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L'été des jeunes filles
Serguine Jacques
MERCURE DE FRAN
15,20 €
Épuisé
EAN :9782715225398
La culotte, très blanche, me paraissait immense, haute, large. Je la baissai vite sur les cuisses claires. Le derrière de bébé, clair lui aussi, était bien bombé, mais, comme je l'avais supposé, manquait de dessin. Un derrière de gros bébé, fade, plus émouvant qu'excitant. Je ne le regardai ni ne le vis guère. Administrer une fessée, selon moi, implique un traumatisme tout autant pour le donneur. Je fessai la petite, non pas de toute ma force cela va de soi, mais en conscience. Ce postérieur enfantin ou presque et ce que je faisais me déplaisaient passablement. La petite eut le courage de ne pas crier ni pleurer. Aussitôt fini, je remontai la culotte, descendis la jupe sur les absurdes socquettes blanches. - Maintenant, je vais m'occuper de Danièle. " Pour que la petite fille de la voisine, colérique et intenable, se tienne tranquille, le narrateur propose un pacte à la mère dépassée : il représentera l'autorité paternelle et viendra régulièrement administrer des fessées à la petite. Principe d'éducation qui aura un corollaire, par pur souci d'équité : la mère devra systématiquement subir le même châtiment que sa fille...
L'amitié, les goûts ou les dégoûts, la passion de la justice, l'impatience de vivre sont des patries plus certaines que le clocher d'un village : Alexis Kochévoï, d'origine ukraino-russe, Pierre Tanneguy, un Breton du Morbihan (il considère la Bretagne comme la Russie de la France), Michel le méridionnal et Paul, originaire d'on ne sait où, sont amis. Ces mousquetaires sans épée se perdent, se retrouvent : ensemble à Paris, à Rome, aux Baléares, ils ont le sentiment d'emporter la vie comme un lumineux trophée, de la choisir, dans le meilleur des cas, de la modifier. Bien entendu les femmes troublent la fête et la rendent plus piquante.
Un homme qui vieillit a vécu dix ans avec une jeune femme. Elle riait tout le temps et elle lui était douce. Lui s'est toujours vu lui-même, et socialement a toujours été vu, comme une espèce d'ours, indifférent à l'ambition, à l'argent, à ce qu'on appelle la gloire. Respecté pour son obstination et pour son exigence, mais mal à l'aise dans le monde créé par les hommes. Il aura été un grand vivant sans croire à la vie.Le fil et la texture du récit obéissent au mécanisme même du chagrin: ses images et ses souvenirs lancinants, tristes ou heureux, ses contradictions apparentes. Images toutes proches et violentes du deuil. Images plus lointaines, et pourtant plus intenses, comme dans Proust, baignées de la magie lumineuse du temps, des jours où l'on s'aimait, où l'on croyait être aimé. Et puisqu'on le croyait, on l'était, on était heureux. La vie elle-même ne serait qu'une sorte de croyance à la fin.
Résumé : Arrivé au milieu de sa vie, le narrateur s'installe à Baden, en Suisse, pour observer et réfléchir. Qui est-il ? Et qui sommes-nous ? Plutôt pourquoi vivons-nous encore ? Nous avons tout épuisé : la réalité, puis les mythes, et nos rêves mêmes. Les Abois, ce sont les derniers cris de fureur d'un homme que cet appauvrissement enrage. S'agit-il du journal d'un fou ? Oui, sans doute. Et cet auteur est-il un enragé ? Oui, encore, incontestablement, puisqu'il dit, puisqu'il croit qu'est venu le temps où la force et la rage font plus que la patience.
Socialiste convaincu, John Reed (1887-1920) débarqua à Petrograd à l'automne 1917 pour rendre compte des bouleversements politiques de la Russie post-impériale. Parce que sa qualité de correspondant américain lui donna accès aux cercles les plus divers et qu'il joignit au sérieux de l'exposition des faits la volonté de donner un contour palpable à la foule des insurgés, il dressa un tableau incroyablement vivant des événements qui permirent aux bolcheviks de s'emparer du pouvoir. Publié pour la première fois en France en 1927, ce témoignage historique exceptionnel est également une grande leçon de journalisme.
Résumé : Le jour baisse déjà lorsqu'ils franchissent un mur de pierres sèches pour se frayer un chemin en direction d'une petite baie. "Ferme les yeux, Martha, et attends que je te dise de les rouvrir". Puis au détour d'un rivage, il dit : "Maintenant". Devant eux, le ciel est en feu, rouge sang et or. Peu à peu il s'assombrit, devenant violet, puis noir, avant que la grande boule de feu ne tombe dans la mer. C'est sur la côte ouest de l'Irlande, au sein d'une nature sauvage, âpre et magnifique à la fois, que Martha, qui vit et enseigne à Londres, est venue faire le point sur sa vie. Son mari, irlandais, brutalement décédé, possédait là-bas un cottage, dans son village natal, face à l'océan et aux inquiétantes îles Skellig. Il y allait souvent - seul ? - et elle plus rarement. Il y a la pluie, les embruns, les feux de tourbe, d'incroyables couchers de soleil, les pubs enfumés où tout le monde chante de vieilles balades. Et des rencontres, souvent inattendues.
Résumé : Laure avait des mots d'amour mais pas les preuves : Vincent n'évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible. Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l'imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s'inquiète, s'agace, glisse de l'incertitude à l'obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d'une histoire d'amour ou bien une illusion qui se brise ? Subtile analyste du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d'aimer et signe aussi un roman d'amour intemporel sur l'éveil du désir, l'attente, le doute, le ravissement.
Nos manuels d'histoire ne nous en citaient qu'une réplique, de loin en loin. On brûlait alors d'en savoir davantage, d'entendre toute la séance, d'y être. Nous y sommes : voici les procès-verbaux authentiques, officiels et intégraux des grandes audiences du Tribunal révolutionnaire. Documents inestimables, ils restituent toute une époque, dans son tragique presque quotidien, dans ses peurs et ses faiblesses, dans sa grandeur aussi. Ils redonnent également vie aux hommes et aux femmes de premier plan de ce temps : Robespierre et Danton, les Girondins et Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte Corday et d'autres encore. Rien de plus pathétique ici que la froideur sèche du compte rendu : elle nous installe, si l'on peut dire, en direct avec les accusés, comme à la lecture du reportage d'un envoyé spécial sous la Terreur.