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L'odeur des planches
Sedira Samira
ROUERGUE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782812604898
La Ciotat, mai 1974. Une pantoufle au pied droit, rien au gauche. C'est comme ça que je l'ai trouvée dans la salle de bains. Accroupie, la culotte sur les chevilles, à moitié inconsciente. Ses cheveux séparés en deux vagues tombaient sur ses joues, sa tête ne tenait pas tout à fait droit. Sur le carrelage astiqué j'ai vu le reflet de son sexe entrouvert, on aurait dit qu'il avait quelque chose à dire; j'ai fermé les yeux, j'ai rouvert les yeux, ça n'avait pas existé. Je me suis avancée vers elle, ce n'était pas ma mère, c'était autre chose. Tu dors maman? Elle a ouvert la bouche mais rien n'est venu, pas un son. Dans un geste convulsif, elle tirait sur le col de sa blouse de toutes ses forces, comme si elle manquait d'air. Elle a poussé un soupir rauque. J'ai reculé d'un demi-pas, j'ai répété Tu dors. C'est alors qu'elle a pissé devant moi. Comme ça. Une bête. Sur le carrelage blanc. Un jet puissant, un torrent qui éclaboussait ses pieds ses chevilles ses cuisses. J'avais dix ans, j'en prenais dix de plus. Quand j'ai sorti ma langue pour mouiller mes lèvres, je me suis rendu compte que je claquais des dents. Je l'ai regardée faire, ahurie, elle prenait plaisir à se vider, un immense soulagement. Ouvre les yeux, j'ai supplié. J'avais besoin de confronter son regard au souvenir que j'en avais, d'y déceler des fragments d'elle. Ma mère a cligné des yeux une fois, deux fois, puis rien, ses paupières sont retombées avant qu'elle n'ait pu m'adresser un regard. Elle était devenue aveugle. C'est la seule explication qui me soit venue à l'esprit à cet instant précis, je n'en avais pas d'autre, et il m'en fallait une pour ne pas perdre pied, une explication tangible, comme une formule mathématique, de quoi rétablir l'équilibre. À l'hôpital on lui a fait un lavage d'estomac, elle a dormi une semaine entière. Aux médecins qui l'ont questionnée sur les raisons de son geste, elle n'a rien voulu dire. Laissez-moi elle répétait, je veux rentrer chez moi. Mon père ne lui a jamais rien demandé. Après ça, pendant longtemps il a eu la manie du tri, il inspectait les boîtes de médicaments, tous les jours ou presque, il les classait, les comptait, jetait celles qui lui paraissaient suspectes, ça a duré des mois. Quand elle est rentrée à la maison, elle marchait lentement, lentement, le corps penché, les seins maigres, un courant d'air aurait suffi à la faire tomber. J'ai passé tout mon temps à la surveiller, le coeur suspendu à ses allées et venues. Quand elle sortait faire une course je l'accompagnais, quand elle cuisinait je proposais de l'aider, je la suivais jusque dans la salle de bains, du matin au soir sur ses talons; il m'est arrivé de me réveiller en pleine nuit et d'aller m'assurer par la porte entrebâillée de sa chambre qu'elle respirait bien. À table mon père la forçait à manger, S'il te plaît encore une cuillère, elle faisait ce qu'il lui demandait, elle avait du mal à avaler, les yeux mouillés de larmes, alors il posait sa main sur la sienne, comme ça la nourriture passait mieux. Une seule fois nous en avons reparlé, elle et moi, j'avais trente-cinq ans, elle a d'abord nié, Non je ne sais pas, je ne me souviens plus, et puis devant mon insistance elle a dit, Mais enfin non t'es folle, j'ai jamais voulu mourir, c'est juste que j'avais besoin de dormir, un jour ou deux sans les soucis de la vie, me reposer c'est humain quoi, puis elle a éclaté de rire, un éclat de rire explosif, simplement ça.«La tristesse durera toujours», c'est ce que Van Gogh a murmuré, après s'être tiré une balle dans la poitrine.
Résumé : Lorsque les Langlois arrivent à Carmac, ce village perdu dans une vallée montagneuse où tout le monde se connaît et se ressemble, ils font l'effet d'une apparition. Des gens comme eux, aussi riches, aussi heureux, on n'en fréquente pas. Ils se font construire un chalet impressionnant, face à la maison modeste d'Anna et de Constant. Entre les deux couples se noue une relation ambiguë, faite de fascination, de gêne, bientôt de jalousie, peut-être de racisme. Car Bakary Langlois est noir. Rien, toutefois, qui laisse imaginer que Constant puisse en venir à assassiner toute une famille. Dans ce roman inspiré d'un fait divers, Samira Sedira nous fait entendre la femme de l'assassin, cette Anna qui porte l'opprobre de n'avoir rien deviné, rien empêché. Lors du procès, elle tente de comprendre la mécanique infernale qui a mené Constant, son amour de toujours, à une telle folie meurtrière, explorant aussi l'enfermement d'une petite communauté villageoise vivant en huis clos où l'autre - par sa condition sociale, sa couleur de peau, son appétit de vivre - subjugue et dérange... jusqu'au meurtre.
Résumé : Cesare et Adel ont grandi dans un quartier populaire de Toulon, l'un issu de l'immigration italienne, l'autre maghrébine, et sont devenus inséparables. Aussi, quand, après le bac, Adel renonce à des études supérieures pour s'engager dans l'armée, Cesare finit par le rejoindre au sein du 1er régiment de spahis. Un an plus tard, à l'été 1990, la première guerre du Golfe éclate, à laquelle les deux jeunes soldats vont participer. Pendant des mois, voici les amis d'enfance cantonnés dans le désert du Koweït, dans l'ennui, la chaleur extrême, la peur d'une attaque chimique, l'attente du combat. Adel, devenu militaire pour affirmer son appartenance à la communauté française, devient peu à peu le souffre-douleur de ses camarades...
Monsieur Taupe vivait sous terre, au fond d'un trou très sombre. Mais c'était chez lui. De temps en temps, il se demandait s'il n'existait pas autre chose, dehors...
Une classe de 4e, en voyage scolaire vers l'Espagne. Dans les Pyrénées, leur bus bascule dans un ravin. Mais il ne s'agit pas d'un accident. La douzaine de rescapés va connaître une nuit d'horreur, à la merci de trois sauvages avides de sang... D'une efficacité redoutable.Notes Biographiques : Né en 1972 à Bordeaux, Guillaume Guéraud vit désormais à Pézenas (34). Au Rouergue, il est l'auteur de quelques albums et de nombreux romans dans les collections doado, doado noir et dacodac mais également dans la brune.
Damien est un garçon trop sensible, méprisé par ses copains de classe depuis toujours et incompris de ses parents. Dès l arrivée dans son nouveau collège, il se retrouve par miracle sous la protection de la bande de gothiques et de son leader, Samy, un garçon lumineux, intelligent et doux, en dépit de son look radical. Très vite, Damien devient Dam, adopte piercings et vêtements noirs et, surtout, trouve auprès de Samy un véritable ami, et peut-être plus, au point de déclencher des représailles chez son père, contre ces « mauvaises fréquentations ». Au fur et à mesure des pages, le lecteur découvre la profondeur de la souffrance de Dam: depuis longtemps il a pris l habitude de se scarifier les cuisses, incapable qu il est d exprimer sa souffrance et sa solitude. Il lui faut chaque soir « libérer son sang » pour se sentir mieux. « Tant que je saigne, je suis vivant », dit-il. Car Dam a peur, de tout le monde et surtout de lui-même. Samy, à l inverse, est un garçon bien dans sa tête et dans son corps, et sait dire très naturellement son attirance pour Dam. Les deux garçons finissent par s afficher ensemble au collège et tant pis si on les traite de « lopettes satanistes ». Résistant à la colère paternelle, Dam retrouve Samy en cachette, pour parler, écouter de la musique et s embrasser. L amour entre les deux garçons est si puissant qu on pourrait espérer qu il libère Dam de sa souffrance. Le jour de son anniversaire, les deux garçons se retrouvent dans sa chambre et le titre du roman trouve enfin son explication: faire l amour pour la première fois... ou mourir. Résumer ce livre est une entreprise frustrante car il contient bien plus que ces mots clefs si tendance dans le roman ado: gothiques, homosexualité, scarifications. C est un roman exceptionnel par sa justesse d écriture, son émotion, et la fin vous laissera pantois. Pour l anecdote, l auteur n a envoyé ce livre à des éditeurs que parce qu une de ses amis l a forcée à le faire.... Elle ne croyait pas qu il puisse intéresser quelqu un!
L'auteur nous explique tout sur cette pratique, mais aussi le rôle des défenses naturelles de la plante et de la terre, ainsi que la façon dont il faut distribuer les légumes et les plantes diverses dans le jardin pour qu?ils se protègent les uns les autres. De nombreux conseils enrichissent cet ouvrage, dont une nouvelle façon de travailler confortablement au jardin avec, comme seul outil, une fourchette. Cette nouvelle édition inclut un chapitre inédit sur les dernières expérimentations de l?auteur.
Nordin Magnus ; Clauss Lucile ; Stadler Maximilien
Nina vient à nouveau de déménager. Son père lui a promis que c'était la dernière fois. Heureusement, tout a l'air tranquille dans cette banlieue de Stockholm. Elle en oublierait presque les rumeurs que même ses meilleures copines ont déversées sur elle, dans son précédent lycée. Jusqu'à cette grande fête donnée par une fille de la classe, dans le quartier le plus luxueux de la ville...
Résumé : Les histoires d'amour ne se ressemblent pas. Cependant elles entretiennent des correspondances secrètes à travers le temps et l'espace. Alice et Vincent s'aiment, aujourd'hui, à Paris : ils ont l'art et l'érotisme en partage. Leur passion entre mystérieusement en résonance avec d'autres amours, des collines de Rome aux rivages du Brésil, et jusque dans la Grèce antique. Dans cette chasse éperdue où l'on ne sait plus qui fuit et qui assaille, on croise Piero di Cosimo, l'énigmatique peintre de la Renaissance, Diane et Actéon, chasseurs illustres, Ariccia et Philippe, égarés en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, et bien d'autres amants pris dans les tumultes de l'Histoire.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.