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La Guerre mondiale
Serres Michel
POMMIER
7,90 €
Épuisé
EAN :9782746505254
OuverturePendant mon enfance, l'adolescence et le premier âge adulte, cinq à six guerres ont blessé ma formation et mes débuts dans la vie. Cette saignée du corps et de l'âme a duré de si longues années que je ne puis méditer sur ces conflits sans une émotion dont parfois l'intensité risque de déformer les faits, ici, mais les vivifie. Je parlerai de ce que j'ai vu, vécu et ressenti jusqu'à une souffrance dont je n'ai pas toujours conscience de la cruauté. Je pense, j'agis, je mourrai marqué de ce fer rouge, d'abandons certes, mais d'abord de violence et de meurtres.Premier jourRarissime en nombre, ma génération eut la chance simple de naître, puisque la précédente, par millions, avait pratiquement disparu dans la boucherie des tranchées, en 14-18; souffreteux, mon père avait été gazé à Verdun; athée, il s'était converti, dans l'enfer, sous les éclats des schrapnells et le tonnerre de la Bertha, parmi des jonchées de cadavres. Il ne voulut jamais parler de ce fragment de sa vie. Dans son collège, seule ma mère se maria, ses autres amies, promises blanches, pleurant toutes la perte d'un parrain, d'un fiancé ou ami possibles dans le tas de ce charnier. Le long de Garonne où je passai mes années d'attente, hors de notre habitat seulement jaillissaient des enfants piaillants; les maisons voisines abritaient de jeunes et de vieilles veuves, fantômes solitaires, lents, silencieux, vêtus de noir. Les champs alentour de la ville restaient en friches, faute de cultivateurs, socs, jougs et granges en déshérence.Gaie de l'électricité nouvelle, Paris, capitale culturelle, littéraire, musicale, chansonnière... s'amusait, dit-on; la province, la campagne, hagardes, se taisaient entre billons et sillons, car sa jeunesse paysanne dormait, dépenaillée en guenilles de fantassins, sous des stèles parallèles alignées jusqu'à l'horizon. Nous n'évaluons jamais la drogue narcotique de la question: qui va gagner? Ou la torpeur narcissique de l'avoir emporté. Oui, Paris avait gagné la guerre, dite Grande, et s'adonnait à la fête, alors que le peuple de France avait perdu ses jeunes et ses mâles; cette foule du silence haïssait déjà la violence, la politique désuète et la cruauté délirante de l'Histoire. Elle refusa l'affrontement de 39 et fuira tout autre massacre à venir. Elle a payé à jamais pour sa paix.Car la guerre de 14 connut d'abominables tueries.Mes premiers souvenirs datent de 1936, où, vers mon Sud-Ouest natal, affluèrent d'Espagne des réfugiés, rouges et blancs mêlés, dont une seule et même voix, proche de notre patois, racontait des atrocités, tortures extrêmes et sophistiquées, cadavres, froid et famine, insupportables à l'enfance. Il fallut les nourrir, les panser, les loger, leur trouver du travail. Leur guerre civile avait atteint un degré de barbarie analogue à celui dont j'avais failli ne pas naître.Car la guérilla d'Espagne connut d'abominables tueries.(...)
4e de couverture : Pour les religions monothéistes comme dans les anciennes légendes, l'Ange est avant tout un porteur de messages. Or, nos sciences et nos techniques produisent aujourd'hui cent métiers de communication, autant de réseaux mondiaux, une ville sans limites, d'incessants déplacements qui dessinent la carte d'un nouvel univers, et induisent des problèmes planétaires, portés sans cesse vers nous par mille messagers. Mais cette messagerie universelle s'accompagne d'indicibles injustices, d'une misère croissante, de famines et de guerres, d'une révoltante inégalité. Dans ce monde de flux et de réseaux, où Prométhée a fait place à Hermès, peut-on lire réalisée, partout autour de nous, une nouvelle légende des Anges, avec échangeurs et annonceurs, toiles et passages, chutes et Démons, Puissances et Dominations, quête de miséricorde... ? C'est en tout cas ce que nous conte ici Michel Serres, tissant, au fil d'une série de dialogues fictifs qui convoquent ensemble sciences, droits et religions, une nécessaire philosophie de ces nouvelles relations.
Philosophe, membre de l'Académie française, professeur à Stanford University, Michel Serres est l'auteur de très nombreux essais dont, notamment, la série des Hermès (Minuit), Les Cinq Sens (Grasset), Le Tiers-Instruit (Bourin), La Légende des Anges (Flammarion) et plus récemment Hominescence et En amour sommes-nous des bêtes? (Le Pommier).
Résumé : Dans cet essai fondateur, d'une actualité brûlante plus de 30 ans après sa première parution, Michel Serres définit les concepts d'une philosophie universelle de l'écologie. A partir du constat de l'impact des activités humaines sur l'équilibre global de la planète, qui atteste que l'humanité est devenue équipotente à un Etre-Monde, le philosophe démontre l'irruption du Monde comme acteur majeur de l'Histoire. L'état de violence "sans limite" entre l'Homme et le Monde appelle l'élaboration d'un nouveau droit, à fonder sur un Contrat naturel qui complèterait le Contrat social établi entre les hommes. 30 ans après sa parution, l'ouvrage n'a rien perdu de son caractère visionnaire. On n'a même jamais eu autant besoin de le relire...
Michel Serres a consacré sa vie à essayer de décrire la formidable transformation du monde présent. Dans ce livre, parfois un peu nostalgique, il se souvient du monde qu'il a connu dans sa jeunesse : la drague et les paysans d'Agen, le rugby, les paysages et les chemins, Garonne ! Mais aussi les pays qu'il a découverts ensuite et aimés, le Queyras, la mer... le monde ! Au travers de ces évocations, il nous fait réfléchir sur les transformations auxquelles nous avons assisté : l'évolution de la ville et la campagne, ce que signifie émigrer, les potentiels extraordinaires du corps, l'encyclopédie et l'enseignement, et, toujours, le rugby !
Résumé : Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l'auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d'abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres. Devant l'enthousiasme qu'il a suscité et les nombreuses demandes qui nous sont parvenues, nous avons décidé de le publier sous forme d'un tout petit livre : " Dix Grands Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : " C'était mieux avant ". Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. "
Voici l?histoire d?un amoureux de la vie et d?un curieux du monde. Fils de marinier, homme de la terre, rugbyman, ancien de l?école Navale, philosophe, historien des sciences, académicien, 85 ans et plus de 50 livres, Michel Serres a voulu faire le tour du monde, des lavoirs et des cultures. Son oeuvre foisonnante, imprévisible, inclassable prend la forme d?une Pantopie : du grec "pan" ("tous") et "topos" (le "lieu"). Avec comme devise "penser, c?est anticiper", il a vu venir avant tout le monde les grandes révolutions de notre temps : l?avènement des communications, le souci du corps, la crise de l?écologie, la révolution numérique, la métamorphose du religieux. Pour saisir chacun de ces événements, il a forgé des concepts nouveaux, de Hermès à Petite Poucette, qui leur donnent une incarnation concrète et vivante.
Le pari de cet ouvrage jubilatoire : montrer que les citations, ces expressions figées dans le marbre, parfois énigmatiques, qu'on manie sans trop y penser, sont en fait un moyen simple et agréable d'aborder l'extraordinaire histoire des sciences qui a, directement ou indirectement, façonné nos sociétés. Du célébrissime "Eurêka !" d'Archimède au provocateur "Personne ne comprend la mécanique quantique" de Richard Feynman en passant par le "Si j'ai vu plus loin, c'est en me juchant sur les épaules de géants" de Newton et le "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" de Lavoisier, l'ensemble forme, en effet, une petite histoire des sciences, aussi originale qu'accessible. Au fil de citations célèbres mais aussi de citations insolites (qui gagnent à être connues !), vous découvrirez toute la richesse de la pensée qu'elles recèlent. Car la science est humaine, avant tout !
Défendre l?environnement revient-il à défendre notre bonheur? Quelques pays ouvrent la voie ? Costa Rica, Bhoutan ? avec des programmes de développement novateurs. Il n?empêche, le tableau reste sombre: l?homme est déjà sévèrement séparé de la nature et il existe un clivage immense entre pays riches et pays pauvres. Les conséquences de ce double constat: émergence de nouvelles maladies ainsi que de nouvelles sources d?insécurité pourraient en être les premiers symptômes. Cet ouvrage offre une synthèse claire, remarquablement documentée, de l?interaction entre le bonheur humain et l?environnement. Il témoigne de l?importance pour l?homme des satisfactions émotionnelles et spirituelles qu?il éprouve au travers de l?expérience de son appartenance au monde naturel.
Résumé : La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. "Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés" , note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un "exposé sommaire" . "L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention". Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables. C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs. Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.
Résumé : Et si nous vivions dans une société bavarde où le dialogue n'existe plus ? Marylin Maeso, jeune philosophe camusienne, y voit un vrai danger. Polémiques systématiques, procès d'intention, culture de l'esquive... : médias et réseaux sociaux menacent la fluidité des débats et tendent à délégitimer l'adversaire plutôt que d'écouter ses arguments. Dans cet ouvrage décapant, Marylin Maeso analyse les mécanismes et les enjeux de ce phénomène. Pour elle, le fait que notre époque soit à la fois celle de l'hyper-connectivité et celle de la substitution de la polémique au dialogue n'est pas le moindre de ses paradoxes !
Résumé : "Réactionnaire, disent-ils. Le moment m'a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l'heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l'autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "A chacun sa vision des choses". Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l'a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu'on pense est autre chose". C'est cet "autre chose" que j'ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n'est pas coutume, à la première personne". Alain Finkielkraut.
Résumé : "Cher Alain, Nous avons donc décidé d'échanger des lettres plutôt que de nous entretenir de vive voix. Malgré mon goût de l'affrontement, je craignais de me heurter en temps réel sur du non-négociable et de voir bientôt se lézarder une chère et ancienne amitié". "Chère Elisabeth, En refusant la violence du tac au tac, tu ne t'es pas dérobée, tu as opté pour la franchise de l'écriture. Les impondérables de la conversation ne t'auraient peut-être pas permis de me dire aussi crûment ce qui te brouille continuellement et solitairement avec moi". Correspondance épistolaire qui donne lieu à un débat passionnant, En terrain miné est la rencontre de deux esprits politiquement opposés, unis par une amitié philosophique.