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Philosophie N° 102, été 2009
Schelling Friedrich von ; Vioulac Jean ; Perrin Ch
MINUIT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707320858
Ce numéro s'ouvre sur la suite de la dissertation de Schelling Sur le rapport du réal et de l'idéal dans la nature, publiée en 1806 en guise de préface à la seconde édition de l'Ante du Monde (1798) - dont le début a été publié dans le numéro précédent. Rappelons qu'elle tend à faire le lien entre la Naturphilosophie du jeune Schelling et celle qui, à partir de 1801, vient s'intégrer au système de la " philosophie de l'identité " ; à partir d'une redéfinition dynamique de l'absolu comme lien intrinsèque du fini et de l'infini, et désir infini de sa propre révélation, Schelling reconstruit les concepts essentiels d'une philosophie de la nature destinée à élucider les modalités de la présence de l'absolu. Suit un article de Jean Vioulac intitulé " Capitalisme et nihilisme. Marx et le problème du dépassement de la métaphysique ". Si Heidegger définit la technique comme métaphysique accomplie, Marx est pour l'auteur le penseur de cet accomplissement. Fondée sur la logique de Hegel, l'analyse marxienne du capitalisme y découvre un dispositif où l'universel abstrait s'autoproduit en opérant une subsomption systématique des travailleurs vivants ; vu que son inversion de la métaphysique hégélienne le conduit à définir l'être par le travail singulier, Marx voit en ce dispositif un processus d'annihilation où s'accomplit l'essence même de la métaphysique - à savoir le nihilisme. Dans " Levinas et l'autre solitude ", Christophe Perrin montre que, rompant avec l'évacuation de la solitude hors du champ philosophique, Levinas fait de celle-ci un motif phénoménologique déterminant - et ce dès ses premiers essais, qui le mènent de l'existence à l'existant. Loin de la confondre avec l'isolement ou la désolation, de la dédoubler en solitude du solitaire et de l'esseulé, ou de la ramener à des actes intersubjectifs comme le délaissement, l'abandon, l'exil ou la séquestration, il lui confère une fonction centrale dans l'" économie générale de l'être " à laquelle s'oppose l'autrement qu'être - rédigeant ainsi les prolégomènes à une possible phénoménologie de la solitude. A rebours d'une conception providentialiste de la mort, qui la voit comme le prix nécessaire de la vie des individus ou du groupe, Philippe Huneman souligne, dans " L'individualité biologique et la mort ", le changement de perspective radical qu'induit la vision néodarwinienne : l'explication de l'origine évolutionnaire de la mort insiste sur le primat logique de la mort " accidentelle " sur la mort intrinsèque des organismes ou la sénescence - elle la voit en effet comme un sous-produit de l'action de la sélection naturelle dans des environnements définis par le risque plus ou moins élevé de mort accidentelle. L'auteur examine ensuite les perspectives récentes de la biologie cellulaire sur la mort, afin de construire une vision d'ensemble de la contribution des biologies fonctionnelle et évolutive à propos de l'émergence de la mort comme telle, ainsi que de l'articulation des diverses " morts " à plusieurs échelles de la hiérarchie biologique (par exemple les cellules et les organismes). D. P.
La Philosophie de la Mythologie de Schelling est encadrée de trois côtés, par l'Introduction historico-critique qui établit la relevance philosophique de la mythologie ; par le Monothéisme qui définit la problématique générale ; par la Philosophie de la Révélation qui relie le procès mythologique au développement in extenso. Mise en chantier depuis les années vingt, professée à partir de 1828, elle précède en fait ces développements annexes. C'est une ?uvre relativement stable, témoin, repère, voire facteur de la grande mutation de la pensée schellingienne après les Ages du Monde. Le tournant concerne surtout l'essence religieuse de la mythologie. Stimulés par l'ambiance savante de l'époque, par les découvertes foisonnantes des mythologues, archéologues, orientalistes et autres, les exposés de Schelling témoignent d'une somme considérable de lectures. La mythologie est intégrée à la religion et à la philosophie, à une philosophie élargie à la dimension de son objet. Rivalisant, en philosophe, d'érudition avec les savants, il entend donner la parole aux seuls documents. L'auteur privilégie, contre toute interprétation allégorisante, l'interprétation interne, tautégorique, de la mythologie. C'est une sorte d'histoire immémoriale, régie par la loi universelle de la catabole ; l'histoire documentée d'une humanité tragique en proie au dieu. Une histoire surnaturelle qui se déploie entre le moment fatal, inscrutable, de la Chute, et l'avènement d'un Rédempteur, inscrite en filigrane dans tout le cours du procès subjectif nécessaire. Schelling se singularise par la structure rigoureuse de la construction, par la cohérence des moments qu'il articule sans rigidité. Il sait également assumer les anomalies éventuelles, extra mythologiques, qui confirment au fond la loi suprême du monde, la loi de justice édictant que rien ne soit célé, mais porté au grand jour, manifesté, révélé.
On a dit à juste titre du Discours sur les arts plastiques de Schelling qu'il était la chose la plus parfaite qui soit venue sous sa plume. II est vrai que le brillant exposé que le philosophe présente le 12 octobre 1807 devant l'Académie des Sciences de Munich est le seul de ses textes dont on puisse affirmer qu'il accomplit l'idéal d'un jugement sur l'art qui soit en même temps une oeuvre d'art. En montrant comment l'ouvre surgit des profondeurs de la vie pour devenir une authentique manifestation de l'absolu, il offre un prolongement original à la méditation sur la nature que Schelling développe depuis ses débuts philosophiques. Depuis que lui est apparue la lumière de 1801, ce dernier entend en effet faire de la philosophie de la nature le fondement d'une métaphysique concrète sur laquelle appuyer toute une vision de l'histoire. Son effort pour transformer la métaphysique en une véritable science et pour l'ouvrir sur la vie et sur le mouvement de la société dans son ensemble, le conduit à en faire une notion immédiatement politique : sans elle, rien de grand ne serait apparu dans le monde. Le Discours sur les arts plastiques se rattache ainsi, par les réponses qu'il apporte au problème de la culture, aux deux autres brefs essais, Sur l'essence de la science allemande et la recension d'un ouvrage de Niethammer, dont nous joignons une traduction. Le dialogue avec les fondateurs du néo-humanisme que Schelling met en œuvre dans les trois textes que nous regroupons conduit dès lors à se demander si l'on peut s'aider d'un concept élargi de la science pour répondre à cette crise de la culture que les derniers penseurs de la philosophie classique allemande ont cru pouvoir diagnostiquer. Au moment où l'on forge le mot même d'humanisme, peut-on encore accorder un quelconque crédit, peut-on prêter la moindre valeur aux notions de création, de science et d'éducation nationales ?
L'entrée sur la scène philosophique du jeune Schelling qui s'engage dans la problématique kantienne fut "fracassante". Mais la "refondation", si elle passe d'abord par l'affirmation du primat de la liberté, débouche aussi sur l'énigme de la liberté humaine finie, que Schelling ne cessera de méditer. En soulignant l'ambiguïté de l'intuition intellectuelle, les Lettres témoignent de la percée au-delà de Kant, ouvrent le débat avec Fichte et marquent les premiers jalons de la métaphysique achevée.
En dépit de l'apparente diversité de leurs objets, les deux parties qui composent cette Introduction à la philosophie de la mythologie traduisent un unique dessein : opposer à la dialectique hégélienne alors triomphante une dialectique plus authentique, car reconduite à sa source grecque - chez Planton, mais aussi, de manière plus inattendue, chez Aristote. Le ressort de cette dialectique consiste dans l'auto-élimination progressive de tout ce qui est de l'ordre de l'hypothèse, du possible, de la «puissance», pour que surgisse, à la fin, la singularité nue et inébranlable d'un fait.La première partie, la plus anciennement rédigée, applique cette méthode à la mythologie, et, après avoir fait s'effondrer les différentes «explications» de celle-ci, débouche sur l'historicité radicale du processus au long duquel, dans la métamorphose réglée des dieux, se constitue la «religion sauvage» de l'humanité. La seconde partie, qui représente en philosophie le dernier mot de Schelling, va soumettre au travail dialectique le contenu le plus immédiat de la pensée, l'idée de l'Etre (ou de l'Etant, >, comme préfère dire Schelling, là encore fidèle aux Grecs), dont la patiente et minutieuse déconstruction dégagera le noyau caché, l'acte pur d'exister, que la raison ne peut plus contenir et qu'elle doit poser hors d'elle-même comme le point de départ d'une philosophie encore inouïe - la philosophie positive.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Un des pionniers du Théâtre de l'Absurde, Samuel Becket, offre un spectacle qui fait rire jaune à plus d'une reprise. Deux personnages en attendent un troisième et pendant cette attente, ils refont le monde à leur manière. Jamais ce que l'on nomme l'absurde n'aura été si visionnaire et réellement vrai.
Résumé : L'esthétique est une fois encore à l'ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d'en découdre avec la fin proclamée de l'Art, tient pour évident l'objet de cette discipline. Or l'esthétique est relativement récente : la réflexion sur l'art est une histoire parallèle à celle de la rationalité. Marc Jimenez en retrace ici le développement. C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, qu'elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s'ouvrent des voies diverses : la science du beau (Kunstwissenschaft) n'est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l'Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D'où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche ; le tournant politique de l'esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment) ; le tournant culturel de l'esthétique (Goodman, Danto, etc.). Rarement un ouvrage aura dressé un panorama aussi exact qu'utile de l'esthétique d'hier à aujourd'hui, alors que l'art demeure, pour la philosophie, une question essentielle.
Résumé : Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
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