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Pour un traité des corps imaginaires
Schefer Jean-Louis
POL
11,90 €
Épuisé
EAN :9782818021439
Le monde de la mémoire par lequel nous tenons à la réalité passée est un univers dont nous ne sommes pas départagés. Le retour du passé (vécu, imaginé) est-il celui d'images dans lesquelles nous sommes pris comme des corps transparents, des semblants d'existence ? Que régissent les images ? Elles sont au carrefour de tout processus de pensée et comme le substrat sur lequel s'édifie l'interprétation d'un réel qui ne peut exister sans langage et sans imaginaire, c'est-à-dire sans les formes par lesquelles nous l'appréhendons. Cet essai n'a d'ordre que celui d'une promenade (méditation d'un promeneur) dans ce que nous croyons le temps : dans ce que la mémoire a immobilisé pour notre éternité. Deux tableaux ponctuent ces méditations : le portrait d'une jeune fille par Berthe Morisot, une chambre vide à Venise par Turner. Le texte fait le songe de la réalité que la mémoire invente. Avons-nous jamais été dans les images qui composent nos souvenirs ? Elles sont les corps étrangers dont notre mémoire se nourrit.
De ce tremblement de terre dont nous imaginions qu'il nous avait réellement mis au monde, je devinais que les maisons étaient désormais des écrans de papier à l'abri desquels nous saurions écrire, dessiner et laisser traîner le pinceau de l'aquarelle. Plus rien désormais ne devait être solide ni aucun corps survivre à la perpétuelle mort du Christ qui a fait tout le poème de notre enfance.
Résumé : Les films font partie de la biographie ou des expériences de chacun. C'est cette participation qui est ici interrogée comme phénomène de souvenir, comme zone de sentiments liée à l'expérience du spectateur de cinéma. C'est de ce point de vue encore que l'auteur s'interroge sur le sens des images et sur la "machine" cinématographique : il voudrait comprendre comment une telle "machine" produit non seulement des films (des narrations, des simulations de mondes ou d'actes), mais aussi des spectateurs. L'auteur est donc amené à s'interroger sur l'invention du cinéma et son fonctionnement pour quelqu'un, son spectateur. Cette première partie est suivie d'une analyse de photographies de films (une quarantaine) : il s'agit pour l'auteur de compenser la disparition du scénario dans la lecture des photos choisies. Le choix des images ne répond pas à un projet d'histoire du cinéma, ce n'est pas non plus un choix strictement thématique. Les photos (dont une grande partie tirée de films burlesques, mais aussi de films de Renoir, Hitchcock, Dreyer, etc.) ont été retenues pour leur effet général : c'est parfois pour leur composition, un détail de mise en scène, une qualité de la lumière, un cadrage particulier, mais aussi pour les amorces de scénarios ou de fictions qui se déclenchent sous leur lecture.
Résumé : Ainsi Teste aurait été à l'école ? Non, du moins pas lui-même. Il a dû, comme il l'a toujours fait, emprunter le corps de quelqu'un d'autre. Le corps ou l'esprit écolier débrouillant sa grammaire dans des lectures. - Alors, pas d'enfance ? Non, il est né vieux - d'ailleurs avez-vous déjà vu vos fantômes enfants, à la mamelle, au berceau, à l'état de bébé ? Pas l'ombre d'un biberon dans cette vie - peut-être, après tout, un encrier, un encrier à tétine ? - Mais alors ? - il était le confesseur, non le professeur ; le confesseur avant la faute. Quelque chose, si j'osais, comme l'ombre avant le corps, ou bien un corps sans ombre - une machine ? - cet emploi d'autrefois qu'on nommait un répétiteur : "Répétez après moi !"
Présentation de l'éditeur Reprenant au détail l'analyse systématique d'un tableau vénitien du XVIe siècle, Une partie d'échecs, le présent essai entend déplacer les grilles formelles d'une première publication. Ce travail de jeunesse avait donné lieu à un malentendu qui s'est nommé sémiologie des arts visuels. L'auteur était une ombre, il y manquait la chair, la peinture et la comédie des passions simulées, c'est-à-dire les raisons de notre attachement aux fictions. Ce livre-ci, à son tour, s'annule de lui-même : tout doit s'effacer. Le plaisir est la disparition de son objet, l'assurance de son évanouissement. L'objet d'élection ne meurt pas, il devient le passé. Seule la jouissance en est le présent.
Résumé : Tilliers, petite ville de France, à la fin des années soixante. Dans la famille Farkas, Claire (la mère) soutient et transmet ; Luciane (la fille) se révolte et s'émancipe ; Abraham (le père) écoute et soigne ; Franz (le fils) observe et (s')écrit. Ensemble et séparément, ils vivent et racontent les séquelles de la guerre d'Algérie et les conséquences de Mai 68 ; la cause des femmes et les silences des hommes ; l'acné juvénile et les cicatrices du colonialisme ; les mélodies des Beatles et les maladies d'amour.
Résumé : "Quand je quitte la route principale, Hélène se relève et vient poser sa tête sur mon épaule, nos regards se trouvent dans le rétroviseur central, elle murmure : "Ici finit la civilisation ! " C'est elle qui le dit".
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.