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Jeux de rêves et autres détours
Sarrazac Jean-Pierre
CIRCE
17,00 €
Épuisé
EAN :9782842421663
Le théâtre peut-il rendre compte du monde dans lequel nous vivons ? " : Jean-Pierre Sarrazac reprend ici la vieille interrogation brechtienne, mais lui apporte des développements et des réponses inédits. Dans la suite de son essai sur la Parabole, il creuse cette question des détours qui permettent d'aborder f" actualité vivante " sans céder pour autant au pseudo-réalisme d'un " théâtre-réalité ". Autour du " jeu de rêve " - ce Drömspel qui apparaît avec Strindberg et qui se décline tout au long du XXe siècle - l'auteur identifie quelques " formes rectrices " du théâtre contemporain, des drames itinérants aux " vagabondages immobiles ". Occasion pour lui de s'interroger sur la généalogie de ces formes, sur leur devenir et sur cette combinatoire de détours qui caractérise les écritures dramatiques contemporaines. Poursuivant son dialogue avec ses auteurs de prédilection - Strindberg, Pirandello, Beckett, Kroetz, Koltès, Bond... - Jean-Pierre Sarrazac approfondit sa réflexion sur la crise de la forme dramatique.
De A comme "Action" à V comme "Voix", plus de cinquante mots-clés qui permettront d'orienter l'étude des dramaturgies modernes et contemporaines. Une plongée dans cette "crise de la forme dramatique" qui s'ouvre dans les années 1880 et se poursuit et s'accélère sous nos yeux. Un outil précieux, à la fois théorique, méthodologique et descriptif, pour aborder les écritures dramatiques d'hier - au temps du naturalisme et du symbolisme - à aujourd'hui.
Le théâtre - le mot signifie "le lieu où l'on regarde" - n'est pas un simple lieu de divertissement. On s'y rend pour ressentir des émotions esthétiques variées, mais aussi pour mieux comprendre le monde à travers la représentations des actions des êtes humains. L'existence même du théâtre ne cesse, en vérité, de poser des questions à la philosophie. Faut-il y aller ou pas? Et si on y va, pourquoi? D'ailleurs, y a-t-il un ou des théâtre(s), très différents les uns des autres? Des théâtres qui ne font que jouer sur les apparences et d'autres, au contraire, en recherche de ce qu'Aristote désignait comme "le sens de l'humain"?
Chaque vers est enfant de l'amour" écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'intensité de la passion, est effectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infinie des "muses" masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, célébrer, sanctifier l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la souffrance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un "absolu de l'amour" antérieur au monde et qui trouve sa plus parfaite expression dans le langage fondateur. La poétique de la rupture, propre à Tsvétaïéva, déterminait elle-même dans une grande mesure son comportement amoureux. Le traducteur s'est par conséquent efforcé de restituer les articulations sémantico-prosodiques de cette "étreinte de poésie" qui, lorsqu'elle aura reflué, ne pourra déboucher que sur la mort. "Puisque j'aurai pu cesser d'écrire des poèmes, je pourrai aussi un beau jour cesser d'aimer. Alors, je mourrai. Et ce sera bien sûr un suicide, car mon désir d'amour est tout entier désir de mort", avait-elle consigné dès mars 1919 avec une précision cliniquement prémonitoire. Marina Tsvétaïéva, un des plus grands poètes russes, avait choisi l'exil en 1922 puis était rentrée en Union Soviétique dix-sept ans plus tard, avant de se pendre à une vieille poutre le dernier dimanche du mois d'août 1941.
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Parmi les caractéristiques étranges des habitants de ce continent - l'Amérique du Nord -, il en est une qui veut que chacun se choisisse des étoiles déterminées et vive en fonction d'elles. Ces étoiles ne sont pas célestes, mais cinématographiques, ce qui ne change rien à l'affaire. En revanche, cela permet d'augmenter sensiblement le fonds de roulement du ministère des P. et T. grâce au flot continu de lettres adressées aux dites étoiles bien-aimées. Raillant quelque peu cette bizarrerie et cette passion, le New-yorker fit paraître un jour une caricature: une très vieille lady de la plus haute société, - avec diadème en diamants dans ses cheveux blancs et laquais obséquieusement courbé à l'écart, - se livre à la même occupation qu'une quelconque jeune modiste ou n'importe quel office-boy: elle écrit à la star de son coeur. Mais le noeud de l'affaire n'est pas dans l'acte même d'écrire. Il est dans le destinataire. La lettre commence par:" Dear Mickey Mouse... "Là est l'essentiel..."