Aggeri Franck ; Louda Dinah ; Lenfle Sylvain ; Seg
ESKA
30,00 €
Épuisé
EAN :9782747235211
Face aux défis techniques, socio-économiques et environnementaux qui se conjuguent et déstabilisent les démocraties, les travaux d'Armand Hatchuel ont tracé une voie originale : celle de la construction rigoureuse d'alternatives aux cadres de pensée qui enferment l'agir moderne. Refusant les limites d'une rationalité utilitariste incapable d'expliquer ou de guider l'innovation, ils ont posé les fondements d'une rationalité créative, apte à éclairer l'élaboration collective de futurs inventifs. Ils ont aussi contesté l'irresponsabilité constitutive de la "société à but lucratif", et contribué à l'instauration dans le droit français de la a société à mission". Et ils montrent aujourd'hui que la notion de péril commun conduit à une règle de justice nouvelle pour lutter contre le dérèglement climatique. Ces résultats, qui s'appuient tous sur une théorie originale de l'action collective, ont reçu une large reconnaissance. Mais cet ouvrage, issu d'un colloque de Cerisy, est le premier à offrir une vue d'ensemble du cheminement théorique d'Armand Hatchuel et à analyser la portée de ses propositions. Chercheurs en sciences de gestion, droit, philosophie, économie ou histoire, mais aussi dirigeants d'entreprise, y témoignent de la manière dont ces travaux ont marqué leurs disciplines et leurs engagements. Les travaux d'Armand Hatchuel ne se contentent pas de souligner les impasses des sciences restées prisonnières des dogmes de l'agir moderne. Ils jettent aussi les bases rigoureuses d'une science de l'action collective créatrice comme socle indispensable pour "bien gérer " dans l'Anthropocène. Un projet désormais vital.
Résumé : Longtemps " le marché " a été le lieu public et visible des activités marchandes. Mais avec le développement du commerce, il devint invisible et abstrait. Se forme alors une grande confusion moderne : où le marché est pensé à la fois comme un équilibre naturel et comme un idéal utopique des échanges. Ce livre, issu d'un colloque de Cerisy, invite à rejeter les équivoques et les mythologies du " marché " car elles masquent la réalité et les mutations des activités marchandes. Explorations toujours incertaines du désir et du social, ces activités n'ont pas de " loi naturelle " et ne peuvent s'autoréguler. Elles ne survivent que par l'exercice de compétences et de techniques et grâce à l'intervention de prescripteurs et de pouvoirs adaptés. L'extension surprenante du commerce tient donc avant tout au travail d'étayage que les sociétés modernes ont apporté aux activités marchandes. Et, ce travail est aujourd'hui d'autant plus nécessaire que les révolutions techniques de l'information et du commerce sur la Toile, celles des services et du développement durable, bouleversent les logiques classiques de la valeur, de la transparence et de la confiance. La crise économique récente a apporté une démonstration indéniable à ces propositions. Et cet ouvrage montre comment, hors des équivoques de la notion de marché, les chercheurs de plusieurs disciplines (Economie, Gestion, Histoire, Sociologie) étudient désormais les instruments et les dispositifs réels des activités marchandes, seule garantie scientifique pour soutenir leur développement ou déjouer leurs crises.
Résumé : Professeur de management à Mines Paris - PSL, spécialiste de l'économie circulaire, des enjeux de transition écologique et d'innovation responsable, Franck Aggeri est également codirecteur de la chaire "mines urbaines" dédiée à l'économie circulaire et chroniqueur pour Alternatives Economiques.
L'économie circulaire rencontre un succès grandissant. Ses promoteurs la présentent comme un modèle alternatif à celui, dominant, de l'économie linéaire, fondé sur le prélèvement de ressources non renouvelables et générateur de déchets. L'économie circulaire promet un découplage entre croissance économique et impacts environnementaux, grâce à des stratégies de réduction à la source et de bouclage des flux de matière et d'énergie. Ce modèle est également censé créer des richesses économiques territorialisées et des emplois locaux. Mais est-ce un phénomène vraiment nouveau ? Pourquoi ce modèle rencontre-t-il un tel succès ? Quelles démarches et méthodes ses promoteurs expérimentent-ils ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Enfin, à quelles conditions l'économie circulaire est-elle porteuse d'un modèle de transition écologique véritablement soutenable ? Après une mise en perspective historique des pratiques et débats théoriques, ce livre analyse les modèles d'affaires et les outils utilisés par les praticiens. Enfin, il conclut sur les conditions d'un découplage effectif.
En quelques années à peine, l'économie circulaire s'est imposée dans le débat public comme la promesse d'un modèle de croissance plus sobre et compatible avec les enjeux d'une transition écologique. La vulgate actuelle oppose l'économie circulaire, fondée sur des stratégies de bouclage des flux de matière et d'énergie, à l'économie linéaire fondée sur l'exploitation sans limites de ressources naturelles et la mise en décharge des déchets issus de notre consommation effrénée. Cet ouvrage met en discussion le cadrage dominant de l'économie circulaire, présente les différents imaginaires véhiculés par la notion et analyse les pratiques collectives qui se déploient aujourd'hui dans tous les continents. A cette fin, une variété de perspectives (historique, philosophique, géopolitique, sociologique, gestionnaire, économique, écologique, juridique, prospective) sont mobilisées pour éclairer les débats contemporains. A partir d'une analyse historique des pratiques et des concepts, sont examinés les enjeux et expérimentations de l'économie circulaire : enjeux de régulation, démarches territoriales faisant émerger de nouveaux communs ; rapports à la technologie et a l'innovation, y compris a travers la fabrication de nouveaux imaginaires ; modèles et pratiques sectorielles. Parallèlement, ce livre met en évidence ce qui s'invente sur le terrain et discute les nouvelles conceptions de l'économie circulaire qui en émergent. Enfin, il interroge à quelles conditions l'économie circulaire pourrait constituer un modèle de résilience en temps de crise et un paradigme alternatif à celui, en voie d'épuisement, de développement durable.