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Algérie, la guerre des mémoires
Savarese Eric
NON LIEU
18,00 €
Épuisé
EAN :9782352700166
Comment les immigrés du Maghreb, d'Afrique Noire et des Dom-Tom construisent-ils des mémoires coloniales dans l'ancienne métropole ? Comment les pieds-noirs d'Algérie construisent-ils une identité du souvenir ? Quels peuvent être les usages sociaux et politiques des mémoires coloniales ? Dans quelle mesure est-il possible de définir l'élaboration de stratégies identitaires associées à la formulation de souvenirs de la colonisation et d'identifier les acteurs qui élaborent ces stratégies ? Comment des mémoires coloniales concurrentes s'affrontent-elles, tout en se recomposant ? Quel peut être le rôle du politique en matière de gestion des mémoires ? Comment s'élaborent, et sous l'influence de quels acteurs ou facteurs, des politiques commémoratives à travers lesquelles une sélection de souvenirs acquièrent le statut d'histoire officielle ? C'est à toutes ces interrogations que ce livre tente de répondre, en soulignant l'étendue du travail qui reste à accomplir.
Qu'est-ce que les images peuvent nous apprendre sur le politique ? Tandis qu'historiens, sociologues et anthropologues considèrent depuis longtemps les documents iconographiques comme de véritables matériaux empiriques, il n'existe pas de véritable "tradition" d'analyse de l'image en science politique. Or, comme l'illustrent les contributions ici rassemblées, les problèmes rencontrés pour utiliser ces matériaux sont largement connexes à ceux qui jalonnent l'analyse des recueils d'entretiens, des archives ou des données statistiques. Cet ouvrage collectif fait suite à un colloque organisé à l'Université Nice-Sophia Antipolis en mai 2014. Il constitue une invitation à investiguer le politique à partir des images. Car les tracts, les affiches ou les photographies constituent, non seulement des traces de la diversité des pratiques et des représentations du politique, mais également des supports utilisables pour réaliser des entretiens de recherche.
En cinq chapitres concis, cet ouvrage propose une initiation aux sciences sociales à travers la lecture des oeuvres classiques ou récentes de sociologues, de politistes, d'historiens ou d'anthropologues. Evitant d'enfermer la présentation dans le cadre étroit d'une école ou d'une discipline, il s'agit d'inviter le lecteur à une véritable (ré)appropriation des sciences de l'enquête. Biographie de l'auteur Eric Savarese est maître de conférences en science politique à l'université de Perpignan Via Domitia. Il a publié plusieurs ouvrages sur la légitimation de la colonisation, les pieds-noirs, les guerres de mémoires algériennes et les politiques mémorielles. Il est également l'auteur d'un manuel de Méthodes des sciences sociales (Ellipses, 2006).
Barba Eugenio ; Savarese Nicola ; Deschamps-Pria E
D'où est-ce que je viens ? Qui suis-je ? Où est-ce que je vais ? Pour répondre à ces questions, nous devons envisager dans une autre perspective les innombrables formes, expériences, vestiges et mystères que l'histoire de notre profession nous a légués. C'est la seule façon de nous construire une boussole personnelle pour traverser les cinq continents de notre métier : quand, où, comment, pour qui et pourquoi on fait du théâtre." Eugenio Barba.
L'indépendance algérienne a longtemps été envisagée comme une séquence refoulée de l'histoire de France, ne faisant retour que sous la forme de souvenirs douloureux des acteurs impliqués dans le conflit. Eric Savarese rompt avec cette approche pour aborder la question en termes de rencontre postcoloniale entre les pieds-noirs, harkis, anciens combattants, immigrés, et la société française. L'émergence de ces nouveaux groupes, investis depuis plus d'un demi-siècle dans les guerres de mémoires algériennes, a contribué à transformer la vie politique nationale. La rencontre postcoloniale éclaire d'un jour nouveau les luttes et les revendications des minorités depuis les décolonisations.
Ce livre, fruits de nombreuses études de terrain menées par l?auteure dans les années 1990, étudie le phénomène des vierges jurées, ces femmes qui deviennent hommes, dans le nord de l?Albanie. Il explique comment, pour clore un cycle de "reprise du sang", des femmes prennent socialement la place des hommes au sein de famille décimée par la vendatta. Le marqueur principal de cette "masculinisation" est l?habit. Pour devenir homme, la transformation doit être totale : ces femmes acquièrent le droit de porter le pantalon, interdit aux femmes dans cette région. L?accès aux prérogatives masculines (droit de boire, de fumer, de mener un troupeau, de porter le fusil, négocier les conflits familiaux) est aussi, et surtout, accompagné de l?obligation de chasteté. Devenant homme, ces femmes renoncent à tous rapports sexuels (essentiellement pour éviter l?enfantement, marqueur de la position sociale peu enviable de la femme dans la société). A partir d?une situation bien spécifique, le nord de l?Albanie régie par le code du Kanun, l?ouvrage d?Antonia Young montre en quoi la construction du genre est avant tout social, et non pas un phénomène naturel déterminé par des organes sexuels reçus à la naissance. Si la société n?a pas assez d?hommes pour assumer les tâches dévolues traditionnellement aux hommes, alors les femmes sont transformées en hommes par cette société. En plus de l?étude d?Antonia Young, traduit par Jacqueline Dérens, l?ouvrage comporte une préface de Nicole Pellegrin, éclairant les enjeux de la question du genre aujourd?hui. Il comporte également une douzaine de photographies noires et couleurs, un aparat critique enrichi, une annexe sur le Kanun, un index des lieux et une carte du nord de l?Albanie.
Que reste-t-il des Printemps arabes ? Le succès relatif de la révolution dans un seul pays, la Tunisie, et un échec général dans les autres ? Pourquoi la Tunisie ? Pour répondre à cette interrogation, après une remise en perspective historique nationale et internationale de la présomption d'une "exception autoritaire arabe", une comparaison s'impose des trajectoires des insurrections tunisienne et arabes. Dans ces Printemps, le temps insurrectionnel tunisien occupe une place à part : il les précéda tous et servit aux autres peuples de moteur et de modèle. Il fut particulièrement complexe dans son déroulement et son issue, la chute du président Ben Ali, résulta d'une exceptionnelle, voire aléatoire, combinatoire de facteurs qui est ici reconstituée. Aux portes d'une Libye chaotique et au terme de quatre années de combats et débats souvent durs, la Tunisie est entrée dans une phase post-révolutionnaire et bénéficie depuis et jusqu'ici d'un régime démocratique d'une "solide fragilité". S'agissant des autres pays du front des Printemps arabes, voire de l'ensemble du monde arabe, qui peut sérieusement dire, au regard d'un retour dans ces régions du séculaire "Grand Jeu" international, que les apparents échecs et les impasses actuelles sont imputables à un déficit démocratique des peuples arabes, qui peut assurer que, là où elles semblent en panne actuellement, la page des révolutions est définitivement tournée ?