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La nuit cyclone
Sam-Long Jean-François
GRASSET
22,34 €
Épuisé
EAN :9782246465119
Pourquoi Alexina est-elle enfermée depuis des mois dans cet asile psychiatrique ? Quel drame l'a donc menée jusque-là ? C'est ce qu'Alexina elle-même, jeune fille de la Réunion, raconte dans ce roman dont elle est à la fois protagoniste et narratrice. Elle est métisse, fille d'un cafre, Rémon Jankin et d'Augustina, une Blanche ruinée qui a le sentiment d'avoir déchu en épousant ce Noir et dont les mauvaises langues racontent qu'elle a été la maîtresse du redoutable Beauval, le contremaître blanc. Alexina raconte qu'un dimanche, alors qu'elle a treize ans, elle part avec son père vers l'église de Bel-Etang pour assister à la messe. Il fait chaud et bientôt sur la route leur vient le désir de faire la messe buissonnière : tapis dans le champ de canne à sucre, ils assistent à la messe noire de Kamandalo, le sorcier noir gardien de la raffinerie et redoutable sbire du contremaître. Reprenant leur marche, ils font halte de nouveau et Alexina, fatiguée, s'endort. Profitant de son sommeil, son père, dans un moment d'égarement, la viole. L'enfant s'éveille comme dans un cauchemar. Le père, hagard, tente de la convaincre que ce qui vient de se passer doit rester secret, mais Kamandalo les a peut-être vus... Il s'ensuit une période de trouble et de violence. La mère se doute de quelque chose, l'enfant se tait mais désormais pèse sur cette famille le poids d'une malédiction. Une nuit, après une violente dispute avec Augustina, le père s'enfuit. On ne le reverra plus, il laissera à jamais l'épouse muette et l'enfant au seuil de la folie.
Résumé : A La Réunion, depuis deux siècles, les de Kervéguen inspirent crainte et respect, affichant une réussite arrogante et cynique. "Une main de fer dans un gant de velours", telle est la devise familiale dont s'enorgueillit Jacques, le patriarche, toujours pétri d'ambition et indifférent à l'injustice. Pour lui succéder, trois fils : Simon, coureur de jupons et incompétent ; Loïs, dégénéré et violent ; et Frank, le seul à nourrir des idéaux humanistes nés au milieu d'enfants sur une décharge malgache. Mais Frank est absent de l'île depuis quatre ans. Qui tire les ficelles de cette tragédie familiale ? Sous le regard de la vieille nénène cafrine, la dynastie se fissure, gangrénée par la haine, la rancoeur, la jalousie. Quand la Mort s'invite au treizième étage de la Tour d'orgueil, à quoi bon s'appeler de Kervéguen ?
« L?adjoint Choppy se souvint d?Ernestine Généreuse qui lui avait confié que Sitarane, disposantd?une force surnaturelle chez les morts, se métamorphoserait en rapace, vipère, limace, glouglou, etqu?il deviendrait une ?mort-ombre? pour punir ses ennemis. D?un côté, il y aurait ceux qui useraientde tabous pour être dans les bonnes grâces de l?Ombre; de l?autre, ceux qui manipuleraient destalismans pour se protéger d?Elle, et les femmes vivraient dans la peur d?être fécondées par cet esprit maléfique qui frapperait comme il avait frappé de son vivant. On ne parlerait plus que du châtiment de l?Ombre, car quelque lien qui eût pu unir Sitarane à l?humain, il l?avait rompu pour toujours ».Dans ce roman plein de frissons et de fureur qui fait revivre, en un fort suspens historique, unpersonnage réel et diabolique, l?auteur interroge la violence qui n?a cessé de traverser l?histoire deson île, et il nous raconte, avec son écriture riche, charnue, les crimes commis par Sitarane et sabande de buveurs de sang dans le sud de La Réunion, durant les années 1909-1910. Vols, meurtres,nécrophilie conduiront les malfaiteurs devant les tribunaux. Certains sauveront leur tête et tomberont dans l?oubli. Attelé à la mort par la Cour d?Assises, ressuscité par la Cour des miracles, Sitarane sera élevé au rang des dieux immortels, et aujourd?hui encore ses adeptes se prosternent la nuit sur sa tombe.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.