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RECHERCHES SUR LE LANGAGE
SEGUY-DUCLOT
VRIN
30,00 €
Épuisé
EAN :9782711623488
La philosophie part traditionnellement du sens, compris comme sens conceptuel, dans le cadre du langage humain. Mais partir du sens conceptuel conduit à un paradoxe : on ne peut définir ni la notion de concept, ni même celle de sens. L'ensemble du processus définitionnel, constitutif historiquement de la démarche philosophique, se trouve alors remis en cause. Pour échapper aux principales apories de la sémantique conceptuelle, l'ordre de l'analyse doit être inversé. Partir non du langage humain et du sens conceptuel, mais d'une théorie générale de la communication, qui travaille, comme dans la communication intercellulaire, sur les échanges de signaux dotés non de sens, mais d'information et d'efficace pragmatique. Puis considérer l'émergence du sens dans le cadre des langages animaux, en dehors de toute visée conceptuelle. Enfin, dans un troisième temps seulement, passer à l'étude du langage humain, compris comme le produit émergent le plus complexe de l'évolution communicationnelle et linguistique.
Dans un dialogue entre le chevalier Dupin, personnage de fiction, et son contradicteur, ce livre s'efforce de tirer les conséquences philosophiques de la révolution théorique qu'a connue la biologie au XXe siècle. Il entreprend à nouveaux frais une définition de ses concepts fondamentaux, et notamment du concept de vie. Se gardant de tout anthropocentrisme, l'enquête philo-sophique part de la question de l'appartenance ou non des virus au vivant pour interroger deux des préjugés toujours actuels de la théorie de la vie. Tout d'abord l'identification du vivant à l'organique. Puis le primat, communément admis depuis Aristote, de la survie sur la reproduction, laquelle n'offrirait à l'individu qu'une survie seconde au niveau de l'espèce. Par-delà cette critique, l'étude de l'individualité biologique reprend la question centrale de la philosophie : « qu'est-ce que l'humain ? ».
Suffit-il d'affirmer d'un urinoir que c'est de l'art pour qu'il puisse entrer au musée ? Cette question nous hante depuis que Marcel Duchamp, dans les années 1910, a réussi à faire exposer ses ready-made. Par-delà les polémiques récentes, deux grandes thèses semblent désormais triompher : l'art serait indéfinissable et les critères d'évaluation des oeuvres irrémédiablement subjectifs. Tout dépendrait de la décision de l'artiste et de la réception du public. Qu'en est-il vraiment ? Quelle définition générale, valable par-delà les styles et les préférences individuelles et culturelles, le philosophe peut-il aujourd'hui, courageusement, proposer ? Maître de conférence à l'université de Tours, Alain Séguy-Duclot est également l'auteur de Le Parménide de Platon ou le Jeu des hypothèses.
Résumé : Ce livre est le fruit de dix ans de travail. Il repose sur un contact direct avec les productions scientifiques, notamment en théorie des probabilités, physique statistique, thermodynamique, physique relativiste et physique quantique. Bien qu?il y soit essentiellement question de physique, il n?est pas réductible à un ouvrage d?épistémologie de la physique : sa problématique s?inscrit en effet dans une interrogation philosophique plus large, au c?ur de laquelle se trouve le concept d?information. Comprendre que la communication en général, dont le langage humain n?est qu?une espèce remarquable, repose sur la notion mathématique d?information ? définie par Shannon en 1948 de façon statistique indépendamment du sens ? conduit à mettre au premier plan de l?interrogation philosophique non plus la notion de sens mais celle d?information. Ce renversement théorique a conduit dans les années 1950 à l?édification, sous l?impulsion de Norbert Wiener, d?un nouveau modèle général pluridisciplinaire de la connaissance, sous le primat du concept d?information. Or, ce modèle ? que l?on peut appeler le " paradigme informationnel classique ", et qui constitue l?une des sources principales du structuralisme par la médiation de Roman Jakobson ? est considéré désormais comme un échec. Ce livre met au jour deux raisons principales à cet échec : le paradigme informationnel classique était réductionniste, d?une part, et d?autre part, il n?était pas assez général. Pour lever ces obstacles théoriques et élaborer un nouveau paradigme informationnel, deux tâches théoriques sont entreprises : 1. Surmonter ce réductionnisme. Pour ce faire, on analyse le sens pluriel du probabilisme en physique et on étudie l?entrelacement complexe entre aléatoire et déterminisme, en sorte de délivrer les notions d?incertitude, de désordre, de complexité et d?émergence de leur confusion native, laquelle interdit de construire une théorie non réductionniste véritablement opérationnelle. 2. Opérer une généralisation de la théorie de l?information, à partir non plus de la théorie de l?information classique au sens de Shannon (qui repose sur l?opposition binaire du 0 et du 1), comme dans les années 1950, mais de la toute nouvelle théorie de l?information quantique, développée à la suite des intuitions de Feynman ? ce qui suppose une analyse de la théorie quantique. La théorie de l?information quantique constitue actuellement la théorie de l?information la plus générale que l?on puisse penser : elle engage non seulement toutes les valeurs intermédiaires entre 0 et 1 (comme c?est déjà le cas dans la logique floue de Zadeh), mais également des nombres complexes, dont la représentation spatiale engage non plus, comme les nombres réels, une dimension mais deux. Le but de cet ouvrage est d?ouvrir sur un nouveau modèle relativiste et transdisciplinaire de la connaissance, engageant, par-delà l?opposition du rationalisme au scepticisme, une nouvelle rationalité non-linéaire et pragmatique, qui permette de penser l?émergence non de l?être, dans son absoluité, mais de la réalité objective, dans sa pluralité, sa relativité et son hétérogénéité irréductibles.
Dans cet ouvrage, il s'agira d'entrelacer trois phrases, trois perspectives différentes de la philosophie contemporaine, afin de retracer pas à pas - autant que faire se peut, et sans prétendre à une impossible exhaustivité - le parcours exceptionnellement riche et complexe de celle-ci. Le plan de ce livre cherche à donner sens à ce qui s'est passé, mettant en dialogue tenants de la voie rationaliste et tenants de la voie antirationaliste et, par là, à dégager de nouvelles pistes de réflexion.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.