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Le fils du ciel. Chronique des jours souverains
Segalen Victor
FLAMMARION
11,80 €
Épuisé
EAN :9782080608000
Avec son mélange de prose sacrée et de poèmes, son style qui est celui des ?uvres les plus ambitieuses, ce livre est une somme des diverses entreprises de Segalen. Magnifique exemple d'exotisme comme l'entendait le poète, il nous donne aussi une transcription taoïste du monde. Pathétique histoire d'un souverain écrasé par le glorieux passé, dévoré par sa recherche d'une identité nouvelle alors que tout lui renvoie l'image d'un être aussi éparpillé que le héros d'un film d'Orson Welles devant les mille miroirs brisés qui le cernent, traduction ambiguë d'une passion où les mots conduisent toujours à autre chose qu'eux-mêmes, suggestion allégorique enfin d'une vérité plus haute que le langage, tels sont les caractères d'une ?uvre dont on ne finit jamais d'épuiser le sens ou d'énumérer les multiples interprétations.
Résumé : De même que, dans Stèles, Victor Segalen décrivait des stèles imaginaires, Peintures invente des peintures chinoises, "de longues et sombres peintures soyeuses, chargées de suie et couleur du temps des premiers âges"."Laissez-vous donc surprendre par ceci qui n'est pas un livre, mais un dit, un appel, une évocation, un spectacle. Et vous conviendrez bientôt que voir, comme il en est question ici, c'est participer au geste dessinant du Peintre ; c'est se mouvoir dans l'espace dépeint ; c'est assumer chacun des actes peints. Vous voilà devenus mes comparses, mes complices. Vous pouvez tout voir, désormais. Regardez donc : je déroule la première de ces Peintures, la Première Magique".
Toute sa vie, Segalen a douloureusement joué à s'inventer un secret. René Leys, c'est l'itinéraire de cette découverte. Dans un lieu clos, Pékin, deux êtres s'affrontent, se défient et finalement, se détruisent à coups d'images qui sont autant de mensonges. Mais la Chine qui est au bout de ce combat est plus vraie que la vraie Chine, celle faite seulement de briques, de tuiles et de poussière: elle est l'image que nous en portons et qui, passée au crible sans pitié de la réalité, seule demeure pourtant. Même si, solidement ancrée dans la terre et les odeurs, cette Chine-là est surtout une métaphore. Roman policier, roman exotique, roman d'apprentissage, René Leys est d'abord un roman initiatique: ce sont les mots et les signes qui créent nos royaumes. Et plus vertigineux sont les mensonges, plus somptueux les palais qu'ils ont élevés. René Leys, le héros de Segalen, a osé en franchir les douves; sa vie, sa mort ne comptent plus guère puisque les mots et les signes sont restés.
Édition enrichie de documents nouveaux4e de couverture : «René Leys vous donne le ton exact de certains Moments chinois, qui durèrent parfois des mois entiers ; ces journées qui s'ouvraient dans le lever de la paupière de l'aube... de bons chevaux attendant dans la cour où crevaient tous les matins les fleurs de Lotus de la grande vasque... Retour vers dix heures, après la conquête toujours nouvelle de la plaine impériale. Puis l'après-midi studieuse sur les caractères et les textes ; le crépuscule sur la Muraille qui possède la ville. Je me souviens d'un Certain Ciel qui entra tout entier dans mon c?ur. Et l'arrière-soir, une partie de la nuit, se passait bien véridiquement à Ts'ien-men-waï, dans le tohu-bohu des couleurs de lumière, le turbulent mystérieux des cours compliquées, des théâtres, de la scène et de ce qui se passe derrière toute la scène du monde...Le lendemain était pur, renouvelé ; un goût de jour neuf dans la bouche.»(Lettre de Segalen à Hélène Hilpert, avril 1919.)Notes Biographiques : Né à Brest le 14 janvier 1878,Victor Segalen rencontre Huysmans, Saint-Pol Roux et Remy de Gourmont. Après des études de médecine, il séjourne à Tahiti puis à Pékin et rend visite à Claudel à Tien-Tsin. Rentré en France en 1918, il meurt à Huelgoat le 21 mai 1919 épuisé, semble-t-il, par une vie trop active.