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Philosophie N° 96, Hiver 2007
Schiller Friedrich von ; Teisserenc Fulcran ; Lava
MINUIT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707320254
Ce numéro s'ouvre par la présentation et la traduction, dues à A. Yuva, de la leçon inaugurale donnée en 1789 à l'Université d'Iéna par Schiller et portant sur l'idée d'histoire universelle. Bien qu'il ait été surtout retenu par la postérité comme l'un des plus grands dramaturges et poètes allemands, Schiller mena un important travail d'historien, au point d'être qualifié par Mme de Staël de plus éminent des " historiens philosophiques ". Il tente de définir dans cette leçon le concept d'histoire universelle qui, telle une sécularisation de l'ancienne historia universalis catholique, exclut à l'opposé de cette dernière la nature pour se centrer sur l'homme, tout en en conservant l'orientation sur la Providence et sur le problème de la téléologie. Bien que partant de la diversité des sociétés extra-européennes popularisée par la littérature de voyage, il affirme l'unité du genre humain et réduit cette diversité géographique aux étapes historiques de réalisation de l'idéal d'humanité : l'histoire universelle part d'un état primitif supposé de l'humanité, pour élucider le lien entre passé et présent comme processus téléologique de réalisation de l'idéal. Dans " Puissance, activité et passivité dans le Sophiste", F. Teisserenc se consacre à un passage du Sophiste de Platon où l'Étranger, après avoir énuméré les diverses théories de l'être qu'a produites la philosophie, recherche un dénominateur commun entre matérialistes et idéalistes et propose de caractériser l'être par la puissance. Cette assimilation se réduit-elle à un aperçu occasionnel extérieur à la pensée platonicienne, ou implique-t-elle au contraire un changement profond au sein de l'ontologie platonicienne ? En effet, si on l'applique au rapport entre connaissance et Idées, n'entraîne-t-elle pas que les Idées s'altèrent lorsqu'elles sont connues, donc qu'elles sont soumises au devenir ? Dans " L'ineffable et l'impossible : Damascius au regard de la déconstruction ", L. Lavaud part de la critique derridienne de la tradition appelée " théologie négative " : en posant un principe " au-delà de l'essence ", on ne ferait que redoubler par une hyperbole spéculative les traits de l'être, condamnant d'emblée à l'échec la tentative de percée hors de l'ontologie. Prenant le contre-pied de cette critique, l'auteur montre que non seulement la réflexion philosophique sur le principe peut introduire une véritable rupture avec le discours sur l'être, mais que Damascius était en outre parfaitement lucide quant aux difficultés inhérentes à l'usage des concepts les plus courants de la métaphysique grecque ; seule une vigilance critique extrême vis-à-vis de ces concepts rend possible une métaphysique qui ne se réduise pas à l'ontologie. Enfin, dans " Soustraction et contraction ", Q. Meillassoux se propose d'éclairer la notion deleuzienne d'immanence à partir d'une remarque de Qu'est-ce que la philosophie? concernant le premier chapitre de Matière et mémoire, où Deleuze affirme que Bergson y est parvenu à égaler l'immanence radicale de Spinoza. Il tâche alors de comprendre pourquoi les chapitres ultérieurs de Matière et mémoire n'atteignent pas à la radicalité du premier chapitre, puis tente de construire une philosophie qui serait tout entière appuyée sur ce seul premier chapitre, afin d'exhiber à partir d'un tel modèle à quoi peut ressembler l'immanence selon les réquisits de Deleuze.
Résumé : Schiller s'est approprié le sens d'un mythe philosophique: l'emprunt de la ceinture d'Aphrodite par la reine du Ciel dessine les frontières de la grâce, car cette ceinture, et elle seule, peut conférer la grâce d'amour. Quelle est donc cette beauté du mouvement, qui n'est pas seulement un passage de la nature, si elle est grâce ? Quelque chose s'y ajoute, qui est de l'ordre de la liberté arbitraire ou de l'arbitraire du mouvement libre. Ici surgit Vénus, parfaite à partir de l'écume. Les poètes philosophes et les philosophes poètes de l'Allemagne en pays souabe - Schiller, Hôlderlin, Schelling, Hegel -, tous semblent vouloir approcher de cet instant intermédiaire, ni corps ni âme, où un mouvement du corps féminin traverse le paysage et fait frémir l'espace. Sur ce grand inédit schillérien souffle à nouveau le vent de Stuttgart et de Tübingen, de Iéna et de Weimar.
Friedrich Schiller (1759 - 1805) est le fils d'un médecin militaire et d'une fille de restaurateurs peu fortunés. Le père est sévère mais donne à son fils jusqu'à l'âge de treize ans une éducation solide. Sur l'ordre despotique du duc Karl Eugen de Souabe, contre la volonté des parents, Schiller doit entrer dans une école militaire où il mène des études juridiques et médicales. La discipline y est draconienne et le contact avec la vie extérieure interdit. Schiller écrit sa première pièce : Les Brigands. A cause d'un voyage sans permission - Schiller s'était rendu à la première des Brigands à Mannheim (1782) - le duc le met en détention et lui interdit d'écrire. Schiller s'enfuit et espère trouver de l'aide chez le baron von Dalberg, directeur du théâtre de Mannheim qui avait créé Les Brigands avec un succès foudroyant. Mais peu désireux de provoquer un incident diplomatique en tendant la main à un déserteur, von Dalberg tient Schiller à distance. Dépourvu de toutes ressources, celui-ci mène pendant quelques semaines une vie de misère avant de trouver, sous un faux nom, refuge en Thuringe chez Henriette von Wolzogen dont les fils avaient été ses condisciples. En s'enfuyant, Schiller avait sa deuxième pièce dans la poche. La Conjuration de Fiesco à Gênes marque le début d'une longue et fructueuse collaboration de l'auteur avec l'Histoire. Fasciné par la notion du "génie", le jeune auteur découvre à travers la figure historique de Fiesco une incarnation du "grand homme", personnage hors du commun par le but qu'il poursuit et les moyens qu'il mobilise.
Résumé : Dans le temple de Thalie et de Melpomène, du moins tel qu'il est chez nous, la déesse du lieu trône, reçoit dans son vaste sein le scientifique abruti et l'homme d'affaires épuisé : elle endort l'esprit d'un sommeil magnétique tout en réchauffant leurs sens engourdis et en berçant leur imagination d'un doux balancement.
Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme est un traité de Friedrich Schiller rédigé sous forme épistolaire qui discute les thèses de Kant sur l'esthétique et analyse le déroulement de la Révolution française. Elles ont pour origine les lettres que Schiller adressa au duc Frédéric-Christian de Schleswig-Holstein entre février et décembre 1793. Celles-ci disparurent dans un incendie. En février 1794, Schiller commença à en rédiger une nouvelle version. Les lettres furent publiées en 1795 dans la revue "les Heures" .
Un des pionniers du Théâtre de l'Absurde, Samuel Becket, offre un spectacle qui fait rire jaune à plus d'une reprise. Deux personnages en attendent un troisième et pendant cette attente, ils refont le monde à leur manière. Jamais ce que l'on nomme l'absurde n'aura été si visionnaire et réellement vrai.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.
Résumé : Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.
Découvrez les 500 citations les plus importantes de la philosophie, dans un format très pratique à emporter partout ! 500 citations, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine. Un classement selon les notions au programme de l'épreuve de philosophie du baccalauréat : le sujet, la culture, la raison et le réel, la politique, la morale. Un index des philosophes cités.
Découvrez ou redécouvrez les oeuvres clés de la philosophie, des Dialogues de Platon à l'Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault. Les oeuvres majeures de chaque philosophe sont résumées, et leur apport dans l'histoire de la pensée est mis en avant et explicité. Ce petit livre donne les clés nécessaires pour construire une dissertation ou un commentaire de texte, mais se veut aussi une invitation à lire de la philosophie...
O'Donoghue Brendan ; McGlain Paula ; Rojinsky Math
Une excellente introduction à la philosophie pour tous ceux que cette discipline attire mais qui n'osent pas s'y plonger. Un ouvrage accessible, illustré et poétique qui initie en douceur aux grands questionnements et aux grandes doctrines philosophiques. Aventurez-vous dans l'étrange contrée qu'est la philosophie, en lisant d'étonnants contes et récits folkloriques et en découvrant les idées pionnières des grands penseurs. Laissez-vous guider vers la sagesse et laissez-nous changer la manière dont vous voyez autrui, le monde qui nous entoure ou encore la façon dont nous vivons sur Terre. A travers d'innombrables récits, contes et questionnements, Aventurez-vous en philosophie va développer votre curiosité, votre capacité à questionner le monde, votre aptitude à vous questionner et à penser par vous-même. Une invitation à la philosophie, dans l'esprit du Monde de Sophie.