Au xixe siècle, des milliers de jeunes femmes viennent chercher du travail en ville. Si elles y trouvent effectivement des emplois, elles font aussi face à des dangers. Inspirées par le mouvement international, des femmes issues de la bourgeoisie protestante créent en 1886 l'Association suisse des Amies de la jeune fille (AJF), l'une des premières associations féminines du pays. Les AJF accueillent les nouvelles arrivantes dans les gares et leur proposent protection et conseils, les aidant notamment à trouver un logement et du travail. Elles ont des objectifs moraux : elles entendent combattre la traite des jeunes femmes et la prostitution, mais elles veulent également permettre à leurs protégées de mener une vie stable. Les auteures relatent ici l'histoire des AJF, association rebaptisée Compagna en 1999. Cette évocation d'un épisode particulier de l'histoire des femmes suisses est enrichie de nombreuses illustrations. Si les domaines d'activité des AJF évoluent avec le temps, les oeuvres de Compagna qui perdurent à ce jour témoignent de l'engagement social durable de l'association : de SOS Aide en gare aux hôtels pour femmes, en passant par des centres d'accueil et de consultation pour travailleuses du sexe.
Vous savez reconnaître un nom ? Un adjectif ? Un nom d'un adjectif ? Vous aimeriez pouvoir décoder la langue de bois des purs et durs du parti qui cherchent à convaincre le dernier carré avant que ne se fassent entendre les aboiements de l'opposition ? Vous préféreriez discuter agriculture biologique, indice d'écoute, blanchiment d'argent, couverture sociale, thérapie génique, tabagisme passif ? Vous vous interrogez sur le ton mi-figue mi-raisin de ce discours entrelardé de citations évoquant tous ceux qui ont l'âme chevillée au corps et dont, c'était couru d'avance, vous avez perdu le fil conducteur bien qu'il fût vibrant d'émotion ? Cet ouvrage vous permettra de traduire, d'adapter ou de transposer ces duos de mots que notre langue française s'ingénie à décliner désormais, des clichés de presse aux locutions nouvelles en passant par les expressions idiomatiques.
Chaque année, Marie reçoit un bouquet de quarante roses que Max, son mari, lui envoie pour son anniversaire : selon un rituel immuable, il lui fête ainsi ses quarante ans comme si le temps ne passait pas. Cette vaine tentative d'arrêter le temps ne fait pourtant que souligner davantage la fuite des ans et l'impossibilité où se trouve Marie de répondre à l'exigence exorbitante que lui impose son mari, celle de rester éternellement jeune. Depuis longtemps, elle ressent cette cérémonie comme une cruelle comédie, mais elle s'impose une discipline qui peut se résumer en une phrase qu'elle a retenue de sa mère : On a du style. Elle maintient ainsi une respectabilité de façade, alors qu'autour d'elle et à l'intérieur d'elle-même, tout s'écroule. Issue d'une dynastie de grands couturiers dont le fondateur est un tailleur juif venu de Galicie, Marie Minet assiste au déclin du monde dans lequel elle a grandi. La Première Guerre mondiale a mis fin à l'époque fastueuse des bals mondains. Mais la véritable catastrophe se prépare avec la montée en puissance des nazis qui éveillent en Suisse d'inquiétantes sympathies. Quarante roses, qui s'inspire de faits empruntés à l'histoire de la famille de l'auteur, tient à la force de la narration et à l'inoubliable portrait de femme que le lecteur garde longtemps en mémoire, une fois le livre refermé.
Pêche et Caro sont liées par une profonde amitié. Malgré le sexisme ambiant et la violence d'un monde de plus en plus précaire, la première ramène toujours sa bouillante amie vers plus de légèreté et de raison. Un jour, pourtant, Caro perd pied... Son apaisement viendra-t-il d'Elisée, ce clochard céleste qu'elle n'arrête pas de croiser ou se laissera-t-elle submerger par sa colère ?
Résumé : La vie n'est pas un long fleuve tranquille Sans être maniaque, Isa, 27 ans, a une vie bien réglée. Voilà onze ans qu'elle travaille chez la même fleuriste, déjeune chaque midi dans le même restaurant vietnamien et regarde chaque soir un épisode de son feuilleton préféré. Mais un petit grain de sable vient enrayer la belle mécanique... M. Lee a fermé boutique et le resto bobo branchouille qui a ouvert à la place ne sert pas de soupes de nouilles ! Le premier réflexe d'Isa est de prendre en grippe son nouveau voisin. Quel type prétentieux, ce Jens, et arrogant ! Mais n'est-il pas aussi terriblement séduisant ? Et célibataire... Avec ce deuxième roman, Petra Hu lsman signe une comédie romantique piquante. Une explosion de saveurs. "Le roman idéal pour rire et s'évader". People
Bozzini David ; Fresia Marion ; Killias Olivia ; L
Qu'est-ce que L'engagement en anthropologie ? Comment s'engage-t-on aujourd'hui ? En s'appuyant sur le parcours de notre collègue et amie Ellen Hertz, cet ouvrage souhaite renouveler la réflexion sur ces questions. Il montre l'intérêt de penser l'engagement de manière élargie, non seulement comme un souci de rendre ta recherche pertinente et accessible à un large public, mais aussi comme une responsabilité exercée au quotidien au sein des institutions académiques et au-delà. Si Ellen Hertz s'est engagée par ses choix de recherche centrés sur l'analyse du pouvoir, sa trajectoire est aussi faite d'engagements a priori plus ordinaires - pédagogiques, diplomatiques, relationnels et amicaux, de mentoring et d'encadrement - la plupart du temps absents des débats sur le sujet. S'inspirant de cette trajectoire, onze contributions nous invitent à explorer et à valoriser la diversité des manières de s'engager, loin d'une science uniquement motivée par la course aux publications. L'engagement s'y dessine comme un art aux facettes multiples, qui se déploie tant à partir de positions prestigieuses d'autorité et d'expertise, que dans des activités académiques et administratives peu visibles, voire ingrates. Un art qui repose sur l'indignation tout comme sur l'humour, la légèreté, le care et l'amitié, mais qui souvent suppose une disponibilité totale dont les coûts et les limites sont également abordés dans l'ouvrage.
J'ai dix-huit ans passé, je n'ai aucun métier dans les mains, c'est vraiment triste." Voici comment Gérard, placé dans diverses familles et foyers d'accueil, résume sa situation professionnelle. Tout comme lui, de nombreux enfants et adolescents-es placés durant les années 1950 à 1980 peinent à acquérir des ressources pour leur entrée dans la vie adulte. Pourtant, à cette même époque, commence une transition économique et sociale permettant la démocratisation des études et l'explosion de la culture et de la sociabilité de la jeunesse. La modernisation et les progrès apparents ne touchent cependant pas toutes les catégories de population de la même manière. Les jeunes placés sont particulièrement prétérités et peuvent être considérés comme les oubliés des Trente Glorieuses : ils restent en marge de ces évolutions et sont confrontés à une réalité bien différente de celle de la majorité lorsqu'il s'agit d'effectuer une formation et de nouer des relations durables. A partir de dossiers individuels, cet ouvrage met en évidence les difficultés rencontrées par les jeunes placés pour acquérir du capital humain et du capital social. Comment les autorités justifient-elles les placements et comment ces mesures sont-elles concrétisées ? De quelles opportunités de formation les jeunes placés disposent-ils ? Quelles relations sociales peuvent-ils développer pendant la durée de l'intervention ?
Les barrières socio-économiques érigent des remparts dans l'accès aux postes politiques ! Cet ouvrage révèle comment la rémunération des mandats exécutifs a sculpté une élite exclusive dans les villes suisses. Plongez au coeur d'une recherche historique minutieuse sur 73 ans dans les archives de Zurich, Lausanne, Lucerne et Lugano, dévoilant une professionnalisation précoce remettant en question le principe suisse de la " milice ". Les salaires visent à attirer les cadres des classes supérieures, engendrant une fracture sociale dans le paysage politique. D'un côté, les notables fortunés issus de professions libérales, de l'autre, les professionnels du secteur public et de la politique. Cette étude révèle l'essor d'une nouvelle élite excluant les salariés modestes et redessinant le pouvoir au sein de nos villes. Une exploration saisissante des transformations des élites politiques, révélant les complexités et les défis d'une démocratie confrontée à des hiérarchies sociales profondes.