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A la saison des abricots
Sansour Carol ; Julien Henri Jules ; Mikhaïl Mirei
HEROS LIMITE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782889550708
A la saison des abricots (paru au Caire en 2019) est un cycle poétique de Carol Sansour dont le pouvoir réside dans la façon dont il subvertit, sans effort, les représentations attendues tant de la cause palestinienne que de la féminité arabe. Par une sincère, rafraîchissante et non affectée vision de soi et de sa patrie, Carol Sansour, originaire de Beit Jala, montre à quel point le discours littéraire moderne sur ces deux sujets s'est révélé peu convaincant et contre-productif. Pour cela, elle ne recourt ni à la contestation ni à la confrontation mais utilise la langue la plus organique - sans aucune distinction entre le dialecte palestinien et l'arabe standard, ou entre les registres poétiques et prosaïques - pour exposer les choses les moins rhétoriques. Elle peut écrire : "Il se pourrait que l'idée de nationalisme arabe soit précisément l'idée de l'Etat d'Israël". Mais c'est en remplaçant, par une présence sensuelle et physique, la patrie idéalisée et absente que les poètes arabes ont déplorée et à laquelle ils aspirent depuis la Nakba, qu'elle nous rend émotionnellement, intellectuellement, et peut-être même politiquement conscients de ce que signifie être une femme laïque, indépendante et socialement engagée en Palestine. A la place d'un paradis qui n'existe pas, Sansour nous offre une terre brute où mères, filles, épouses et soeurs s'affrontent au quotidien et à l'universel. Et au lieu d'un "féminisme" occidental non situé qui recycle déclarations de l'onu et affirmations politiquement correctes d'une identité dépourvue de tout contexte arabe, elle nous propose une perspective féminine émancipée. Tour à tour lyriques, narratives et polémiques, ces pièces intenses et concises traversent non seulement l'occupation et le patriarcat - que Sansour présente rarement sous leur nom - mais aussi bien la beauté, l'amour et l'impératif de rester un agent humain par opposition à un rouage dans la machinerie de quelque grand récit idéologique. Le résultat, pour rester fidèle à soi-même, n'en est pas moins "engagé" et éloquent. Youssef Rakha, Al Ahram, 20 décembre 2019
Paradoxe : l'anal fait encore tabou. Or, le langage même nous l'enseigne, des fondements de l'être à l'étron qui délivre notre fondement, tout nous ramène à notre essence, à la fois physiologique et philosophique. En explorant méthodiquement les régions et les significations de cette partie " fondamentale " de notre personne, l'auteur nous plonge, avec une science et une crudité magistrales, dans cet univers excrémentiel autant qu'existentiel. Si, comme l'a écrit saint Augustin, " inter faeces et urinam nascimur " (" nous naissons entre la merde et l'urine "), rien de plus passionnant que d'étudier et de découvrir ce que notre imaginaire fait, dans la vie et dans l'art, de cette donnée de base de la condition humaine.
60 % des enfants sourds présentent des troubles de l'équilibre (troubles vestibulaires). Ces troubles vestibulaires ont un impact très invalidant sur le développement et par voie de conséquence sur leur approche du monde et sur leurs apprentissages. Les efforts qu'ils doivent fournir pour maintenir leur équilibre et leur stabilité sont extrêmement couteux en énergie. Ils ne peuvent explorer facilement leur environnement de peur de chuter ou d'être bousculés. Soit cela les rend peu aventureux et frileux, soit, a contrario, les enfants stimulent ce manque d'informations vestibulaires par une mise en jeu du corps excessive. De ce fait, les expériences et les interactions avec l'entourage sont évitées et entravées de peur de perdre une certaine unité corporelle. A cela s'ajoutent des sensations de vertige et d'effondrement permanentes. Les enfants mettent en place des compensations qui passent par les deux sens fondamentaux que sont la proprioception et la vision. Ce livre est le fruit de réflexions communes menées lors de réunions au Centre de Ressources Robert Laplane où nous avons pu rassembler plusieurs idées d'exercices issues de nos expériences multiples dans toute la France au sein d'institutions spécialisées dans la surdité. Il s'adresse à tous les professionnels de santé et aux parents concernés aussi bien par la surdité que par les troubles vestibulaires de façon plus large. Nous proposons la mise en situation de nombreux exercices illustrés qui peuvent aider l'enfant à trouver des solutions pour investir l'espace physique et relationnel de façon moins entravée. L'exploration spatiale, l'adaptation aux situations de la vie quotidienne et l'accès à des expériences nouvelles sont essentiels pour que ces enfants puissent mettre en place des compensations suffisamment intégrées pour les aider à se construire.
Résumé : Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.
Bouvier Nicolas ; Chollier Alexandre ; Dubois Thie
En 1994, les Presses universitaires de Princeton publient un ouvrage intitulé Geneva, Zurich, Basel : History, Culture & National Identity. On demande à Nicolas Bouvier de s'occuper du chapitre sur Genève ; il écrit dix pages dans lesquelles il aborde avec lucidité et non sans humour ce qui a fait la spécificité de la ville, tout comme les grands noms qui ont marqué son histoire. En commençant par la guerre des Gaules, il fait la part belle à tous les "grands thèmes genevois" : rigueur du protestantisme calviniste, banques, pédagogie, botanique, humanitaire... On y découvre le double visage d'une République qui, au fil des siècles, a tantôt recueilli quelques-unes des plus grandes personnalités étrangères, tantôt rejeté ses plus illustres penseurs ; une République qui, parce qu'elle a toujours été prise dans l'étau de puissances adverses et parfois hostiles, a su se façonner une identité propre ; et où les sciences ont pu trouver un terrain de développement favorable alors même que les arts sont souvent restés en rade. Sans complaisance mais avec une évidente affection pour sa ville natale,
Bioy Casares Adolfo ; Azaretto Julia ; Lequesne Pa
Memoria sur la pampa et les gauchosa été écrit en 1970 au retour d'un séjour en France. Cesares y entreprend une enquête fondée sur son vécu, notamment lorsqu'il se rendait à Rincón viejo, la propriété familiale sise à Pardo, dans la province de Buenos Aires. Adolfo Bioy Casares a en effet été fortement imprégné des scènes de la vie des gauchos argentins durant son enfance dans l'estancia familiale. Avec ce livre, fidèle à son souci d'érudition et à sa manière propre d'user de l'interprétation, l'auteur de L'invention de Morel se met à rêver à la vie du gaucho que ni lui ni Jorge Luis Borges, n'auront réellement vécue. Bioy Casares réfléchit ici à la figure du Martín Fierro (nous avons publié l'essai de Jorge Luis Borges en 2012) et ce qu'elle représente dans la littérature mais aussi dans la société argentine du XXe siècle. La construction du récit est parfaite. Le gaucho y acquiert un statut mythique : sorte de chevalier moderne, archétype de Don Quichotte. Chansons d'une autre époque, personnages de films, photographies, poèmes de l'une des traditions littéraires nationales ; l'ensemble devient une petite une somme de documents, de sources et de pièces à conviction qui contribuent à la légende argentine de la pampa. L'érudit et faiseur d'histoires Casares joue avec élégance sur l'imagerie, entre mémoire et imaginaire. Des photographies en noir et blanc, petites pépites classées par ordre chronologique, jalonnent le texte. Les histoires et chansons de payador qui s'y succèdent sont brèves, enchantées. C'est en réalité une vision moderne des chanteurs illettrés du Moyen Age qui s'en dégage de manière spontanée et improvisée.
Talking (Parler) est le livre qui marque un tournant décisif dans la réflexion poétique de David Antin. Rompant avec les poèmes de ses débuts, il inaugure les pièces qui feront de David Antin l'un des poètes les plus singuliers de sa génération. En 1972, Antin imagine ses "? talk pieces ? ", parfois appelées "? talk poems ? ", en réécoutant sur son autoradio l'enregistrement d'une conférence ("? talk ? ") qu'il vient de donner à des étudiants d'art à Pomona. La retranscription de cette conférence, sans capitales, virgules ni points, mais ponctuée par de simples espaces plus grands qu'il emploiera chaque fois que sur la bande il s'entendra respirer, devient le premier des talk poems ? : "? talking at pomona ? ", publié dans ce livre charnière qu'est Talking. Aux côtés de ce tout premier "? poème parlé? " sont publiées d'autres pièces proches de l'art conceptuel amércain, poème-journal et pièces improvisées au magnétophone (en privé dans une premier temps), qui rassemblent sans hiérarchie tout ce que l'acte de parler convoque ? : anecdotes, hésitations, exemples, divagations, silences, plaisanteries, méditations... Autant d'éléments qui laissent affluer de façon plus ou moins directe des questions philosophiques, littéraires, politiques, artistiques ou sociales. Car la pensée, pour Antin, est inséparable de la parole. Parler, c'est dialoguer avec une idée, c'est offrir au discours un espace critique et une marge de manoeuvre. Il importe ensuite de trouver une forme pour transposer ce dire à l'écrit. Pour ce faire, David Antin opère toute une série de décisions typographiques qui donnent à ses textes une dimension visuelle remarquable. Plus proches d'un d'enregistrement que d'une partition, c'est pourtant à l'oeil que ces enregistrements s'adressent en premier. S'il n'y a plus ni capitale ni ponctuation -? si ce n'est parfois d'occasionnels points d'interrogation -, les espaces-respirations qui rythment le texte matérialisent ce "? discours interrompable ? " qu'Antin appelle de ses voeux en conclusion de l'un de ses poèmes.