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CLELIE. HISTOIRE ROMAINE. SECONDE PARTIE 1655.
SCUDERY MADELEINE DE
CHAMPION
98,00 €
Épuisé
EAN :9782745306050
Vous aviez tort de dire qu'il n'y avait point de serpent caché sous ces fleurs, car j'en ai trouvé un, qui est tout à fait joli, et pourtant tout à fait redoutable", dit Plotine en découvrant un fil d'or dissimulé dans une innocente couronne de fleurs. De même que le galant Brutus, figure lui-même de l'esprit et de la valeur héroïque cachés sous l'apparente stupidité, invite le lecteur à la découverte du sens caché des bagatelles, l'enjouée Plotine livre dans cette seconde partie de la Clélie un code d'écriture et de lecture de la littérature mondaine, qui complète la conversation sur les clefs et éclaire le fonctionnement de l'allégorie précieuse. Dans cette perspective, et en vertu du principe de l'analogie des grandes et des petites choses, tout discours galant peut apparaître comme un discours crypté qui, sous couvert du badinage et de la convention langagière, laisse au lecteur et surtout à la lectrice la liberté de "détourner les choses", c'est-à-dire admet la lecture innocente de l'amour tendre et de l'amitié aussi bien que celle de la sincérité ou même de la violence.
Non pas vraiment inconnue, mais plutôt méconnue, la nouvelle que fit paraître Madeleine de Scudéry en 1667 devrait pourtant connaître un autre sort. En effet, loin d'être alors un auteur sur le déclin, la romancière y démontre ses qualités traditionnelles jointes à une audace littéraire - voire politique - qui surprend. En ressuscitant Laure et Pétrarque, elle fonde la légitimité historique du courant galant ; en racontant les amours d'Alphonse et de Mathilde dans l'Espagne sanglante du XIVe siècle, elle entrelace idylle galante et intrigues de cour, amour et ambition, comme le fera onze ans plus tard Mme de Lafayette dans La Princesse de Clèves ; enfin, jouant de la fiction du non-fictif, elle va jusqu'à donner à son écriture historique des accents critiques étonnants. Frappée de mutisme pendant cinq ans à la suite de l'affaire Foucquet, Madeleine de Scudéry recommença à publier avec Mathilde, dont le texte constitue un des sommets de l'art de la romancière. L'ouvrage, qui fut retiré de la vente à sa parution, est édité ici accompagné de l'importante préface qui l'introduit et le met en scène, Les Jeux.
En déléguant aux personnages de ses romans la tâche de s'interroger sur "l'air galant" ou la politesse, de définir la conversation et de décrire le bel usage de la raillerie, Madeleine de Scudéry allait diffuser, pour un vaste public de gens du monde, l'idéal galant des années 1640-1660. Les Conversations que rassemble cette édition constituent un ensemble cohérent, à la charnière entre littérature et civilité, esthétique et morale. Tel est en effet le lieu de convergence où s'est élaborée l'esthétique mondaine. C'est ainsi dans le cadre plus large d'une enquête sur l'archive galante que prennent tout leur sens ces extraits : à la fois représentation idéalisée de l'honnête société, outil de promotion pour ses valeurs, et lieu d'inscription de ses modèles, de ses stratégies discursives, de ses modes d'énonciation, le discours galant nous offre l'occasion exemplaire de saisir, dans la dynamique de sa mise en oeuvre, l'émergence du "naturel" stylistique. Pour en présenter les déterminations majeures, Madeleine de Scudéry ne pouvait choisir de forme mieux appropriée que la conversation littéraire. Les textes réunis dans ce volume figurent dans leur version originale, extraits des romans où le public les découvrit pour la première fois. Ils sont accompagnés de l'ensemble des variantes auxquelles donna lieu, trente ans plus tard, leur reparution dans les recueils de Conversations autonomes. Des années Foucquet à l'éclat du règne de Louis le Grand, le lecteur pourra apprécier la constance des choix esthétiques de Madeleine de Scudéry.
Darwin Charles ; Tort Patrick ; Bernard Christiane
Patrick Tortavec la collaboration deClaude RouquetteUN VOILIER NOMMÉ DÉSIRUn coeur à marée hauteAu cours de la première quinzaine du mois d'août 1831, tandis que le jeune Charles Darwin, âgé d'un peu plus de 22 ans, fraîchement diplômé de Cambridge et converti à la géologie par son cher et respecté maître et ami John Stevens Henslow (1796-1861), se livrait à des études de terrain dans le nord du pays de Galles en compagnie d'un autre professeur de la même université, Adam Sedgwick (1785-1873) - ou bien l'avait déjà quitté pour rejoindre des camarades à Barmouth -, une lettre, écrite par un certain George Peacock (1791-1858), proche de ce dernier et mathématicien influent, parvint à Henslow. L'offre qu'elle contenait devait jouer dans la vie et la carrière de Darwin un rôle absolument décisif:George Peacock à J.S. Henslow [samedi 6 ou samedi 13 août 1831]Mon cher HenslowLe Capitaine Fitz Roy est sur le point de partir pour effectuer les relevés de la côte méridionale de la Terre de Feu, visiter ensuite de nombreuses îles de la Mer du Sud & revenir par l'Archipel indien: le vaisseau est équipé expressément à des fins scientifiques, combinées avec le relevé [,]: il fournira donc une occasion rare pour un naturaliste et ce serait un grand malheur si elle devait être perdue:On m'a proposé de recommander une personne appropriée pour partir à titre de naturaliste avec cette expédition; elle sera traitée avec tous les égards; le Capitaine est un jeune homme aux manières très avenantes (un neveu du duc de Grafton), d'un grand zèle dans sa profession et dont on parle avec une très haute estime; si Léonard Jenyns pouvait partir, quels trésors il pourrait rapporter avec lui à son retour, étant donné que le navire serait mis à sa disposition chaque fois que ses recherches le rendrait nécessaire ou souhaitable; faute d'un naturaliste aussi accompli, est-il une personne que vous pourriez recommander fortement: une personne d'une qualité telle qu'elle ferait honneur à notre recommandationRéfléchissez-y: ce serait une perte grave pour la cause de la science naturelle si cette belle occasion était perdue Le navire appareille vers la fin de septembre].Pauvre Ramsay! Quelle perte pour nous tous et particulièrement pour vousÉcrivez-moi immédiatement et dites-moi ce que l'on peut faire Croyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre | George Peacock.7, Suffolk Street | Pall Mall East[P.S.]Mon cher HenslowJ'ai écrit cette lettre samedi, mais c'était trop tard pour la Poste: Quelle magnifique occasion ce serait de former des collections pour nos musées: écrivez-moi immédiatement et veillez à ce que cette occasion ne soit pas perdueCroyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre |Geo Peacock 7, Suffolk St. |Lundi