Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le chercheur et le quotidien. Phénoménologie des sciences sociales
Schütz Alfred ; Noschis-Gilliéron Anne ; Noschis K
KLINCKSIECK
35,00 €
Épuisé
EAN :9782252036761
Passer du concept à l'objet. Voilà ce à quoi s'emploie, avec une obstinée rigueur, la démarche phénoménologique en général, celle de Schütz en particulier. C'est bien ce à quoi il convient d'être attentif quand on sait comment la sociologie est la cible, de nos jours, de nombreuses critiques. Toutes, d'ailleurs, ne sont pas infondées. Car, outre les lassantes et puériles querelles qui la déchirent, il faut bien reconnaître qu'elle a une fâcheuse tendance à être en retard d'une guerre concernant ce que Durkheim appelait les caractères essentiels de la vie sociale. Nombreux étant ceux qui en son sein continuent avec lassitude, ennui ou cynisme, à développer des thématiques éculées n'intéressant plus personne si ce n'est eux-mêmes. Il y a donc un défi, et quelques moyens de le relever. Le Chercheur et le Quotidien est du nombre et toute l'?uvre d'Alfred Schütz pourrait être comprise comme une réponse à la lumineuse remarque de Max Weber : comment être à " la hauteur du quotidien " ? L'intérêt d'à présent, la thématique du quotidien, c'est bien cela qu'on va lire tout au long de ces pages, et c'est cela qui peut redonner à la sociologie une nouvelle dynamique. Non pas comme un nouvel objet à étudier, encore moins comme un nouveau système à appliquer, mais bien comme une mise en perspective, une assomption de ce qui se donne à voir.
Alfred Schutz est sans doute l'un des plus grands sociologues du XXe siècle. Ses travaux reposent notamment sur l'analyse des moyens mis en oeuvre par les individus pour organiser et comprendre le monde. Parmi les méthodes employées par les hommes pour appréhender leur environnement, la symbolisation est un aspect essentiel de la communication. Elle permet d'imaginer ce qui n'est pas donné à voir de manière immédiate, que ce soient les idées et les intentions d'autrui ou des faits et événements immatériels. Décrite entre autres par G. H. Mead et intégrée dans les travaux de nombreux chercheurs, tels que Howard S. Becker et Erving Goffman, cette symbolisation est un aspect fondamental de l'interaction symbolique, qui constitue le centre de ce recueil de textes. Les divers concepts développés par Schutz et leurs applications pratiques sont encore loin d'avoir été pleinement exploités et son oeuvre reste profondément moderne. Outre ses écrits concernant l'interprétation et la symbolisation du monde social, nous avons choisi d'inclure dans ce volume deux articles concernant l'un des aspects plus méconnus de son oeuvre : celui d'une réflexion sur l'engagement citoyen. Le présent ouvrage, qui compte parmi les rares à fournir un accès direct aux textes de Schutz pour le lecteur francophone, constitue l'une des meilleures introductions possibles à sa pensée.
On qualifie l'étranger d'ingrat, dans la mesure où il refuse de reconnaître que le modèle culturel qu'on lui propose lui procure asile et protection. Mais les gens qui le traitent ainsi ne s'aperçoivent pas que, au cours de sa phase de transition, l'étranger ne considère pas du tout ce modèle comme un asile protecteur, mais bien plutôt comme un labyrinthe dans lequel il a perdu tout sens de l'orientation
Les deux essais de psychologie sociale qui composent ce volume, L Étranger et L Homme qui revient au pays ont été écrits en 1944 et 1945, alors que Schütz lui-même, ayant récemment fui son pays, se trouvait précisément dans la situation de l immigrant. Au carrefour de la sociologie, la philosophie et l anthropologie, il analyse les difficultés éprouvées par l homme qui quitte son groupe d origine pour s insérer dans un nouvel ensemble social.