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Storytelling saison 1. Chroniques du monde contemporain
Salmon Christian
AMSTERDAM
12,20 €
Épuisé
EAN :9782350960470
Si "la société du spectacle" s'efforçait de conjurer la révolte, la lutte de classe, l'insoumission, le pouvoir actuel craint par-dessus tout le désengagement, la déflation des émotions et des motivations. Ce qu'il ne supporte pas, c'est la fuite dans le "hors champ", la déconnection, le désengagement, la désertion. Il ne lui suffit plus pour cela de conduire les conduites, mais de les "inspirer", de les mobiliser émotionnellement, de les orchestrer. C'est peut-être le fil rouge qui relie les chroniques qui forment ce livre (publiées chaque semaine dans Le Monde tout au long de l'année 2008): s'y donne à lire une société dans laquelle les techniques du pouvoir disciplinaire et de contrôle n'ont rien perdu de leur pertinence, mais opèrent désormais dans un contexte nouveau et doivent répondre à des exigences nouvelles de mobilisation qui requièrent le maintien d'un état d'alarme permanent, c'est-à-dire un usage stratégique des rythmes, des "tempi", de la tension narrative. La crise économique et financière actuelle en apporte la démonstration. Elle se traduit d'ores et déjà par un renforcement du rôle de l'Etat comme agent de la mobilisation des énergies citoyennes, un "engagement" renforcé dans le capitalisme qui a besoin de "l'écran total de l'État" pour justifier les sacrifices "patriotiques" qu'on exige des citoyens lorsque le marché a si visiblement échoué à représenter et défendre l'intérêt général. Le capitalisme traverse une crise qui n'est pas seulement financière ou économique, mais qui est une crise de "légitimité". Dans ce nouveau contexte, on peut s'attendre à un renforcement du contrôle des opinions, de la surveillance des populations et des territoires, à une mobilisation générale des énergies au service de "l'intérêt supérieur de la nation". Et donc à toutes sortes de nouveaux récits de légitimation dans lesquels c'est l'Etat, et non plus le marché, qui joue le rôle principal.
Résumé : Depuis la fatwa lancée contre Salman Rushdie, les meurtres d'écrivains se sont multipliés, en Iran, en Algérie, en Afghanistan, en Egypte... Mais la censure prend aussi de nos jours des formes moins repérables, celles qui installent partout le règne de l'homogène et sa phobie de l'art et de la fiction. Car la fiction menace le monde. Et le monde s'efforce de la conjurer. C'est une lutte sans répit, un combat inégal qu'interrompt souvent le gong des hôpitaux psychiatriques, ou simplement l'épuisement et la mort. Gogol signe sa reddition, brûle ses papiers et meurt. Kafka se tait et remet sa silhouette aux biographes et aux embaumeurs. Flaubert s'endort en colère. D'autres destins sont aussi évoqués : ceux de Broch, de Gombrowicz, de Kis... Mais la fiction ne cesse pourtant de rebondir ; ailleurs, aux confins de la langue et du territoire. Bouleversant les usages, heurtant le goût et les tabous, elle va son chemin et revendique son indépendance. C'est ce combat que raconte Tombeau de la fiction, qui peut aussi se lire comme un manifeste pour la liberté littéraire.
Présentation de l'éditeur Que se passe-t-il dans la présidence de François Hollande ? L’hallucinante succession d’affaires, de tête-à-queue idéologiques, de télescopages entre vie privée et vie publique, de remaniements surprise, est-elle imputable uniquement à un homme ? De quoi le jeu délétère des alliances temporaires, Hollande-Valls, Valls-Montebourg, et les autres, relève-t-il ? Valls a-t-il une chance, seul ? Y a-t-il encore quelqu’un qui tienne le pouvoir ou bien est-il passé ailleurs ? De quoi retourne-t-il dans la grande confusion politique actuelle ?De la fin d’un régime, démontre Christian Salmon, après une enquête de près de deux ans. Ce n’est pas seulement à la chute de la maison Hollande à laquelle il nous est donné d’assister mais aux derniers jours de la Ve République. C’est ce qui donne à l’exercice du pouvoir par François Hollande son côté crépusculaire si fascinant à observer et si inquiétant.L’auteur a plongé au cœur de l’exécutif, là où le pouvoir présidentiel, naguère tant magnifié, se donne à voir dans son dénuement et son désarroi. Son livre raconte un pouvoir à l’agonie, au fil des confidences qu’il a recueillies auprès de plusieurs ministres et leurs conseillers. Christian Salmon est écrivain et essayiste. Son essai Storytelling (2007) est devenu un classique de la communication politique. En 2013, il a publié La Cérémonie cannibale (Prix de l’Essai-L’Express). Il collabore régulièrement à Mediapart.
Résumé : Un ouragan emporte nos sociétés hyperconnectées et hypermédiatisées. Le vent a tourné, nous l'éprouvons tous fortement. L'époque n'est plus tout à fait, ou seulement, à la manipulation et au formatage des esprits, comme encore au milieu des années 2000, quand régnait sur le discours médiatico-politique le storytelling. L'explosion du Web, l'éclosion des premiers réseaux sociaux créaient l'environnement favorable à la production et à la diffusion d'histoires. Or, de même que l'inflation ruine la confiance dans la monnaie, l'inflation des stories a érodé la confiance dans les récits. Le triomphe de l'art de raconter des histoires, mis au service des acteurs politiques, aura entraîné, de manière fulgurante, le discrédit de la parole publique. Cette défiance est aujourd'hui revendiquée par les hommes politiques eux-mêmes. Christian Salmon nous montre les logiques qui nous ont conduits à la confusion actuelle. Dans le brouhaha des réseaux et la brutalisation des échanges, la story n'est plus la clé pour se distinguer. La conquête de l'attention, comme celle du pouvoir, passe désormais par l'affrontement, la rupture, la casse des " vérités " . Désormais, viralité et rivalité vont de pair, virulence et violence, clash et guerre des récits. Fini le storytelling ? Bienvenue dans l'ère du clash ! Christian Salmon est écrivain. En 2007 il publiait Storytelling : la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte), lançant un mot qui entrerait dans le dictionnaire en 2018. Il est l'auteur de plusieurs essais littéraires. En 2017, il a publié un roman, Le Projet Blumkine.
Ce livre traite du 11 septembre; du triomphe de la télé réalité, des formes nouvelles de domination symbolique, du capitalisme culturel, mais il gravite autour d'un seul et même foyer: nous vivons une crise mondiale de narration, dont le symptôme le plus visible est une inflation narrative, la substitution de l'anecdote (story) au récit (narrative). Qu'il emprunte la forme de l'essai ou du récit, ce livre décrit la situation d'un homme sans recours narratif face à l'expérience, qui ne sait plus faire la distinction entre fait et fiction (c'est-à-dire la réalité de l'expérience), et entre vrai et faux (c'est-à-dire les normes de la pensée). Un homme qui représentait pour Hannah Arendt, "le sujet idéal du règne totalitaire'. Un homme, en somme, sans récit. Face à l'empire, c'est le manque et l'impossibilité d'une contre-narration que Christian Salmon explore - et déplore - ici. Biographie de l'auteur Christian Salmon est notamment l'auteur de Tombeau de la fiction (Denoël, 1999), Censure! Censure! (Stock, 2000), et Devenir minoritaire (Denoël, 2003). Il dirige la revue Autodafé."
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.