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La politique du voile
Scott Joan Wallach ; Fontaine Idith ; Marelli Joël
AMSTERDAM
17,00 €
Épuisé
EAN :9782354801601
Ce livre ne traite pas des musulmans de France : il porte sur la perception dominante des musulmans dans le paysage français. Je m'intéresse à la manière dont le voile est devenu un écran sur lequel sont projetés des images d'étrangeté et des fantasmes de dangerosité - dangerosité pour le tissu social français et pour l'avenir de la nation républicaine. Je m'intéresse, en outre, à la manière dont la représentation d'un "autre" homogène et dangereux est venue conforter une vision mythique de la République française une et indivisible. J'explore les multiples facteurs qui alimentent ces représentations fantasmatiques : racisme, culpabilité et peur postcoloniales, idéologies nationalistes, notamment le républicanisme, le sécularisme, l'individualisme abstrait et, tout particulièrement, les normes françaises en matière de conduite sexuelle, considérées comme étant à la fois naturelles et universelles." Joan Wallach Scott.
Joan W. Scott est historienne, membre depuis 1985 de l?Institute for Advanced Study de Princeton (School of Social Science). Elle est l?auteur d?ouvrages et d?articles qui ont profondément transformé l?approche historique en mettant l?accent notamment sur la question du genre, mais aussi sur l?historicité des identités, le rapport entre le langage et le réel, les relations entre science et politique, la tradition de la pensée critique (La Citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l?homme, Albin Michel, 1998). Ses derniers ouvrages insistent sur la tension entre l?universalisme républicain et l?affirmation des différences (Parité! L?Universel et la différence des sexes, Albin Michel, 2005) ou sur le sécularisme et la démocratie contemporaine (The Politics of the Veil, Princeton University Press, 2007).
Initialement parus dans la rubrique "Itinéraire" de la revue Mouvements, les entretiens réunis dans cet ouvrage retracent le parcours intellectuel de dix figures centrales de la réflexion politique et théorique contemporaine: cinq femmes et cinq hommes reconnu-e-s pour leur engagement à gauche et pour leur contribution à la pensée critique. Ces dix portraits dessinent les coordonnées politico-intellectuelles de Mouvements, mais aussi les contours d'un paysage plus général - parmi d'autres possibles: celui des transformations de la pensée critique depuis dix ans. Où l'on constate par exemple la montée en puissance du thème de la démocratie et de la citoyenneté dans un espace intellectuel qui fut durablement marqué par le marxisme, la centralité croissante de la question du genre, l'émergence de la problématique de la reconnaissance, mais aussi les tensions et les articulations possibles entre gauche "sociale" et gauche "culturelle". Ce livre voudrait témoigner du travail souvent souterrain d'une pensée critique vivante et articulée au débat et à l'action politiques.
Dans la continuité de son précédent livre, La Citoyenne paradoxale, Joan W Scott étudie la manière dont la question de la différence des sexes a été récemment rouverte, analysée et traitée dans un cadre politique et philosophique propre à la théorie républicaine française. L'émergence, dans les années 1992-1993 d'un Mouvement pour la parité, dont le but a été d'assurer aux femmes l'égal accès à la représentation politique, lui permet de montrer les derniers avatars d'une tension biséculaire qui s'est instaurée entre les exigences de groupes ou de catégories exclues en droit d'abord, en fait ensuite, de la représentation nationale comme de la réalité du pouvoir politique, et la nécessaire adaptation des institutions publiques aux idéaux démocratiques. A travers une exploration érudite des inclusions/exclusions propres à l'histoire des institutions politiques françaises, à travers également l'étude minutieuse des textes et des actions qui ont jalonné les discussions sur la parité, le livre de Joan W Scott propose une réflexion novatrice et passionnante sur la crise périodiquement recommencée de l'universalité "à la française", et sur les solutions tant bien que mal adoptées par un système politique confronté aux contraintes de son historicité.
Résumé : Alors que le débat sur la parité divise les milieux politiques, le féminisme, au-delà de la revendication égalitaire, devrait contribuer à une réévaluation de l'histoire des doctrines et des institutions de la République. Joan W. Scott, personnalité marquante de l'historiographie américaine et professeur à l'Institute for Advanced Study de Princeton, entend montrer comment l'histoire du féminisme, qui fait partie intégrante de l'histoire politique, sert de révélateur aux fondements réels du républicanisme. Les combats d'Olympe de Gouges, Jeanne Deroin, Hubertine Auclert et Madeleine Pelletier, par l'écart de leurs critiques, font apparaître les contradictions d'une théorie universelle des droits de l'homme mise au service de l'exclusion politique des femmes, Joan W. Scott, recourant au concept de gender, trop souvent incompris et caricaturé en France, analyse les différents contextes de ces luttes féministes prises dans les limites de l'héritage politique de la Révolution. Elles n'ont pu réussir, même aujourd'hui, à couper tout à fait le lien identifiant l'individu au masculin. Pour abolir les effets politiques de la différence. D'où le dilemme : soit revendiquer l'égalité au nom de l'individu (neutre et abstrait), soit définir une pertinence politique de la différence sexuelle sans briser l'universalité des droits. Ainsi, ce livre, repérant ce paradoxe au c?ur de l'histoire du féminisme, devient une invitation à repenser les principes mêmes du modèle républicain.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.