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L'art
Schwob Marcel ; Cahun Claude
WAKNINE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782493282576
Dialogue entre Dante Aligheri / Cimabue / Guido Calvacanti / Cuio da Pistoia Cecco Angiolieri / Andrea Orgagna / Fra Filippo Lippi Sandro Botticelli / Paolo Uccello / Donatello et Jan van Scorel Qui (mieux que Marcel Schwob) pouvait envisager de créer un dialogue dont le titre est par lui-même tout un programme : L'Art. Un dialogue où se trouve posée la question de la place des femmes aimées dans la création artistique. Sont conviés à cette discussion de haute volée un peintre néerlandais (Jan Van Scorel) en compagnie des plus illustres représentants de la poésie et des arts italiens. Ce dialogue malicieux, réjouissant, est comme un concentré de la manière de Marcel Schwob : éloquent, drôle, à la prouesse incontestable, savant et proche du merveilleux, où l'esprit s'avance à la façon d'un sixième sens, dont on pourrait dire, avec Paul Léautaud, qu'il s'agit là, sans doute, de "la plus belle peut-être des originalités, celle de l'intelligence".
Le biographe n'a pas à se préoccuper d'être vrai : il doit créer dans un chaos de traits humains. Leibniz dit que pour faire le monde, Dieu a choisi le meilleur parmi les possibles. Le biographe, comme une divinité inférieure, sait choisir parmi les possibles humains, celui qui est unique. Il ne doit pas plus se tromper sur l'art que Dieu ne s'est trompé sur la bonté. Il est nécessaire que leur instinct à tous deux soit infaillible. De patients démiurges ont assemblé pour le biographe des idées, des mouvements de physionomie, des événements. Leur oeuvre se trouve dans les chroniques, les mémoires, les correspondances et les scolies. Au milieu de cette grossière réunion le biographe trie de quoi composer une forme qui ne ressemble à aucune autre. Il n'est pas utile qu'elle soit pareille à celle qui fut créée jadis par un dieu supérieur, pourvu qu'elle soit unique, comme toute autre création."
La récente publication de la passionnante biographie de Sylvain Goudemare, Marcel Schwob ou les vies imaginaires (Le Cherche-Midi, 2000) a incontestablement marqué un « retour » à Schwob salué naguère par Borges comme l'un des astres majeurs de notre littérature. Le même Goudemare rassemble ici, en quelque mille pages, l'essentiel des livres qu'a laissés le grand enchanteur: Coeur double, Le Roi au masque d'or, Mimes, Le Livre de Monelle, La Croisade des enfants, Spicilège vies imaginaires... sans compter les admirables textes consacrés à la redécouverte de Villon, aux plaisirs érudits de l'argot - et à maints autres sujets hautement délectables. Découvreur de Stevenson - dont il fut presque l'égal traducteur de Shakespeare et de Defoe, Schwob est surtout un conteur de génie qui s'entend comme aucun autre à mélanger histoire et fiction: nul doute qu'il serait devenu si la mort ne l'avait fauché en pleine jeunesse, une sorte de « Borges à la française ». Il s'est contenté d'être, en notre langue, le plus sûr rival de Schéhérazade.