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BRECHT OU LE SOLDAT MORT
SCARPETTA GUY
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246007456
Qu'en est-il de Brecht aujourd'hui? Momifié, académisé par la gauche bien-pensante, il semble devenu la figure majeure du nouveau conformisme culturel. Partout joué, lu, cité, commenté, Brecht apparaît comme l'ultime exemple incontesté de cette monstruosité: l'art militant. Guy Scarpetta en a eu assez de cette idolâtrie, des unanimités qu'elle suscite et des mythologies vieillies qui l'accompagnaient. D'où ce livre, premier grand essai de démystification de l'imposture brechtienne. Faisant voler en éclats les stéréotypes, Scarpetta y dévoile une autre image de Brecht, infiniment plus étroite, dogmatique et totalitaire que celle de la légende admise. Il révèle un Brecht aux conceptions théâtrales réductrices, un Brecht aveugle à l'art moderne, et fondamentalement complice de la logique stalinienne; un Brecht, enfin, inapte à combattre jusqu'au bout le fascisme, pour n'en pouvoir saisir les racines, et peut-être même en partager obscurément certains ressorts, comme l'antisémitisme. Mais ce livre est plus qu'un simple ouvrage de démystification: à travers Brecht, Scarpetta commence à poser la question des rapports que l'avant-garde"culturelle de ce siècle a entretenus avec le totalitarisme. Il montre le lien paradoxal qui peut unir un écrivain"révolutionnaire"aux régressions les plus abjectes de nos modernes barbaries."
Que se passe-t-il, aujourd'hui, dans la création ? Une époque, manifestement, s'est achevée : celle des avant-gardes, de leur terrorisme et de leur radicalisme esthétique. Mais sommes-nous condamnés pour autant à revenir en arrière et à nous réfugier dans la nostalgie des codes et des langages du XIXe siècle ? L'hypothèse de ce livre, c'est qu'il existe, repérable çà et là, une tout autre voie, fondamentalement impure, celle-ci. Sachant qu'aucun langage n'est innocent, et aucun art naturel. N'hésitant pas à mélanger les genres, les registres. Et dont l'auteur trouve la trace dans des oeuvres aussi différentes que celles de Twombly, De Kooning, Kantor, Wilson, Beckett, Kundera, Pasolini, Godard, Berg, Broch ou Musil. Ecrit dans une langue élégante, étourdissant de culture mais jamais obscur, cet essai est une "somme" sans exemple consacrée à l'art et à la littérature de notre temps ; une référence obligée pour qui veut comprendre ce qui se joue dans la création à la fin du XXe siècle ; et peut-être même, au-delà, comme un véritable manifeste de l'esprit nouveau.
Ce roman est bâti autour de cette Suite lyrique composée par Alban Berg pour un quatuor à cordes. Kurt, le personnage principal du roman, s'apprête à interpréter ce célèbre morceau lors d'une tournée de concerts et, puisqu'il s'agit d'un quatuor, trois autres personnages vont, avec lui, traverser le paysage. Il y a Barbara Peterson, une artiste américaine d'avant-garde ; Stanislas Skoliniski, un journaliste français d'origine polonaise ; Mireille Jourdan, une paysanne provençale. Logiquement, ces personnages n'auraient pas dû rencontrer le chef d'orchestre Kurt Lewenstein et pourtant, entre eux, va se nouer une histoire étrange pleine de malentendus, de passion et de drames. Une histoire où il est question, entre autres, de l'Autriche de l'immédiat après-guerre et de son atmosphère trouble, du conflit entre le libertinage et l'amour-passion, d'une découverte de l'art baroque à travers la Bavière, de New York et de l'effervescence créatrice qui y régnait dans les années 70, de la guerre du Liban, des grands romanciers viennois du début de ce siècle et de leurs destins tragiques, d'un paysage de Provence indifférent à la folie des hommes... On aura compris que la trame de ce roman ne se laisse pas aisément résumer. On songera en le lisant à ces compositions polyphoniques dont Milan Kundera disait qu'elles définissent au plus près "l'art du roman",
Elle se nommait Marie-Madeleine Guimard. Elle fut la danseuse la plus populaire de son temps, l'étoile incontestée de cette danse baroque qui culmina, en France, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Elle fut, en outre, l'une des plus grandes courtisanes de cette époque - comptant, parmi ses amants, tout aussi bien Mirabeau que le duc d'Orléans. Elle fut le modèle et la maîtresse de Fragonard, qui décora son hôtel particulier. Dans son salon se pressaient nombre d'intellectuels des Lumières, et c'est là, d'une certaine façon, que se préparait cette Révolution qui devait lui être fatale. C'est bien un narrateur d'aujourd'hui qui entreprend de la ressusciter. Qui ne cesse de méditer sur la vie de son personnage, d'établir (les contrepoints entre le présent et le passé. Qui se plaît, aussi, à rendre indistincte la limite entre ce qui repose sur des documents attestés et ce qui procède de l'imagination. Parce que la vérité visée n'est pas seulement celle des faits. Non pas, donc, une biographie romancée - mais plutôt un roman biographique. Biographie: Guy Scarpetta est romancier, essayiste, critique d'art. Il est l'auteur, notamment, de L'Impureté, La Suite lyrique, L'âge d'or du roman, Pour le plaisir. Il collabore régulièrement au Monde diplomatique.
Je poursuis ici l'enquête sur la création contemporaine commencée dans l'Impureté. Il me semble apercevoir ceci : notre époque pourrait bien être celle de la résurrection d'un grand style baroque. Autrement dit : quelque chose qui était né au XVIIe siècle (avec Rubens, le Bernin), qui avait connu son point d'effervescence au XVIIIe siècle, et qui avait ensuite été déprécié (par le naturalisme et le romantisme), resurgit dans notre siècle. C'est même pourquoi ce livre prend le parti de mêler les genres et les époques : confrontant dans la même réflexion la peinture de Tiepolo et celle de Picasso, la musique de Monteverdi et celle de Berio, telle page de Baudelaire et telle image de Warhol, les poètes du XVIIe siècle et les grands romanciers néo-baroques d'aujourd'hui, de Danilo Kis à Carlos Fuentes. Le Baroque contemporain ? Une façon, de nouveau, de combattre l'illusion par les moyens mêmes de l'illusion. D'afficher et de revendiquer partout l'artifice, comme pour suggérer que l'art n'est jamais "naturel". Rien à voir, cependant, avec le cynisme "postmoderne" car le paradoxe, ici, est que l'artifice, exaspéré, peut parfois nous conduire à la vérité et à un véritable érotisme esthétique. G. S.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.