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Blessures de mémoire
Schneider Michel
GALLIMARD
16,00 €
Épuisé
EAN :9782070223213
L'inconscient parle de l'infantile et du sexuel. L'inconscient de la psychanalyse - de sa pratique, de sa théorie, de son institution - en parle aussi. Mais les analystes, le plus souvent, n'en veulent rien savoir : comme les hystériques, ils souffrent de réminiscences. Leur origine paraît s'être perdue en chemin, tout en se transmettant de bouche à oreille. Il faut donc leur retourner la question de l'enfance et leur demander :"D'où viennent les psychanalystes ?"A cette question est donnée ici une première réponse : les psychanalystes viennent de la bouche de Freud. C'est une réponse partielle, comme la pulsion, et partiale, comme le parti pris. Elle parle, elle saigne, elle vomit, elle se tait, elle pense, elle mord, elle écoute, elle mange et tue, rassemble et maudit, la bouche de Freud. Bouche de transfert, qui chante bien des musiques : névrose, psychose, nécrose, narcose. Il ne s'agit pas ici d'un travail d'historien qui viserait à restituer la psychanalyse in statu nascendi. L'auteur a préféré, fidèle en cela à la méthode analytique, reconstruire, associer, lier entre elles les histoires qui furent tramées entre Freud et les siens. Ainsi se découvrent des "blessures de mémoire", au sens d'une mémoire blessée, mais aussi de blessures où la mémoire prend source.
«Entrez ! Entrez dans le théâtre du passé ; découvrez mes gens et mes pays étranges. Derrière le rideau bleu passé, peu de chose : des souvenirs, des mensonges. Mes objets de musique, on pourrait presque les toucher à travers le temps : un piano à queue Pleyel des années vingt, un disque en matière plastique rouge, un sifflet, des cloches à New York et même une camionnette dans la banlieue... Déchets de vies échouées aussi incompréhensibles qu'elles. "Larmes des choses". Pourtant, même en les collectant avec patience et hargne, jamais je ne retrouverai la scène entière. Le passé n'est pas derrière le rideau séparant le salon de musique du dehors, où l'enfant rêvait de connaître la vraie vie. Il n'est pas non plus le rideau lui-même. Seulement son bleu, et une étoffe de poussière.» Michel Schneider.
Dans ce voyage autour de sa bibliothèque, celui qui se nomme lui-même l'homme aux livres expose une maladie étrange. Porté par un même désir vers les femmes et les livres, longtemps il s'était couché tard, prenant les unes pour les autres. Et l'inverse. Marchant dans sa chambre bibliothèque parmi, et parfois sur les livres, il croise des amis écrivains perdus et retrouvés : Montaigne, Pascal, Flaubert, Borges, Sartre, Proust, Stendhal, Bernanos... Il se souvient s'être souvenu de femmes dont il a oublié le nom mais pas la peau. Au fil des pages, le défilé bruyant des frères de mots s'efface dans le silence glacé d'une troupe de fantômes et le voyage sentimental au pays des femmes et des filles devient le voyage d'hiver d'un homme qui regarde tout de loin, comme on regarde ce qui ne vous dit plus rien.Dans un livre, autrefois, il avait écrit : "Lire c'est cesser de mourir, et mourir, cesser de lire." C'était le bon temps. Connaîtrait-il d'autres amours encore ?M. S.
Je tiens ici le registre des morts imaginaires d'écrivains réels. J'ouvre le rideau au moment où La commedia è finita, ce qui n'est pas forcément un mal, si j'en crois plusieurs de ces mourants, écarquillés devant la merveille d'une robe qui bruit : alors, la vie leur apparaît toute neuve. " Avec émotion et érudition, Michel Schneider traite, à travers trente-six portraits d'écrivains saisis dans leurs derniers instants, de l'expérience la plus commune, la mort. Une certaine histoire de la littérature, où les derniers instants de Pascal, Kant, Flaubert, Rilke, Zweig, Buzzati et tant d'autres sont comme l'ultime révélateur de... la vie.
Né en 1944, Michel Schneider, écrivain et critique littéraire, a été directeur de la musique et de la danse au ministère de la Culture de 1988 à 1991. Il est l'auteur de La Comédie de la culture et de plusieurs ouvrages sur la musique, notamment Glenn Gould piano solo, Prima donna, Musiques de nuit. Il a reçu le prix médicis de l'essai en 2003 pour Morts imaginaires et le prix Interallié 2006 pour Marilyn dernières séances.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.