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Les fiévreuses
Serena Jacques
ARGOL
15,20 €
Épuisé
EAN :9782915978049
(...) L'endormie a un corps longiligne et inerte. Des mèches sur le visage, que j'écarte délicatement, mèches plus ou moins collées, visage laiteux. Je souligne, d'un doigt, le profil. M'attarde un peu sur la bouche entrouverte, pulpeuse mais sèche, deux tranches d'orange d'été. Je sens les petites canines proéminentes, juste trop. Laisse aller, ma main, sur un sein infime, nivelé presque, confiant, ça je me l'autorise. Chaque fois que j'effleure une partie du corps de l'endormie, je sens les démangeaisons dans mes gencives. Et se fluidifier l'aridité chronique de mon mécanisme respiratoire, l'espèce de cageot bancal qui m'en tient lieu. Je tends mon bras, le plus loin devant moi que je peux. Je peux, tendrement, faire remonter ma main le long d'une cuisse. C'est bon, d'être tendre. De pouvoir l'être autant qu'on veut sans devoir en assumer les conséquences. Sans devoir rien, sans avoir à. Les poils, à contre courant, sans voir, au jugé. A ce moment-là, le cerveau est vacillant, à découvert, pourrait se rendre, renoncer, enfin, pour de bon, et c'est tentant, mais. Ma main, sent, mon doigt, à peine, une petite fissure moite, incertaine.
Dans le Var, les îles sont d'or, les plages d'argent et la côte d'azur. La mer est une sirène aux yeux bleus, Port-Cros compte plus d'une fée et la sorcière de San Salvadour a des demi-soeurs. Dans les gorges d'Ollioules, autrefois surnommées les vaux de l'angoisse, les brigands guettent. A Gonfaron, les ânes volent, à Besse-sur-Issole, Gaspard veille et, à Solliès, Maurin des Maures a bon pied bon oeil. Globe-trotters, hivernants, estivants ou résidents, les écrivains de ce recueil nous baladent et nous prennent au charme des mots. De savoureux conteurs nous guident et nous invitent dans leurs demeures. La collection Sur les pas des écrivains nous offre le plaisir redoublé, le plaisir réciproque de connaître les lieux par la littérature et la littérature par les lieux.
Il y en a un qui a aimé une, qui peut-être l'aime encore, ou le croit. Il y en a un autre, qui a eu l'occasion de la sauter, cette aimée, il ne sait plus trop, à force. Il y en a une, vraisemblablement pas la même, mais qui veut bien aider à comprendre. Et une qui attend. Ailleurs. Qui devrait être celle dont il est question.
Les vignerons le savent dans leurs fûts, chaque année environ 2% de l'alcool s'évapore dans l'air, disparu à jamais. C'est "la part des anges"... [...] Les anges de la locution, celle qui donne son titre au film de Ken Loach, perpétuent malgré tout envers et contre tout notre besoin de croire dans une force supérieure à notre volonté, en quelque chose qui nous dépasse, contre quoi on ne peut rien, qui peut être Dieu ou la providence qu'il y a peu encore on invoquait" C.B. "La part des anges", expression énigmatique et poétique, revêt de multiples sens, et tous se tressent dans le texte de Catherine Bernard, en une histoire de goût des mots, de vie et de vigne aussi... Ma part des anges est de fait l'autoportrait intime de l'invisible, profondément spirituel mais vif et passionné, d'une femme, vigneronne et écrivain.
Sous le même Je, sept personnages composent un drôle de roman familial, plutôt iconoclaste et bouleversant. Qu'il l'ait vécu ou non, David Besschops témoigne que le pire se porte bien ! Il écrit et vous coupe le souffle. J'ai six ans et je dispose les ustensiles doucement pour ne pas alerter mes frères. Je cuisine avec mes petites mains. J'urine. Je dépasse d'une tête mon bout de ficelle. J'éprouve immédiatement mon existence. La sérénité. Mon sexe n'est pas un petit trou où je me cache quand il pleut. Mais un instrument de travail. Bientôt je dégotte d'autres moyens de feindre l'existence. Respirer par exemple.
L'acidité, c'est d'abord celle des végétaux avec toutes leurs nuances, de l'acerbe au tout juste acidulé; ensuite, celle des fermentations, vins, vinaigres, laitages et conserves, du simplement sur au franchement aigre. L'attirance pour l'acide n'est pas celle de tous : c'est allaire de physiologie et aussi de culture. Bénédict Beaugé avait exploré la saveur acide en 2002 auprès de Michel Troisgros, grand amateur et cuisinier des acidités. Il revient ici en toute liberté dans une exploration sensuelle très singulière de souvenirs de plats où l'acidité fut un révélateur de grandes émotions. On peut affirmer qu'ici, avec Bénédict Beaugé, l'écriture des sensations en bouche fait son entrée en littérature.