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ESSAIS FRAGILES D'APLOMB
SENGES PIERRE
GALLIMARD
8,65 €
Épuisé
EAN :9782843351440
L'histoire officielle ne connaît que l'ascension et les progrès incessants de l'aéronaval; elle applaudit les aviateurs, en recueille les débris ou les paroles, et ne cesse d'admirer par en dessous leurs prouesses. En cas de chute, elle déplore l'accident, signale les fausses man?uvres, maudit même l'imprudent ou le fou livré au vide sans précautions. Mais il faut se rendre à l'évidence : le nombre de ces chutes est tel qu'il ne peut s'expliquer simplement par la panne ou l'erreur. Les hommes et les femmes qui, depuis Icare jusqu'à la Grande Guerre, n'ont pas cessé de tomber, parfois à plusieurs reprises, ne cherchaient pas à connaître l'ivresse du vol, ni déjouer ses mystères, mais testaient la gravitation, et tombaient pour de bon, parce qu'ils le voulaient bien.
S'inscrivant dans la suite de La réfutation majeure (2004) mais sur le mode de l'essai, Environs et mesures propose de comparer géographie réelle et géographie imaginaire. Les tentatives menées, d'un bout à l'autre de l'histoire, pour fixer sur une carte des lieux imaginaires font naître, sous la plume de Pierre Senges, un étonnant catalogue, écrit à la manière de Sir Thomas Browne ou de Robert Burton. Regroupant des catégories hétérogènes qui auraient ravi Borges ("paradis", "enfer", "lieux de l'Odyssée", etc.), le texte s'attarde aussi sur quelques figures étonnantes: l'historien Victor Bérard qui passa vingt ans de sa vie, au tout début du siècle dernier, à chercher l'île de la nymphe Calypso, ou la dizaine de chercheurs qui tentèrent de localiser, sur une carte de l'Espagne, la "bourgade dont je ne veux pas me rappeler le nom", évoquée par Cervantès au tout début de Don Quichotte. Au-delà du plaisir encyclopédique à énumérer noms de lieux exotiques et figures de géographes sérieusement cocasses, ce bref essai tente d'expliquer les raisons qui ont poussé tant de savants à assigner en un endroit précis des territoires de pure fiction; il montre comment l'imaginaire et le réel, le flou et la précision se prolongent l'un l'autre, nourrissant notre curiosité et notre émerveillement. Et ces explications ne sont pas là pour servir de leçon, mais au contraire pour inviter le lecteur à découvrir une autre forme de gai savoir, par le voyage ou par la lecture.
Le narrateur de ce roman n'a qu'une obsession, celle de se suicider, mais selon un expédient peu commun. Plutôt que de mettre fin à ses jours, il préfère mourir assassiné. Et qui mieux que des veuves homicides pourraient accomplir cette tâche? Il suffit d'aller les guetter à leur sortie de prison. Six veuves d'affilée tomberont sous le charme. Cependant, rien n'est joué: parviendra-t-il à les séduire, puis à les pousser au crime tant désiré? Et si rien n'y fait, qu'adviendra-t-il de son projet initial...? Tour à tour érudit, libertin, zoologique, subversif, extrême-oriental et anatomique, ce premier roman ne se refuse aucune excentricité, aussi invraisemblable soit-elle. Il est possédé par une force de jubilation que Pierre Senges a su rendre contagieuse.
Par une froide nuit d'hiver, un singe se voit refuser l'hospitalité au château. S'apprêtant à dormir à la belle étoile, il rencontre un épouvantail. Celui-ci se révèle être un sage conseiller ? qui maîtrise l'art de la fable... Méfiance, car n'oublions pas que, souvent, tel est pris qui croyait prendre ? ! Un brillant hommage à La Fontaine dont on fête le 400e anniversaire de la naissance.
Commentaires Mille manières de cultiver son jardin... Figurez-vous celle-ci : un employé de cadastre au bord de la retraite, misanthrope et assidu lecteur de l'Apocalypse, se pose en organisateur du chaos... par le jardinage ! Chaque jour, il sème des plantes sauvages aux quatre coins de la ville et observe ses méfaits botaniques : ici le goudron se soulève par la force des racines, là les tuiles d'un monument se décèlent... Un "péril minuscule" dont l'ampleur imperceptible devient effrayante. Les ruines de Rome du titre renvoient à la fois au nom d'une mauvaise herbe et aux images de la civilisation étouffée par les proliférations végétales. Senges use d'un astucieux artifice pour illustrer encore cette idée : le texte est fragmenté en petits paragraphes reprenant des noms d'herbe, de fleur, de légume. Chaque nom pris au pied de la lettre illustre et influence une séquence de vie, un penchant, un souvenir : de l'herbe-à-tous-maux à l'herbe-au-pauvre-homme, en passant par le miroir-de-Vénus, la dame-d'onze-heures, la goutte-de-sang, le narcisse-des-poètes... Jouant avec les mots, les noms, les associations d'idées, il nous plonge dans un monde où la nature conditionne, organise, domine et envahit la culture. Il brouille aussi les pistes du bien et du mal, cultivant l'ambiguïté de son personnage principal : mauvaise graine irrécupérable ou doux dingue "fleur bleue" ? L'érudition des références et le goût immodéré de l'auteur pour la classification et les dico botaniques n'empêchent pas la lecture. Ils sont plutôt le terreau d'un conte sombre et inouï, la fibre d'un herbier poétique dont on tourne les feuilles pour recueillir des conseils de jardinage ou conclure que Senges est l'une des fines fleurs littéraires du moment. --Claire Pardieu
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.