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LE METIER DU POETE EN EXIL. VLADIMIR NABOKOV, ELIAS CANETTI ET YORDAN YOVKOV
SAVOVA LIOUBOV
CHAMPION
130,00 €
Épuisé
EAN :9782745322319
Chapitre 1«LE CHIEN DE SON TEMPS»L'IDENTITÉ ARTISTIQUE FACE AUX DÉTERMINÂMES HISTORIQUES: DES MÉPRISES DE LA RÉCEPTION À L'HISTOIRE INTIME DU CRÉATEUR- CANETTI, LA CONSCIENCE DES MOTS.- YOVKOV, «LE PÉCHÉ D'IVAN BÉLINE».- NABOKOV, INTRANSIGEANCES, LA VRAIE VIE DE SÉBASTIAN KNIGHTA / «L'ART DE L'ÉCRIVAIN EST SON VÉRITABLE PASSEPORT»Pour le poète, la période pendant laquelle il se défend contre quelque chose est la plus importante. Dès qu'il se rend, il cesse d'être poète.Elias CanettiLE POÈTE: UN «CHIEN DE SON TEMPS»? LA CONSCIENCE DES MOTS, CANETTIIl est fougueux et impatient. Il aime tout autant suivre que perdre sa trace. Avide et passionné de flair, il s'empare des odeurs de son temps comme Don Juan s'emparait des femmes: écartelé pour être fidèle à toutes... dans l'infidélité. Ainsi, pour Canetti, le poète:Le vrai poète [...] est voué à son temps, son serf corps et âme, son valet le plus vil. Il est attaché à lui par une chaîne, courte et infrangible; étroitement arrêté, sa non-liberté doit être telle qu'il ne serait transplantable nulle part ailleurs. Et si cela n'avait pas un relent ridicule, je dirais simplement: il est le chien de son temps.Comment est-il, ce chien? Prompt et désobéissant. Souvent indocile. S'attaque à quoi? Aux «fondements» du temps où il «vadrouille», infatigable. Poussé par une «dépravation inexplicable». Lancé comme une flèche, il court, il dort, «ou il bâfre sinon». Son exploration est «fervente et minutieuse». Mais son «vice» principal, son «originalité» - c'est de ne pas toujours obéir:[Réceptif] à des sifflets d'en haut, non pas toujours toutefois; facile à lancer, plus difficile à rappeler; [...] oui, il fourre son museau humide dans tout, rien n'est omis; il retourne aussi en arrière, il recommence; il est insatiable; [...] ce qui le distingue [des autres créatures], c'est l'inquiétante obstination qu'il met dans son vice [...]; et de même que ce qu'il obtient ne lui suffit jamais, de même c'est toujours trop lent à son gré; on dirait même que c'est pour le vice de son museau qu'il a tout exprès appris à courir.«Réceptif à des sifflets d'en haut, non pas toujours toutefois»: c'est là, dans cette désobéissance prévenue, dans ce refus de revenir alors qu'on lui fait entendre les sifflets du retour, que le poète - comme le chien - doit reconnaître son «métier». Avec la triple référence sémantique de ces «sifflets d'en haut» (allant du maître au Bon Dieu, en passant par l'idéologie), la modalisation du «non pas toujours» marque la nature exacte du rapport du chien à son maître: guidé, tenu, il l'est, mais une fois lancé, il lui reste la liberté d'action personnelle à laquelle il tient. «Facile à lancer, plus difficile à rappeler», tel est le poète, et c'est à sa fidélité infidèle au temps que Canetti rend hommage: dans l'espace incongru de l'oxymore, c'est toute une posture artistique qui s'esquisse.De ce chien indocile, le museau est son vice, comme la course élancée:Ce vice rattache le poète à son environnement aussi directement que le museau lie le chien à son territoire. C'est, pour chacun, un autre vice, singulier et nouveau, dans la situation nouvelle du temps. [...] Un poète est original, ou il n'est pas poète. Il l'est, de manière simple et profonde, par ce que nous avons appelé son vice. [...] Son vice le pousse à épuiser lui-même le monde; ce que nul ne saurait faire pour lui. L'immédiateté et l'inépuisable, ces deux qualités qu'on a su de temps exiger du génie, et qu'il possède toujours, sont les enfants de ce vice [...].(...)
La Pologne, de 1988 à 1989, est le premier des pays du bloc soviétique à passer du communisme à la démocratie. Une révolution calme, qui inaugure le temps du changement à l'Est, et qui culmine avec la chute du Mur de Berlin. Le monde change, Marzi grandit... Marzena Sowa poursuit le récit de son enfance polonaise lors de ces années charnières, élégamment retranscrit par le graphisme tendre de Sylvain Savoia. Un journal de voyage en Pologne conclut l'ouvrage. Rencontres, photos et dessins d'aujourd'hui font écho aux souvenirs d'hier.
Quand des convoyeurs de fonds se font attaquer avec une violence extrême dans différents pays de l'Union européenne, la police a de quoi être sur les dents. Le problème, c'est qu'elle n'a aucun indice permettant d'identifier les auteurs de ces attaques. Jusqu'au jour où le supérieur hiérarchique d'Al Togo à l'Europolice semble être sur une piste. D'origine polonaise, il vient de recevoir un coup de fil d'un de ses amis d'enfance resté en Pologne, où il a réussi dans l'import-export. Et voilà la petite troupe des collègues d'Al Togo qui s'envole pour Cracovie...
En 1761, suite à un naufrage, une soixantaine d'esclaves est abandonnée dans une île de l'océan Indien. Huit survivants (sept femmes et un enfant) sont sauvés quinze ans plus tard par le chevalier de Tromelin. Dénoncée par Condorcet, cette histoire tragique servit la cause des anti-esclavagistes.
Au lendemain de la perestroïka bulgare, trois garçons d'à peine plus de vingt ans grimpent dans un bus à destination de Paris pour y voler des voitures. Lucky, Marco et la Perche ont des rêves différents, mais tous trois ont décidé de changer de destin. Derrière eux: une petite ville sur la mer Noire, autrefois en vogue parmi les "pays frères". Rongée par l'attente, elle devient une banlieue de l'Europe. Devant, il y a la France, qu'ils imaginent comme dans les films de Louis de Funès: riante, proprette, un peu niaise. Mais avec les squats, la salle d'attente de l'OFPRA, les grands magasins et leurs vigiles, ce n'est pas seulement Paris qu'ils découvrent, c'est aussi et surtout leur condition d'étrangers. "De toute façon, quand tu parles mal la langue d'un pays, les gens ont toujours tendance à te prendre pour un con." Serrures, fausses clés, alarmes, plaques minéralogiques: le vol de voitures est présenté comme un artisanat, le rythme en plus. Savov mène son récit tambour battant. Après l'euphorie, après quelques revers aussi, une question revient, lancinante: à quoi bon? A quoi bon accumuler encore si l'on se condamne à vivre seul? Les gars de la bande se répètent sans cesse "Pas de femme à bord!" Mais Lucky ne veut plus d'une barque incapable de chavirer. Il sent, lui, qu'il a le c?ur tout palpitant d'amour. Et il aura l'héroïsme du voyou qui choisit les fleurs - et l'écriture.