvelles, les paysages jouent un rôle aussi central que les contes et les personnes, parce que chaque récit naît de la vie commune de femmes et d'hommes avec un pays qui les émerveille, et qu'en retour ils enchantent. Ainsi, croyant décrire un paysage, le conteur dit l'univers et, à donner des nouvelles d'un tel, il en dit de tout le monde.
Résumé : Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l'auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d'abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres. Devant l'enthousiasme qu'il a suscité et les nombreuses demandes qui nous sont parvenues, nous avons décidé de le publier sous forme d'un tout petit livre : " Dix Grands Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : " C'était mieux avant ". Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. "
4e de couverture : Peut-on considérer la nature comme un sujet de droit ? Comme maîtres et possesseurs, nous la dominons et la réduisons au statut d'objet. Pourtant, cette nature nous reçoit, nous accueille et nous fait vivre. Si nos extractions et nos exploitations la mettent en danger, la menace se retourne aujourd'hui contre nous. La nature nous conditionne et, désormais, nous conditionnons la nature. Ancienne et nouvelle, cette interdépendance appelle, pour Michel Serres, l'établissement d'un « contrat naturel », fondement d'un droit nouveau, d'une symbiose vitale, qui termine par un pacte la guerre que nous menons contre la nature. Passé entre les humains et le monde, jadis laissé hors-jeu par le contrat social, le Contrat naturel octroie une dignité juridique à la nature et définit les devoirs de l'humanité envers elle.
4e de couverture : Pour les religions monothéistes comme dans les anciennes légendes, l'Ange est avant tout un porteur de messages. Or, nos sciences et nos techniques produisent aujourd'hui cent métiers de communication, autant de réseaux mondiaux, une ville sans limites, d'incessants déplacements qui dessinent la carte d'un nouvel univers, et induisent des problèmes planétaires, portés sans cesse vers nous par mille messagers. Mais cette messagerie universelle s'accompagne d'indicibles injustices, d'une misère croissante, de famines et de guerres, d'une révoltante inégalité. Dans ce monde de flux et de réseaux, où Prométhée a fait place à Hermès, peut-on lire réalisée, partout autour de nous, une nouvelle légende des Anges, avec échangeurs et annonceurs, toiles et passages, chutes et Démons, Puissances et Dominations, quête de miséricorde... ? C'est en tout cas ce que nous conte ici Michel Serres, tissant, au fil d'une série de dialogues fictifs qui convoquent ensemble sciences, droits et religions, une nécessaire philosophie de ces nouvelles relations.
« Voici sans doute mon dernier livre. Il varie sur les deux origines du mot religion, l'une probable, l'autre usuelle : relire et relier. Il ne cesse, en effet, de relire les textes sacrés tout en cheminant le long des mille et une voies qui tissent le réseau global de nos vies, de nos actes, de nos pensées, de nos cultures. En cela, il conclut quelques décennies d'efforts consacrés à lier toutes opérations de synthèse. À l'âge analytique - celui des divisions, décompositions, destructions, y compris celle de notre planète - succède celui de la synthèse et de la reconstruction. Nos problèmes contemporains ne peuvent trouver que des solutions globales. Comment ne point finir par le religieux, dont on dit qu'il relie, selon un axe vertical, le ciel à la terre, et, horizontalement, les hommes entre eux ? » Michel Serres