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Pieter de Hooch. Un peintre à l'infinitif
Scala André
ATELIER CONT
7,50 €
Épuisé
EAN :9782850350771
Pieter de Hooch (1629-1684(? )), un parmi tant d'autres peintres du siècle d'or néerlandais, qui ont surgi, avec leur manière d'apparence tranquille, d'un peuple se libérant des Espagnols, menant guerre sur guerre ? : événement calme au milieu des turbulences. Les arts ont une existence fragile. Il dépend des caprices d'une époque qu'elle transforme les oeuvres dont elle hérite en objets de culture, en reportages sur les moeurs du passé, en manifestes d'une morale, en occasion de plus-value spéculative ou touristique. Lancés dans un monde qui n'a que faire d'eux, les tableaux deviennent des images. Ceux de Pieter de Hooch n'y ont pas échappé. De son temps, Pieter de Hooch répugnait au régime visuel dominant, aux emblèmes moralisants et surtout à l'art officiel de la province de Hollande, copie de l'antiquité romaine, lequel d'ailleurs l'a ignoré, lui et ses immenses collègues. Aussi devons-nous être sensibles au présent de l'art qui n'est ni tout à fait - les tableaux tout juste vernis, l'encre à peine sèche - le présent historique saisi rétrospectivement, ni vraiment l'éternité idéale prisée par une certaine philosophie, mais un autre présent, celui du peindre, pas du peint, la part d'infinitif de toute peinture, d'infinitif présent, qu'on tente de sentir avec les moyens du bord, ceux de notre temps. Comment aimer Pieter de Hooch sans être aux aguets de ses motifs toujours persévérants ? : peindre des regards absents perdus dans le vague, des habitudes et des gens dans des intérieurs domestiques que leurs yeux dépaysent, produire un tiers-espace entre celui de la toile et celui du spectateur, figurer une durée momentanée dans des gestes indécis et pourtant familiers, inventer les arrière-cours de Delft comme fait pictural, etc. Tout cela sous le signe d'un dieu égaré dans le règne calviniste, Hermès, ange inspirant la recherche de ces fameux passages par des cadres, portes, porches, fenêtres et trouées, de plus en plus étroits dans le lointain.
Résumé : Gros plan sur le monde invisible des microbes, les bons et les mauvais ! 32 questions clés, pour explorer le monde invisible des virus, bactéries, parasites et champignons, tous ces microbes qui nous entourent, et dont il faut bien apprendre les rôles et tactiques d'attaque pour mieux s'en protéger. L'Institut Pasteur apporte son expertise pour les faire voir au plus près et faire comprendre le travail des chercheurs. C'est quoi, un microbe ? Faut-il avoir peur des microbes ? Comment fait-on pour en attraper ? Des gestes barrières, pourquoi ? Comment le corps se défend-il ? A quoi sert un vaccin ? Les microbes aiment-ils voyager ? Que cherchent les chercheurs ? Que fait-on à l'Institut Pasteur ? Les virus peuvent-ils soigner ? Un livre documentaire pour les enfants dès 7 ans.
Roger Federer, joueur de tennis au palmarès unique, réunit tous les attributs actuels de la célébritésportive mondialisée. Pourtant sa façon de jouer, son style, sa présence, emmènent le tennis dans une autre direction que celle tracée par les impératifs techniques, économiques et médiatiques. Son jeu révèle une échappée. Il rend aussi sensible un fait plus général: plus le sport est montré, moins il est célébré. Poètes et narrateurs, nécessaires à sa gloire, sont réduits au silence. C?est à la présence poétique, admirable de Federer que cet essai est consacré.
Résumé : Une cuisine métissée qui nous fait voyager entre les petits plats mijotés " bien de chez nous " et les saveurs épicées du Sud. Des préparations simples, des produits pas chers pour des recettes qui feront le succès de vos dîners et que vos amis ne manqueront pas de vous réclamer en fin de repas.
Flaubert appelle style une force rare, une insurrection immédiate, sans programme, insupportable à tout pouvoir même démocratique. Avec Madame Bovary, la force du style joint le projet d'écrire un livre sur rien à la fameuse impersonnalité de l'auteur. On ne devient pas impersonnel tout seul. Ce livre écrit par personne s'écrit donc avec quelqu'un. Avec qui ? On l'apprend ici : avec le mari d'Emma, Charles Bovary, idiot artiste qu'une longue tradition de lecture a manqué. L'histoire bien connue des Bovary est un livre sur rien, car elle est le mal que l'écrivain s'inocule et par le fait même le diagnostic de la maladie de l'époque, l'illusion de se prendre pour autre que l'on est. Notre temps est-il aussi malade de nos rapports à la fiction ? Tout a changé. Demeure l'avertissement de Flaubert : dénoncer ne dérange rien sans la puissance d'une singulière médecine, un style.
Et pour moi-même, quand donc m'est venu ce désir de plonger dans le visible ? Tard, il me semble. Comme si des écailles m'avaient longuement pesé sur les yeux. Enfant, ce sont d'abord les mots qui m'occupent, un écran de mots. Trop d'imaginaire, pas assez de vision, l'un toujours superposé à l'autre, l'oblitérant dans la contemplation des images. Inévitable, nécessaire même, mais pour revenir en arrière, c'est un long chemin... Essai d'un homme de la lettre converti à l'image, Le désir de voir retrace une initiation au regard pictural. Intitulées "Voir dans le noir", "L'instant de voir", "Voir en rêve" et "Manières de voir", les étapes de cet essai discrètement autobiographique donnent lieu à l'exploration de plusieurs modes de vision, découverts au croisement d'expériences personnelles, d'expérimentations artistiques, de lectures et de contemplations. Entamé sous les auspices de Michaux et de ses peintures-idéogrammes, poursuivi dans le compagnonnage des dessins signes ou schèmes d'Alexandre Hollan, élargi au contact — entre autres — des encres de Joan Barbarà, des monotypes de Degas, de l'"outre-noir" de Pierre Soulages et des "protographies" d'Oscar Munoz, ce parcours est désirant et raisonné. Confessant son statut initial d'étranger dans le royaume des images, et soupçonnant ses affinités picturales d'être entachées du signe de l'écrit, Laurent Jenny convertit cette nécessité en haute vertu, dans des analyses dont sont seuls capables un regard consciencieux et une parole consciente des limites de son pouvoir : "Ecoute-voir", dit le langage familier "Regarde-dire" me semble aussi un bon chemin. Essayons... Et son parcours fructueux de devenir ainsi celui de son lecteur.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Imaginons un homme, chez lui, que son désoeuvrement enchante un moment, puis ennuie. Il se lève, il pense un peu, il voudrait faire quelque chose, mais quoi, il ne sait pas encore. Sortir, non, il y a trop d'agitation dehors, ou alors il fait trop froid. C'est qu'il fait bon à l'intérieur, même si rien ne se passe. Le spectacle, c'est au-dehors qu'il faudrait aller le chercher, mais l'envie n'est pas là. Le mur protège l'intimité du tumulte extérieur ; la porte, ouverte, en violerait la douceur. Non, l'idéal serait de rester sans rester ; d'être là, sans y être. A la fois dedans et dehors. Pour cela notre homme a à sa disposition une bibliothèque, où il va trouver de quoi entendre parler du monde, quelques tableaux aussi, qu'il a choisis avec goût, avec science, devant lesquels rêver un moment ; et ces livres, ces tableaux lui offrent des paysages qu'il n'a pas en cet instant sous les yeux. Peut-être que tout cela le lasse. Pour être là sans y être il a, aussi, des fenêtres. La porte, elle, comme ouverture, permet au corps entier de franchir le seuil, mais ce n'est pas de cela qu'il veut. La fenêtre, donc, parce qu'elle offre du monde un pur spectacle, un spectacle auquel les sens seuls sont conviés, et la vue la première, c'est d'elle qu'il a besoin. Etonnant théâtre du monde que celui sur lequel ouvre la fenêtre. Du réel, elle décide de tout cacher ou de tout dévoiler, selon qu'elle veuille jouer de la clôture ou de l'ouverture. Mieux qu'un objet, la fenêtre devient alors une forme, un mode d'être, une façon de voir : un langage. Si les yeux, comme on a coutume de dire, sont les fenêtres de l'âme, quel peintre, quel écrivain, n'en aurait pas fait sa matière ? C'est à cet art de la fenêtre, un art merveilleux, troublant, que du Graal à Rilke, de Shakespeare à Proust, de Goethe à Mallarmé ou encore de Cervantès à Flaubert, mais aussi de Vermeer à Bonnard, de Friedrich à Matisse, de Bruegel à Chirico ou de Van Eyck à Balthus, au long d'un double parcours littéraire et pictural, le texte de Pascal Dethurens veut donner toute sa plénitude et tout son sens.