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L'embarras de richesses. Une interprétation de la culture hollandaise au siècle d'Or
Schama Simon
GALLIMARD
59,00 €
Épuisé
EAN :9782070717293
La première originalité de cette vaste entreprise réside dans la pétulante et joyeuse allégresse avec laquelle cet Anglais de Harvard veut envoyer promener tous les déterminismes historiques, toutes les catégories classificatoires, tous les modèles économiques par lesquels on a voulu expliquer le "miracle" hollandais. "La Hollande de Rembrandt était plus riche en mystères de la chair et de l'esprit que ne le permet le cliché sociologique". Et Simon Schama de se lancer, armé seulement d'une invisible érudition et d'une imbattable familiarité sur la moindre trace de la "hollandité", dans la reconstitution d'une géographie morale de l'esprit hollandais, entre la peur du déluge et l'espoir du salut, entre l'attirance pour le monde extérieur et l'attachement au foyer, entre l'assouvissement de l'appétit et son déni, entre l'exaltation de la richesse et la perdition dans sa surabondance. Puzzle immense, fantastique collage réparti en quelques grandes zones d'interrogations : l'image que les Hollandais se faisaient d'eux-mêmes, de leurs origines et de leur destinée, leur attitude ambivalente envers la richesse économique, l'organisation matérielle et symbolique de leur univers domestique et familial. "La plus extraordinaire invention du pays qui allait devenir fameux pour son ingéniosité fut sa propre culture". Ce sont les mille et mille signes de cette invention qui fascinent et provoquent ce nouveau Huizinga, l'inépuisable bric-à-brac mental qui lui permet d'interpréter, à son âge d'or, un peuple dont le génie singulier est de ne jamais cesser de paraître aussi familier qu'incompréhensible.
Trois siècles après sa mort, Rembrandt demeure le plus aimé et aussi le plus mystérieux des grands maîtres de la peinture, même si les nombreux autoportraits jalonnant son existence nous ont rendu son visage familier. En réalité nous possédons peu d'éléments biographiques : le fils du meunier de Leyde qui fut brièvement célèbre à Amsterdam et dont le génie fut apprécié de ses contemporains par intermittence, connut la ruine et mourut dans la pauvreté. Pourtant aucun artiste n'a autant stimulé l'imagination, aucun autre ne s'est vu attribuer autant d'oeuvres -- le processus inverse est d'ailleurs en cours.Pour Simon Schama, dont le livre a été en gestation pendant 20 ans, c'est dans les tableaux qu'il faut rechercher la véritable biographie de Rembrandt. L'étude qu'il nous fait de son parcours est minutieuse, se fonde sur un examen très fouillé de nombreux tableaux et dessins, d'un ton singulièrement personnel et passionné, d'une autorité parfois agressive, aussi convaincante que provocante.Ce livre dépasse largement les frontières de la biographie conventionnelle. Avec une immense sympathie pour son sujet et une profonde connaissance de la Hollande et des Hollandais au 17ème siècle (cf déjà L'embarras de richesses), Schama recrée le monde tel que Rembrandt le voyait et le percevait, avec ses bruits, ses odeurs, ses événements politiques, les influences qu'il eut à subir : à savoir les luttes acharnées entre Provinces Unies protestantes et Espagne catholique, le calvinisme austère dans sa Leyde natale ; les exigences des mécènes, les ambitions des contemporains ; l'importance des femmes (Saskia l'épouse bien aimée, Hendrickje Stoffel la maîtresse) ; et avant tout l'ombre écrasante du grand catholique anversois Pierre Paul Rubens, dont la carrière obséda Rembrandt pendant la première partie de sa vie.
«On ne voit jamais un paysage, on le revoit : il est là, gravé en nous par les récits, les mythes collectifs, les images les plus diverses, des gravures aux tableaux, des cartes postales aux films. Et c'est ce travail collectif de la mémoire, la constitution de paysages idéaux par accumulation de récits, de descriptions, de journaux de voyages d'images, que Schama élucide. [...] Ces visites des hauts lieux naturels, "où soi-même", sont à chaque fois l'occasion d'une démonstration érudite (Schama fait un très bel usage des citations) et d'une écriture très maîtrisée. Etudiant le travail quasi poétique opéré par la mémoire collective sur bon nombre de paysages, Simon Schama se fait lui-même écrivain. Sans doute est-ce là que son appel provocateur en faveur d'une autre histoire est le plus convaincant : le récit, dans ce livre, brasse les métaphores, les citations et l'analyse selon un fil narratif dont le pouvoir de suggestion gagne, à lui seul, le statut d'un paysage. Enserrant et répondant à ce paysage de mots, il convient de mentionner enfin le très beau travail d'illustration proposé ici, les images s'ajustant à l'écriture tout au long d'un ouvrage qui fait date.».
Un historien mène l'enquête. Simon Schama n'a que deux certitudes, le reste pourrait bien n'être que spéculations hasardeuses. Première certitude : Québec, 1759. Le général Wolfe a trouvé la mort face aux Français sur le champ de bataille. Londres, 1771, à la Royal Academy. Le peintre a spéculé sur la lumière qui baigne le visage du vainqueur-martyr rendant l'âme entre ses aides de camps. Immense succès mondain. Benjamin West se spécialisera désormais dans les agonies héroïques. Le général a-t-il eu vraiment le bon goût de trépasser avec un tel décorum ? A supposer que le peintre soit l'auteur de toute cette mise en scène, le crime profiterait sans doute à l'Empire britannique dont l'étoile montante exige icônes et allégories... Seconde certitude : Harvard, 1948. Le Dr Parkman, aliéniste, rejetons excentrique d'une grande famille de Boston, disparaît après avoir acheté une laitue et collecté ses loyers. La police n'écarte aucune hypothèse et les langues vont bon train. Les soupçons se portent bientôt sur un collègue professeur de chimie, locataire impécunieux de la victime. John Webster a-t-il vraiment tué ? On n'a contre lui que des présomptions. Et déjà le jeu des pouvoirs en présence s'emploie à changer le voisin, l'ami, le familier en un monstre étrange et ténébreux. A qui profiterait ce crime-là ? Peut-être à l'establishment universitaire, imbu de sa vertu, désarmé face à la crise sociale et morale qui s'annonce, soucieux de masquer son désarroi par un cérémonial d'exclusion du bouc émissaire... Ces deux nouvelles historiques nous captivent à l'égal du thriller le plus efficace. Nous avons en main les pièces à conviction, le dossier complet présentés avec brio, humour, humanité. A vous de juger, semble nous dire l'auteur. Mais lorsque Simon Schama assassine les certitudes avec préméditation, le crime profite au lecteur.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.