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La Révolution oubliée. Orléans, 1789-1820
Serna Pierre
CNRS EDITIONS
26,00 €
Épuisé
EAN :9782271152312
Il ne se serait rien passé à Orléans pendant la Révolution. La ville aurait évité tout excès. Aucune rue, aucune plaque, aucun monument ne vient dire quel fut cet événement. Est-elle restée à ce point en marge de la Révolution ? Marché des céréales, centre de redistribution de munitions et d'armes, Orléans se trouve à la fin du XVIIIe siècle au coeur de la prospérité du royaume. Pleinement engagée dans la mondialisation des échanges, la ville a notamment construit sa richesse sur la traite négrière, avec son port qui reçoit des marchandises coloniales et ses manufactures qui offrent le sucre le mieux raffiné de France. Sa stabilité politique est stratégique ; l'ordre public doit régner. La Révolution est pourtant bel et bien passée par là, transformant et divisant profondément la cité. Pierre Serna porte un nouveau regard sur cette histoire effacée pour lui rendre la force de ses débats, de ses tensions sociales, de ses luttes. Il propose une histoire au plus près des citoyens-citadins et de leur quotidien. Raconter Orléans en Révolution, c'est penser l'événement du local au global. C'est aussi penser les revirements politiques et compromissions, comme les angoisses et espoirs d'une période qui ne cesse de nous interpeller.
La vie politique fourmille de personnages changeant au gré des majorités qui se font et se défont, encore davantage depuis 2017 et le chamboulement de l'échiquier traditionnel. Mais comment la girouette est-elle née dans la culture politique française ? De quelle façon réapparaît-elle lors de chaque crise et de quelle manière désorganise-t-elle la vie parlementaire ? La littérature pourrait donner un début de réponse. Un personnage de fiction surgit ais XIXe siècle : le transfuge, qui, sous le visage de l'arriviste cynique, contribue au façonnement de l'archétype du "Judas politique" moderne. Pourtant tout n'est pas sorti de l'imagination des romanciers. Le transformisme idéologique provient de l'expérience traumatisante que les Français ont connue entre 1814 et 1816, lorsque se succèdent à une cadence soutenue Napoléon et Louis XVIII, lorsque les serments de fidélité ne durent que quelques semaines... La girouette en soi vaut surtout par ce qu'elle révèle : la construction d'un pouvoir exécutif qui ne peut plus s'appuyer sur un pouvoir d'origine divine. Le personnage-caméléon incarne alors un technicien de la politique ou un professionnel de l'administration, ou un nouvel homme apparu dans la société civile, dont la vocation consiste à faire marcher la chose publique au-delà des opinions ou des contingences idéologiques. Pour cela, mieux vaut se trouver en un centre politique, mieux vaut être capable de s'adapter et de saisir rapidement les leviers du pouvoir en toutes occasions, afin de rejeter à la périphérie les radicaux et les perturbateurs de l'ordre public. L'authentique anomalie de la vie politique française ne serait pas cette lutte entre "blancs" et "rouges" depuis deux siècles, mais l'émergence d'un centre invisible et pourtant omniprésent. Qui mieux que le général accomplissant le coup d'Etat du 19 brumaire a perçu cet "extrême centre" lorsqu'il résumait ainsi son programme politique "Ni talons rouges, ni bonnets rouges"? Ce livre n'interroge pas seulement l'archéologie d'une figure politique instable du passé. Il donne une clé pour comprendre, du point de vue institutionnel et politique, la situation dans laquelle se trouve la France depuis 2017, avec un pouvoir législatif affaibli et un pouvoir exécutif trop fort, risquant de faire basculer la France dans une république autoritaire.
Résumé : Le premier et le troisième dimanche de mars 1789, sur ordre du roi Louis XVI, 27 millions de Français ont été invités à exprimer leurs doléances : 60 000 cahiers ont été ainsi rédigés. Publiés pour la première fois en fac-similé, ces inédits vibrent de l'espoir d'un monde nouveau. Les extraits choisis aux cinq coins de l'hexagone incarnent la France des villages et des campagnes mais aussi des grandes villes. Organisées par thèmes et commentées par Pierre Serna, historien de la Révolution française, les doléances de nos ancêtres résonnent d'un écho singulièrement proche : la dénonciation de taxes et d'impôts abusifs, la réclamation de la fin de l'arbitraire et d'une même justice pour tous, et, par-dessus tout, l'exigence de liberté. Dessins et caricatures illustrent l'exaspération d'une société au bord de l'explosion.
Résumé : Un peu plus de cinquante ans après sa conceptualisation, qu'en est-il de la " Révolution atlantique " proposée par Robert Palmer et Jacques Godechot? Une ère de la liberté, celle des démocraties modernes, celles des républiques fondées autour d'un État-nation, allait naître, après 1789, non sans heurts ni violences, mais avec une matrice commune, construite de part et d'autre de l'Atlantique sur la certitude de garantir les droits de la souveraineté des nations par la rédaction de constitutions et sur la conviction de devoir protéger les libertés individuelles par l'octroi de droits imprescriptibles à chaque citoyen, (mais différents pour les citoyennes), politisé et responsable. Dans cette perspective, il est temps de déconstruire le mythe d'une France comme la " Grande Nation " (première grande manipulation langagière de Bonaparte) mais de considérer le Directoire (1795-1799) comme une république européenne, un carrefour d'expériences largement partagées au niveau d'un continent encore en guerre. Ainsi, le Directoire, et malgré tous ses défauts sans cesse exagérés depuis deux cents ans, doit retrouver la dimension d'un laboratoire des sciences politiques ouvert sur le monde américain, européen, mais aussi sur la Méditerranée. Ce volume permet d'interroger la façon dont les différentes révolutions et républiques se sont plus qu'enchaînées, emboîtées, comment elles se sont regardées et comprises, comment elles ont reçu et assimilé les nouvelles des changements radicaux dans d'autres espaces politiques et géographiques, et en retour comment elles ont honoré ou stigmatisé d'autres expériences de rupture. Cela autorise aussi à penser la façon dont leur parcours spécifique a engendré des modèles différents : républiques démocratiques, fédérales, consulaires, laïques ou fortement marquées par le fait religieux...
Les historiens vivent, travaillent et pensent dans la cité. Un mois après le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, quelques-uns d'entre eux se réunissent à l'Ecole Normale de la rue d'Ulm, pour penser ensemble comment depuis le XVIe siècle le rire a été une puissante arme politique, utilisée sous diverses formes, de la dérision subtile au rire féroce, en passant par la franche moquerie de l'adversaire. Le rire est un marqueur d'intelligence, de culture ; il s'inscrit durant les périodes de violence tel un processus de civilisation, forme de continuation d'une lutte sans effusion de sang. Les censeurs et les ignorants tentent de l'interdire, mais il reparaît toujours... Expliquer les rapports conflictuels entre l'invention du rire et la construction de la politique depuis Machiavel et Rabelais permet d'éclairer les ruptures actuelles d'un monde globalisé où la question du rire politique repose celle de la liberté d'expression et de conscience, au coeur d'une cité républicaine meurtrie et à repenser.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.